Gaz russe : l'Europe sous pression

Le spectre de Tchernobyl à Zaporijia, les soldats russes commencent à manquer... Le point sur la situation en Ukraine

La rédaction de TF1info
Publié le 9 août 2022 à 8h43, mis à jour le 11 août 2022 à 6h39
JT Perso

Source : Le CLUB

Au 167e jour du conflit armé en Ukraine, l'inquiétude règne autour de la centrale nucléaire de Zaporijia, bombardée depuis le week-end dernier.
Dans le même temps, les répercussions de la guerre se font voir et entendre partout ailleurs.
Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

De Tchernobyl à Zaporijia, nouvelle catastrophe en vue ? Occupé par les troupes russes, le site nucléaire ukrainien, le plus grand d'Europe, est au centre des préoccupations internationales sur fond de frappes, dont Kiev et Moscou se renvoient mutuellement la responsabilité. Les craintes d'un accident nucléaire ont ravivé des souvenirs douloureux de la catastrophe nucléaire de 1986 dans l'Ukraine soviétique, qui a fait des centaines de morts et propagé une contamination radioactive sur tout le continent européen. TF1info fait le point sur la situation au 167e jour du conflit armé. 

Le spectre de Tchernobyl rejaillit. La Russie a accusé, lundi 8 août, les forces ukrainiennes de bombarder la plus grande centrale nucléaire d'Europe, celle de Zaporijia en Ukraine, occupée par l'armée russe. Moscou a souligné que le bombardement "pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour une vaste zone, y compris pour le territoire européen". En riposte à ces accusations, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a brandi le spectre de la catastrophe de Tchernobyl, la plus grande catastrophe du nucléaire civil, survenue dans son pays en 1986. "Le monde ne doit pas oublier Tchernobyl (...) La catastrophe de Tchernobyl, c'est l'explosion d'un réacteur et la centrale de Zaporijjia est dotée de six réacteurs", a-t-il martelé.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guteresse a qualifié de "suicidaire" toute attaque contre des centrales nucléaires et a appelé à l'arrêt des opérations militaires autour de Zaporijia, afin que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) puisse y accéder. Le patron de l'agence nucléaire ukrainienne Energoatom a appelé lundi à la création d'une "zone démilitarisée" sur le site de la centrale nucléaire. "Ce qui doit être fait, c'est faire sortir les occupants du territoire de la centrale et créer une zone démilitarisée", a déclaré Petro Kotine dans une vidéo publiée sur la page Telegram d'Energoatom.

Le lourd tribut de l'armée russe

Des céréales ukrainiennes à bon port. Un premier navire transportant des céréales exportées par l'Ukraine a accosté, lundi 8 août, à sa destination finale, la Turquie, alors que l'arrivée d'un autre navire qui devait accoster dimanche au Liban a été retardée. Le cargo turc Polarnet, qui a quitté vendredi le port de Tchornomorsk avec 12.000 tonnes de maïs, est arrivé comme prévu à destination après son inspection par le Centre de coordination conjointe (CCC) établi à Istanbul aux termes de l'accord international signé en juillet, a annoncé dans un communiqué le ministère ukrainien de l'Infrastructure.

"Cette première expérience réussie (...) nous permet d'être optimistes quant aux perspectives futures", a commenté le ministre ukrainien Oleksandre Koubrakov, remerciant l'équipage du Polarnet pour avoir été un des premiers à tester ce mécanisme.

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L'armée russe en très mauvais état. Près de 80.000 soldats russes ont été tués ou blessés depuis le début de l'invasion de l'Ukraine. "Les Russes ont probablement perdu 70.000 ou 80.000 soldats en moins de six mois", a indiqué, lundi 8 août, le secrétaire à la Défense adjoint chargé des questions politiques, Colin Kahl, notant que ce chiffre recouvre les morts et les blessés. Les forces russes ont aussi perdu "3000 ou 4000" véhicules blindés, et pourraient manquer de missiles guidés de précision. "C'est tout à fait remarquable vu que les Russes n'ont atteint aucun des objectifs de Vladimir Poutine au début de la guerre", a noté le responsable américain. Kiev a fait état d'au moins 10.000 morts et 30.000 blessés dans ses troupes.

Kiev déjoue des tentatives d'assassinat. Le SBU, les services de sécurité de l'Ukraine, a affirmé, lundi 8 août, avoir contrecarré des tentatives d'assassinat. Étaient visés : le ministre de la Défense, Oleksiï Reznikov, le chef du renseignement militaire ukrainiens, Kyrylo Boudanov, ainsi qu'un "militant ukrainien connu". Deux hommes, "des tueurs des services secrets russes qui prévoyaient les assassinats", ont été arrêtés à Kovel, dans le nord-ouest du territoire ukrainien. Chacun de ces meurtres devait être récompensé d'une somme allant de 100.000 à 150.000 dollars (98.000 à 147.000 euros), a précisé le SBU. 

L'Europe peut-elle se passer du gaz russe ?

Le plan de l'UE pour s'émanciper du gaz russe. En réponse aux réductions drastiques de livraisons, l'accord conclu fin juillet par les Vingt-Sept pour réduire volontairement leur consommation de gaz russe entre en vigueur mardi 9 août, après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne. Le texte prévoit que chaque État membre "mette tout en œuvre" pour diminuer, entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023, sa consommation de gaz d'au moins 15% par rapport à la moyenne des cinq dernières années sur la même période, via des "mesures de réduction volontaire". En cas de "risque de grave pénurie", le Conseil européen (organe représentant les États membres) pourra, sur proposition de la Commission, déclarer l'état d'alerte.

Ce mécanisme rendra "contraignante" la réduction de 15%, mais cet objectif sera adapté aux réalités de chaque État, notamment aux capacités d'exporter les quantités économisées aux pays dans le besoin, et prévoit une série de dérogations. Pour permettre un suivi précis, chaque État devra "mettre à jour son plan d'urgence national (...) au plus tard le 31 octobre"

Emmanuel Macron : "Nous devons nous préparer à nous passer du gaz russe"Source : TF1 Info
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Le satellite de la discorde. La Russie met en orbite, mardi 9 août, un satellite iranien d'observation dont le lancement suscite des inquiétudes, certains responsables occidentaux craignant que Moscou ne l'utilise pour soutenir son offensive en Ukraine. Le lancement du satellite de télédétection Khayyam par une fusée Soyouz était prévu depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan à 7h52 (heure française) selon l'Agence spatiale russe (Roscosmos). Nommé en l'honneur du poète et savant persan Omar Khayyam (1048-1131), il a notamment pour but de "surveiller les frontières du pays", d'améliorer la productivité agricole, de contrôler les ressources hydriques et les catastrophes naturelles, d'après l'Agence spatiale iranienne.

Pour les États-Unis, le programme spatial iranien est destiné à des fins militaires plus que commerciales. Le quotidien américain The Washington Post a d'ailleurs rapporté que la Russie "envisage d'utiliser le satellite pendant plusieurs mois" avant d'en céder le contrôle à l'Iran. Ce que réfute Téhéran. "Aucun pays tiers ne peut accéder aux données" envoyées par le satellite via un "algorithme de cryptage", a assuré l'Agence spatiale iranienne, en dénonçant des affirmations "fausses" du journal.


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