La milice Wagner a revendiqué la prise totale de la ville ukrainienne, samedi 20 mai.
Une victoire toujours démentie par Kiev, et qui serait "purement symbolique".
De Bakhmout, "il ne reste rien", selon Volodymyr Zelensky.

Et si après de longs mois de combats meurtriers, le sort de Bakhmout était désormais scellé ? Dans une vidéo diffusée par son service de presse, la milice Wagner a revendiqué sa mainmise sur la ville, déjà conquise à plus de 90% par les forces russes ces derniers mois. "Le 20 mai 2023, aujourd'hui, à midi, Bakhmout a été prise dans sa totalité", a asséné Evgueni Prigojine, drapeau à la main. Sur cette séquence, le chef du groupe paramilitaire se tient aux côtés d'hommes armés devant des bâtiments en ruines. Les lieux ont été confirmés par des spécialistes en géolocalisation, selon qui la scène se déroule bien dans la ville de l’est de l’Ukraine.

"Bakhmout est dans nos cœurs"

Le ministère russe de la Défense a rapidement confirmé la prise de Bakhmout, permettant à Vladimir Poutine d’adresser ses félicitations aux "unités d'assaut de Wagner de même que tous les militaires des unités des forces armées russes qui leur ont fourni le soutien nécessaire". Or, cette victoire est à considérer avec la plus grande prudence, étant encore démentie par Kiev. Samedi soir, la vice-ministre de la Défense reconnaissait une situation "critique". De la ville, "il ne reste rien", s’est ensuite désolé le président ukrainien, en marge du sommet du G7 au Japon. "Aujourd'hui, Bakhmout est simplement dans nos cœurs", a réagi Volodymyr Zelensky, se montrant vague à propos du sort de la ville. Avant de préciser, quelques heures plus tard, que si les troupes russes étaient présentes dans la localité, elle n'était "pas occupée".

De son côté, l’armée ukrainienne communique toujours sur la poursuite des combats. "Se battre pour la ville de Bakhmout ne s'arrête pas", a soutenu l'état-major des armées sur Facebook, tandis que la vice-ministre de la Défense a affirmé que les soldats ont "encerclé partiellement" la ville grâce à une percée sur les flancs du nord et du sud. L'avenir de la commune du Donbass, un objectif de guerre de Vladimir Poutine, fait de toute évidence l’objet d’une véritable campagne de propagande. 

Mais quels enjeux militaires reste-t-il autour d’une ville transformée en champ de ruines ? Aucun, selon l’Institute for the Study of War (ISW). "La victoire revendiquée de Prigojine sur les zones restantes de Bakhmout est purement symbolique, même si elle est vraie", analyse le groupe de réflexion américain qui partage une carte à jour de l'avancée des troupes russes.

La capture des derniers quartiers revendiqués par Wagner "n'accorde pas aux forces russes un terrain significatif sur le plan opérationnel pour continuer à mener des opérations offensives ou une position particulièrement forte à partir de laquelle se défendre contre d'éventuelles contre-attaques ukrainiennes", ajoute l'ISW. Après une série de déconvenues militaires, le président russe, lui, tient toujours à la victoire sur la ville, malgré le départ de son armée. 


Caroline QUEVRAIN

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