Ukraine : la spectaculaire contre-offensive des forces de Kiev

Ukraine : Bakhmout, ville clé sur le point de tomber aux mains des Russes ou nouvel échec pour Moscou ?

par Benoît LEROY
Publié le 1 décembre 2022 à 11h49
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Source : TF1 Info

Après plusieurs revers majeurs, la Russie concentre ses efforts militaires sur la prise de Bakhmout.
Selon des analystes, cela démontre que Moscou n'a pas appris des précédentes batailles.
Depuis le début de la guerre, la moitié de la population de Bakhmout a quitté la ville.

Véritable tournant dans la bataille de Bakhmout ou simple propagande russe ? Mercredi 30 novembre, la Russie a annoncé avoir pris trois villages situés près de la ville-clé, au cœur des attentions russes ces dernières semaines. Aujourd'hui, cette ville de l'est de l'Ukraine est largement détruite, alors que Moscou cherche à la conquérir depuis l'été dernier. Pour l'heure, elle n'est pas encore tombée dans le giron des Russes.

Ces "gains" sont loin d'être une victoire majeure pour Moscou. En effet, les deux villages repris sont situés à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville stratégique du Donbass. Le premier est situé à environ 25 km au nord de Bakhmout, et le second à une vingtaine de kilomètres au sud. "À la suite d'actions offensives, les soldats russes ont libéré les localités de Bilogorivka et Perche Travnia" (village appelé Ozarianyvka en ukrainien), a affirmé le ministère russe de la Défense mercredi. Plus tard cette même journée, il a annoncé la prise d'une troisième localité au sud de la ville, Andriivka.

Prendre Bakhmout, une victoire pour la Russie, vraiment ?

D'autant que selon les analyses de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), "les offensives russes autour de Bakhmout consomment une part importante de la puissance de combat disponible de la Russie". Une situation qui pourrait profiter à la contre-offensive ukrainienne. 

Depuis l'été, les combats font rage autour de la ville, que Moscou tente de conquérir sans y parvenir, malgré l'appui de la milice Wagner. "Les coûts associés à six mois de combats brutaux, acharnés et basés sur l'attrition autour de Bakhmout dépassent de loin tout avantage opérationnel que les Russes peuvent obtenir en prenant Bakhmout", précise la même source. 

La bataille a pris une importance d'autant plus symbolique pour les responsables russes que la conquête de la ville viendrait après une série d'humiliantes défaites, avec les retraites de Kharkiv (nord-est) en septembre et Kherson (sud) en novembre. 

Wagner et "l'abattoir de Bakhmout"

L'armée russe annonce régulièrement la prise de toutes petites localités dans les environs n'a jamais semblé jusqu'ici en position de prendre la cité. Ce que confirme l'ISW. "Les forces russes ont continuellement déployé leur force de combat sur des petites [communes] autour de Bakhmout depuis fin mai. Dans les six mois suivants, ils n'ont obtenu que des gains de l'ordre de quelques kilomètres à la fois", analyse l'Institut.

La ville, qui compterait encore près de la moitié de ses 70.000 habitants d'avant-guerre, est aujourd'hui partiellement détruite, notamment du fait des combats d'artillerie, et la population n'a plus accès ni à l'électricité, ni au gaz, selon un bulletin de la présidence ukrainienne, publié mercredi.

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Le patron de Wagner, le milliardaire Evguéni Prigojine, a surnommé la bataille "l'abattoir de Bakhmout", jurant vouloir y "détruire l'armée ukrainienne". Pourtant, selon l'ISW, la Russie "a fondamentalement échoué à apprendre des campagnes précédentes". Et ce, en faisant référence à la perte - par Moscou - de Kharkiv et de Kherson, après une situation similaire : une concentration des forces militaires de la Russie, avant une retraite précipitée et parfois mal organisée.


Benoît LEROY

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