Ukraine : neuf mois de guerre

Guerre en Ukraine : "Capituler n'est pas une option", assure la résistance ukrainienne à Azovstal

Y.R.
Publié le 8 mai 2022 à 17h13
JT Perso

Source : TF1 Info

Au 74e jour de guerre, l'usine Azovstal demeure le dernier baston de la résistance ukrainienne à Marioupol.
Les assiégés ont tenu une visioconférence, dimanche 8 mai, depuis les galeries souterraines du site industriel.
Ils ont exclu de se rendre et ont appelé à "l'aide" pour évacuer les civils et militaires encore sur place.

Ils se "battront" tant qu'ils seront "en vie". Retranchés depuis près de deux mois dans le dédale de l'immense aciérie Azovstal, un complexe métallurgique de 12 km², vaste comme un arrondissement de Paris, les assiégés tiennent la dernière poche de résistance ukrainienne à Marioupol. Dans les sous-sols du site industriel, situé en bordure de la ville portuaire, aujourd'hui détruite "à 90%", les derniers combattants du sulfureux bataillon Azov luttent toujours pour garder le contrôle. Ils ont exclu, dimanche 8 mai, de rendre les armes, au moment où l'armée russe resserre son emprise. 

"Capituler n'est pas une option", a assuré Ilya Samoïlenko, lieutenant de cette milice paramilitaire ultra-nationaliste, accusée d'être "infestée de néo-nazis", argument repris en boucle par Moscou pour justifier son "opération spéciale" en Ukraine. "Notre vie n'intéresse pas la Russie. Nous laisser en vie ne leur importe pas", a-t-il ajouté, au cours d'une conférence de presse sur Zoom. "Nous sommes militaires, et nous avons un devoir : défendre notre population notre pays", a affirmé le lieutenant-colonel, Denys Prokopenko, assis à ses côtés dans un bunker. "C'est le devoir ultime des militaires, supérieur à la vie."

Personne ne s'attendait à notre résistance aussi féroce

Ilya Samoïlenko, lieutenant du bataillon Azov

Alors que la ville martyre de Marioupol est sur le point de tomber aux mains de l'armée russe, seule la forteresse d'Azovstal échappe encore aux troupes de Vladimir Poutine, qui la pilonnent sans relâche, en plus de mener des combats intenses et sanglants au sol. "Nous sommes seuls. Personnes ne s'attendait à notre résistance aussi féroce", a souligné Ilya Samoïlenko en visioconférence. "Nos autorités n'ont pas réussi à défendre Marioupol. L'héroïsme apparaît lorsque la planification échoue. On nous appelle des héros. Nous, nous ne sommes pas là pour nous vanter, mais pour faire notre travail, notre devoir."

Le chaos à l'intérieur de l'usine-forteresse d'AzovstalSource : TF1 Info
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Un "devoir" qu'ils continuent de remplir dans des conditions extrêmes, la faim au ventre et les yeux rougis de fatigue. "Tous nos vivres sont limités. Il nous reste de l'eau. Il nous reste des munitions. Nous aurons nos armes sur nous. Nous nous battrons tant que nous serons en vie pour repousser les occupants russes", a promis le militaire, tantôt en ukrainien ou en anglais, précisant toutefois que les forces retranchées, qui subissent "des bombardements intenses", "n'ont pas beaucoup de temps" devant elles.

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Au lendemain de l'évacuation des derniers enfants, des dernières femmes et personnes âgées, samedi 7 mai, il reste encore "un grand nombre de civils et de militaires" dans les sous-sols, a d'ailleurs déploré Ilya Samoïlenko. "Certains ont besoin de soins d'urgence. Il faut les évacuer", a-t-il imploré l'aide de Kiev et de la communauté internationale. Malgré ces difficultés, les derniers combattants sont déterminés à défendre la population ukrainienne, coûte que coûte. "Nous allons nous battre à tout jamais pour la justice", a renchéri Denys Prokopenko. "Nous allons tout faire pour évacuer les civils et les blessés."


Y.R.

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