Ce mardi 3 mai, une centaine de rescapés de l'usine d'Azovstal, à Marioupol, est arrivée Zaporijjia, lieu de destination des convois humanitaires en Ukraine.
Beaucoup sont traumatisés, épuisés et ont manqué de nourriture pendant le conflit.
L’ONU a, quant à elle, salué le "succès" de leur évacuation.

Certains n'avaient pas donné signe de vie depuis plus de deux mois. Ce mardi 3 mai, plus d'une centaine de rescapés de l'usine d'Azovstal, situé sur la commune de Marioupol, sont finalement arrivés à Zaporijjia, à 200 km au nord-ouest de l'Ukraine, après une vaste opération d'évacuation. Lancée samedi, c'est la première du genre à aboutir dans le complexe, ciblé par les forces russes depuis le début de la guerre.

"Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c'est effrayant de vivre dans un abri"
Yelena, rescapée d'Azovstal

Sur place, les premiers rescapés qui témoignent sont épuisés, traumatisés. Après deux mois enfermée, une dame n'a ainsi qu'un sac plastique et seulement quelques provisions, témoigne la journaliste de LCI Solenn Riou, envoyée sur place. Sa voisine, sous le poids de l'émotion, ne cache d'ailleurs plus ses larmes et sa faim. "Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c'est effrayant de vivre dans un abri, dans un sous-sol humide et qui tremble !", raconte Yelena, en larmes, au micro de TF1. Ce mardi, "j'ai vu le soleil pour la seconde fois en soixante jours".

"Quand on est arrivé ici, à Zaporijjia, on avait les larmes aux yeux. On était tellement ravi de revenir en Ukraine", ajoute Anna sur LCI. Le 25 février, elle et sa famille ont décidé de se cacher dans le site industriel pour éviter les bombardements sur Marioupol. À l'intérieur de l'usine, "on dormait sur le sol, parfois sans lumière. Je ne peux pas ne pas vous dire qu'on a beaucoup bu ou mangé", poursuit la jeune femme, qui indique avoir perdu dix kilos en deux mois à peine.

Deux mois enfermée dans l'usine d'Azovstal : cette Ukrainienne témoigne sur LCISource : TF1 Info

Les secours leur offrent alors tout ce dont ils ont besoin : à boire, à manger, des jeux et même des peluches pour les nombreux enfants. La centaine de réfugiés aura également droit à une visite chez le médecin pour évaluer leur santé physique et mentale. Parmi les quelques blessés, les plus graves sont envoyés à l'hôpital le plus proche, indique la Croix-Rouge.

101 civils évacués

Au total, 127 personnes ont été accompagnées jusqu’à Zaporijjia, selon les Nations unies, dont "101 civils" ont été évacués "avec succès de l’usine métallurgique". Parmi eux, 58 Ukrainiens ont rejoint le convoi depuis Mangouch, en banlieue de Marioupol, précise la coordinatrice humanitaire des Nations unies du pays, Osnat Lubrani.

Certains ont "décidé de ne pas se rendre à Zaporijjia", a-t-elle ajouté, sans dire où ils étaient allés. Selon Moscou, ils seraient restés dans le territoire de Donetsk "où ils ont reçu un logement, de la nourriture et l'assistance médicale nécessaire."

Mais, une fois encore, le convoi humanitaire n'a pas été de tout repos. Initialement, les rescapés devaient arriver dès lundi à Zaporijjia. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'était lui-même engagé à les accueillir. Problème, le jour J, aucun bus n'arrive. Il a fallu attendre un jour de plus pour que ce mardi, l'ONU et le CICR saluent "la réussite" de l'opération.

Le site n'est toutefois pas encore sorti d'affaire. Les forces russes ont lancé, ce mardi, un "puissant assaut" contre l'usine. Selon le commandant adjoint du régiment Azov, toujours sur place, l'attaque a été donnée "avec le soutien de véhicules blindés, de chars" mais aussi, "avec l'aide de bateaux et d'un grand nombre d'éléments d'infanterie", renseigne-t-il.


Léa COUPAU

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