Guerre en Ukraine : la Russie produit près de trois fois plus d'obus que les Occidentaux

par M.G
Publié le 11 mars 2024 à 17h35

Source : TF1 Info

Avec son économie entièrement tournée vers l'effort de guerre, la Russie produit environ 250.000 obus d'artillerie chaque mois.
Ramenée sur l'année, cette production est presque trois fois plus importante que celle de tous les pays occidentaux engagés dans le processus d'aide militaire à l'Ukraine.

Un gouffre qui n'a cessé de se creuser ces dernières semaines. "La Russie produit environ 250.000 munitions d'artillerie par mois, soit environ 3 millions par an", révèle lundi CNN, qui s'appuie sur les estimations des services de renseignement de l'OTAN. Dans le même temps, les États-Unis et l'Europe ne peuvent produire que "1,2 million d'obus destinés à Kiev par an", ajoute le média américain. En parallèle, Moscou fait sortir entre 115 et 130 missiles à longue portée, ainsi que 300 à 350 drones d'attaque, de ses chaînes de production, chaque mois. À cela, il faut ajouter quelque 125 chars par mois, "mais la grande majorité d'entre eux - 88% de ceux fabriqués en 2023 - sont d'anciens modèles qui ont été remis à neuf", rapportent nos confrères. 

10.000 tirs par jour, contre moins de 2000

Cet effort industriel russe est rendu possible par une économie totalement tournée vers le conflit, avec des usines qui tournent "24 heures sur 24, 7 jours sur 7". Le pays a "mis en jeu tout ce qu'il a. Sa machine de guerre fonctionne à plein régime", analyse un haut responsable de l'Otan, qui a requis l'anonymat. "À court terme, c'est-à-dire au cours des 18 prochains mois environ, cette économie n'est peut-être pas très sophistiquée, mais elle est durable", continue-t-il, insistant sur l'importance du pétrole pour alimenter l'immense machine de Vladimir Poutine. 

Force est de constater que, malgré les efforts des Occidentaux, ces choix commencent à se ressentir sur le terrain. Et ce, malgré la fourniture à Kiev d'armes et de systèmes militaires hautement sophistiqués. "Le problème numéro un que nous surveillons actuellement est celui des munitions", confirme le fonctionnaire de l'alliance militaire créée en 1949. Dans les faits, cela se traduit par des immenses différences dans le nombre de frappes journalières. Ainsi, les forces russes tirent environ 10.000 obus par jour, contre seulement 2000 du côté ukrainien. Et ce ratio est même encore pire dans certaines zones d'un front long de plusieurs centaines de kilomètres. 

Malgré tout, selon les dernières estimations, la montée en puissance de la Russie reste insuffisante pour satisfaire entièrement les besoins de son armée, et donc prendre un éventuel avantage décisif dans le conflit. Mais cela reste bien supérieur aux capacités actuelles de Kiev et de ses alliés, d'autant plus avec les blocages que l'on connaît au sein du Congrès américain. Et à moyen ou long terme, cela pourrait bien faire basculer le rapport de force en faveur du Kremlin. 


M.G

Tout
TF1 Info