Plusieurs dizaines de millions de tonnes de blé sont coincées dans les ports ukrainiens.En déplacement à Kiev, Emmanuel Macron a appelé "solennellement" la Russie à lever ce blocus.Alors qu'une pénurie alimentaire menace les États les plus dépendants de ces exportations de céréales.
Après avoir demandé l'octroi "immédiat" à l'Ukraine du statut officiel de candidat à une adhésion à l'Union européenne, les dirigeants français, allemand, italien et roumain, en déplacement à Kiev ce jeudi 16 juin, se sont attaqués à un autre gros sujet de préoccupation, celui de la sécurité alimentaire. Plusieurs dizaines de millions de tonnes de blé sont en effet coincées dans les ports ukrainiens sous blocus ou occupation russe et leur transport est rendu périlleux par la présence de mines en mer Noire.
🔴 Conférence de presse #Macron / #Zelensky 🗣️ "Nous appelons solennellement la Russie à accepter que les Nations Unies organisent l'exportation des céréales, donc lever les blocus de ports ukrainiens" @EmmanuelMacron 📺 #LCI et @TF1Info >> https://t.co/OwkgaJE52R pic.twitter.com/ji6Vemu728 — LCI (@LCI) June 16, 2022
"La crise alimentaire mondiale que nous traversons est une conséquence directe de la guerre menée par la Russie", a ainsi déploré Emmanuel Macron, ajoutant : "Elle n'a pas d'autre explication". "Nous appelons donc solennellement la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, à accepter que les Nations unies organisent l'exportation des céréales, ce qui nécessite d'accepter de lever le blocus des ports ukrainiens par la marine russe, et d'apporter toutes les garanties de sécurité pour l'Ukraine afin de permettre la sortie de ces céréales", a poursuivi le chef de l'État.
Les sanctions qui ont été successivement prises par les Européens ne touchent pas les produits agricoles russes, contrairement à ce qui a souvent été dit.
Emmanuel Macron
L'ONU négocie depuis plusieurs semaines avec Moscou, Kiev et Ankara, caution militaire d'une utilisation de la mer Noire pour des navires civils, un accord qui permettrait aux céréales ukrainiennes de sortir du pays en sécurité et aux engrais produits par la Russie de revenir sur le marché international. Mais Moscou se plaint d'entraves à ses exportations à cause de sanctions économiques.
Pour autant, Emmanuel Macron a tenu à préciser que "les sanctions qui ont été successivement prises par les Européens ne touchent pas les produits agricoles russes, contrairement à ce qui a souvent été dit". Le président français a confirmé par ailleurs le soutien des Européens à l'initiative du Secrétaire général des Nations unies qui vise à apaiser les tensions sur les marchés agricoles et à assurer la libre circulation des denrées. "Il faut pour cela une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies à laquelle la Russie s'est opposée. J'espère qu'elle changera rapidement d'avis. En parallèle, nous œuvrons pour que d'autres voies puissent être suivies en particulier sur le Danube ou par la Roumanie", a-t-il souligné.
De son côté, au terme de multiples discussions à l'ONU, le ministre américain de l'Agriculture, Tom Vilsack, a également appelé ce jeudi la Russie à accepter rapidement une ouverture des ports ukrainiens afin de permettre aux millions de tonnes de céréales qui y sont stockées d'être exportées. Moscou "devrait agir immédiatement pour ouvrir ces ports et mettre fin à cette guerre", a souligné le ministre lors d'une conférence de presse. "C'est une chose sérieuse, nous ne devrions pas utiliser la nourriture comme une arme", a-t-il insisté.
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