France, premier employeur étranger en Ukraine : comment les PME vont-elles faire ?

par La rédaction de TF1info | Reportage vidéo N. Hesse, N. Resmann
Publié le 3 mars 2022 à 11h34

Source : JT 20h Semaine

Si la France n’est pas le premier partenaire économique de l’Ukraine, 160 entreprises y étaient tout de même implantées.
Les PME qui commerçaient avec le pays surveillent donc attentivement l’évolution de la situation.
Afin de les soutenir, Le gouvernement a promis de mettre en place un plan de résilience.

Si la France n’est pas le partenaire économique le plus important de l’Ukraine, elle reste le premier employeur étranger, selon le ministère de l’Économie. La guerre en Ukraine est donc une source d’inquiétude pour la centaine d’entreprises qui commerçaient régulièrement avec le pays. 

C’est le cas notamment dans le secteur de l'agriculture, très développé en Ukraine. Dans le Maine-et-Loire, l’entreprise "Grégoire et Besson" produit chaque année jusqu’à 2000 machines agricoles. La moitié est exportée à l’étranger dont 20% en Ukraine. Le conflit aura des répercussions, même s'il est encore difficile pour la société française de les évaluer.

Des tentatives pour s'adapter à la situation

"Nos problèmes actuellement, ce sont des livraisons qui ne sont pas faites en Ukraine. Des livraisons qui sont en attente en Russie et aussi des employés qui sont sur place. On souhaite les protéger derrière", explique Marc Besson, directeur marketing de l’entreprise. En cas d'annulation de commande, la société envisage déjà d'autres solutions. "Le matériel qui partira pour l’Ukraine, on va le reconfigurer pour qu’il puisse partir dans d’autres régions du monde, en France ou au Canada par exemple."

Plus au sud, en Vendée, une autre entreprise venait tout juste de décrocher un contrat avec l'Ukraine. Une centaine de machines aurait dû partir, pour une somme de plus d'1,5 million d'euros. Finalement, la guerre a tout gelé et seules trois ont pu être livrées. "La commande représentait quand même 5% de notre chiffre d’affaires, ce n’est pas rien. Mais encore une fois, ça n’aura pas de conséquence dramatique sur l’entreprise, en tout cas, à court terme", tente de relativiser le patron de l'entreprise, Benoît Carré. 

L'avenir inquiète pourtant. En 2014, la société a failli mettre la clé sous la porte du fait de la crise en Crimée qui avait déstabilisé les marchés agricoles. Afin d'éviter de revivre une telle situation, le dirigeant a pris les devants. "On attend de voir, mais pour le moment, on a décidé de geler tous les investissements et tous les recrutements pour 2022", détaille-t-il.

Les chefs d'entreprise rencontrés préfèrent rester prudents et suivent de près l'évolution de la guerre en Ukraine. La CPME a malgré tout déjà réclamer des aides pour les plus petits acteurs concernés, ne disposant pas de moyens importants, au contraire des grands groupes.

 Lors de son allocution, Emmanuel Macron a reconnu que secteur agricole allait particulièrement souffrir de la situation, promettant cependant de "protéger" et "épauler" les secteurs économiques les plus exposés grâce à un "plan de résilience économique et social".


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo N. Hesse, N. Resmann

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