Guerre en Ukraine : un séisme pour l'économie mondiale

Guerre en Ukraine : inquiets d'une pénurie de blé, les Tunisiens font des réserves

Emilie Roussey | Reportage Michaël Guiheux
Publié le 2 avril 2022 à 22h32
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Source : JT 20h WE

La Tunisie importe la moitié de son blé d'Ukraine.
Avec la guerre, les habitants craignent une pénurie de blé.
Le gouvernement assure pourtant qu'il continuera de financer ce produit de première nécessité.

Acheter le double de baguettes est devenu un rituel pour de nombreux Tunisiens depuis le début de la guerre en Ukraine. Et pour cause, ils craignent une pénurie de blé dans leur pays qui importe habituellement la moitié de son stock d'Ukraine. Alors devant les boulangeries du pays, les files d'attente sont longues. 

"Dès que les charriots sortent, tout part dans la foulée", témoigne un boulanger au micro de TF1,  ajoutant ne "même pas avoir le temps de ranger les baguettes". Les clients veulent faire des réserves et viennent désormais acheter "le double" de d'habitude, raconte un autre. L'offre de pain commence d'ailleurs à manquer : "beaucoup de boulangers ont fermé, car c’est trop dur de trouver de la farine" ajoute l'homme. 

"La majorité de notre cuisine est faite à base de farine"

Dans les supermarchés aussi, les rayons de farine sont souvent vides. En seulement deux heures et demie, un établissement a écoulé les 100 kilos de stock qu'il venait de recevoir. En cas de pénurie de farine, les Tunisiens seraient contraints de changer toute leur alimentation. "La majorité de notre culture et de notre cuisine est faite à base de farine", affirme une habitante. 

Si l'inquiétude gagne la population, le gouvernement assure pourtant que les stocks ne sont pas en danger. "Même si on a très peu de moyens, on va continuer à financer ces produits de première nécessité" et ce même si ça pèse sur le budget de l'État,  déclare Nasreddine Nsibi, le porte-parole du gouvernement.

Malgré ces affirmations, les entreprises agroalimentaires s'inquiètent aussi. Le responsable d'une entreprise explique d'ailleurs "préférer ne pas parler" à notre micro, en raison "des pressions" qu'il aurait reçues. Signe que le sujet est devenu sensible. 

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Emilie Roussey | Reportage Michaël Guiheux

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