En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : reprise des combats à Marioupol, menaces de Poutine... Le point sur la situation

Benoit Leroy avec AFP
Publié le 5 mars 2022 à 22h50, mis à jour le 6 mars 2022 à 7h53
JT Perso

Source : TF1 Info

Les combats à Marioupol ont repris ce dimanche, malgré le report de l'évacuation des civils.
Une nouvelle séance de négociations doit se tenir lundi.
Les faits marquants des dernières 24 heures, alors que s'ouvre le onzième jour de guerre, dimanche.

L'intensité des combats ne faiblit pas en Ukraine et Vladimir Poutine ne compte rien céder. Ce dimanche matin, l'armée de Volodymyr Zelenski tente toujours de maintenir la pression face aux forces russes, omniprésentes dans une grande majorité du pays.  Et "le pire est à venir", affirmait Emmanuel Macron en fin de semaine, après un échange avec son homologue russe.

Marioupol en difficulté

Ce dimanche, "les principaux efforts" se concentrent sur la ville de Marioupol, située sur la mer d'Azov. La veille, le ministère de la Défense russe avait annoncé avoir repris à 16h, heure de Paris, "l'offensive" de plusieurs villes du sud-est du pays, dont le port de Marioupol. Si elle venait à tomber, elle permettrait la jonction entre les forces russes en provenance de la Crimée annexée et les troupes séparatistes du Donbass. Les premières ont déjà pris le contrôle des ports clés de Berdiansk et de Kherson.

Samedi, alors qu'un cessez-le-feu avait été annoncé, l'évacuation des civils présents dans Marioupol a dû être reportée. En raison, selon la mairie locale, de multiples violations de l'accord. De son côté, Moscou accuse les "nationalistes" ukrainiens d'empêcher les civils de partir et de profiter de la trêve pour consolider leurs défenses.

Dans le même temps, le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, s'est lancé dans une séquence de médiation entre les deux pays qui s'affrontent actuellement. Bennett a rencontré Vladimir Poutine, en fin de journée samedi, avant de s'entretenir avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Pour l'heure, peu de détails ont filtré sur le contenu des discussions. Il doit désormais se rendre à Berlin et rencontrer le chancelier allemand, Olaf Scholz

Il faut noter que jusqu'ici, Israël n'a pas fermement condamné l'invasion russe en Ukraine. Le pays souligne les liens solides qui unissent Israël à Moscou et Kiev. 

L'étau se resserre sur Kiev

Cette tentative de médiation est arrivée alors que les Ukrainiens ont annoncé une nouvelle rencontre avec une délégation russe. Selon David Arakhamia, membre de la délégation de Kiev, elle devrait se dérouler ce lundi et sera la troisième du genre.

En attendant, Volodomyr Zelenski s'est entretenu une nouvelle fois au téléphone, ce week-end, avec son homologue américain Joe Biden. Ensemble, ils ont discuté de "questions de sécurité", du "soutien financier pour l'Ukraine" et de "la poursuite des sanctions contre la Russie".

Sur le terrain, les forces russes se rapprochent de Kiev. Celles-ci rencontrent une tenace résistance et bombardent parfois des immeubles d'habitation, notamment à Tcherniguiv, à 150 km au nord de la capitale, où des dizaines de civils ont été tués ces derniers jours. Le président ukrainien a annoncé samedi que les forces ukrainiennes avaient lancé une contre-attaque autour de Kharkiv (nord-est), la deuxième ville d'Ukraine, théâtre de bombardements parmi les plus intenses depuis le début de la guerre.

Zone d'exclusion aérienne : Poutine menace

Enfin, alors qu'il s'agit d'une demande insistante des dirigeants ukrainiens, le président Vladimir Poutine a mis en garde contre la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne. Celui-ci expliquant qu'il considérerait une telle manœuvre "comme une participation au conflit armé". Après dix jours de conflit, il voit également les sanctions économiques imposées à son pays "comme une déclaration de guerre". "Mais Dieu merci, on n'en est pas encore arrivé là", ajoute-t-il.

De l'autre, les autorités ukrainiennes "doivent comprendre que si elles continuent de faire ce qu'elles font, elles mettent en question l'avenir du statut d'État ukrainien. Et si cela se passe, elles en seront entièrement responsables", menace le maître du Kremlin.

Comme de nombreuses entreprises, le géant numérique sud-coréen Samsung a suspendu ses expéditions vers la Russie en raison des "événements géopolitiques". Le géant espagnol du vêtement Inditex (enseigne Zara) a annoncé provisoirement arrêter ses activités en Russie, de même que l'équipementier sportif allemand Puma.

Plus d’1,37 million de réfugiés

Côté médias, les chaînes de télévision publiques allemandes ARD et ZDF et italienne RAI, ainsi que l'agence de presse espagnole Efe, ont suspendu leur couverture des événements à partir de Moscou. Des décisions prises après le vote d'une nouvelle loi punissant de jusqu'à 15 ans de prison la propagation d'informations visant à "discréditer" les forces militaires russes.

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Le Canada, comme le Royaume-Uni, ont également appelé leurs ressortissants à quitter la Russie "en raison des impacts du conflit armé avec l'Ukraine". Cette guerre, ils ont, eux aussi, voulu la fuir : près de 1,37 million de personnes (1.368.864) ont quitté l’Ukraine depuis le début de l'invasion, selon les dernières estimations du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR). Ce sont près de 160.000 de plus que lors du précédent pointage en début de week-end. Les autorités et l’ONU s’attendent à ce que le flot s’intensifie, l’armée russe continuant d’avancer en Ukraine, avec toujours de féroces combats autour de la capitale Kiev.


Benoit Leroy avec AFP

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