Guerre en Ukraine : un séisme pour l'économie mondiale

"L'économie russe sera détruite" : l'Ukraine salue le plafonnement des prix du pétrole

M.L avec AFP
Publié le 3 décembre 2022 à 12h20
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Source : JT 20h Semaine

L'Union européenne, le G7 et l'Australie se sont accordés vendredi pour fixer un seuil maximum de 60 dollars pour les barils de pétrole russe.
L'objectif : limiter les revenus que Moscou tire de ces ventes pour alimenter son offensive en Ukraine.
La Russie "paiera et sera responsable de tous ses crimes", s'est réjoui Kiev.

Les menaces du Kremlin sont restées sans effet : les pays de l'Union européenne, du G7 et de l'Australie ont annoncé vendredi qu'ils adoptaient un accord pour plafonner le prix du baril de pétrole russe à 60 dollars, afin de limiter les revenus de Moscou pour financer le conflit en Ukraine. La mesure, en discussion depuis plusieurs semaines, a été vivement saluée par Kiev. "Nous atteignons toujours notre objectif et l'économie de la Russie sera détruite, et elle paiera et sera responsable de tous ses crimes", s'est félicité sur Telegram le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak. 

"Il aurait toutefois fallu abaisser (le prix plafond) à 30 dollars pour la détruire plus rapidement", a-t-il néanmoins regretté. Ainsi, à compter de lundi, seul le pétrole vendu par la Russie à un prix égal ou inférieur à 60 dollars pourra continuer à être livré. Au-delà de ce plafond, il sera interdit aux entreprises de fournir les services permettant le transport maritime (fret, assurance, etc.)

Moscou avait annoncé bloquer ses livraisons aux pays qui plafonnent

Les 27 pays de l'Union européenne ont trouvé un accord après le feu vert donné par Varsovie, a annoncé vendredi à Bruxelles le représentant de la Pologne. Cette dernière, qui réclamait un prix plus bas, a retiré ses objections. La mesure, qui sera officialisée ce week-end, a permis à d'autres alliés de l'Ukraine de sauter le pas. "Le G7 et l'Australie (...) sont parvenus à un consensus sur un prix maximum de 60 dollars américains le baril pour le pétrole brut d'origine russe transporté par voie maritime", ont indiqué ces pays dans un communiqué commun publié vendredi. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a salué cette annonce, qui "est l'aboutissement de mois d'efforts de notre coalition".

Le mécanisme entrera en vigueur lundi "ou très peu de temps après", précisent le G7 et l'Australie. C'est en effet lundi que débute l'embargo de l'UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime.

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La Russie, deuxième exportateur mondial de brut, avait de son côté prévenu qu'elle ne livrerait plus de pétrole aux pays qui adopteraient ce plafonnement, et Vladimir Poutine avait mis en garde contre de "graves conséquences pour le marché énergétique mondial". Après l'annonce de l'accord, Moscou a assuré qu'elle continuerait à trouver des acheteurs pour son pétrole, comme le relaie The Guardian. "Nous sommes convaincus que le pétrole russe continuera d'être demandé", a écrit sur Telegram l'ambassade de Russie aux États-Unis, estimant par ailleurs que l'accord aurait "inévitablement pour effet d'accroître l'incertitude et d'imposer des coûts plus élevés aux consommateurs de matières premières".

Reste que ce plafonnement pourrait avoir un effet limité à court terme : le cours du baril de pétrole russe (brut de l'Oural) évolue actuellement autour des 65 dollars, soit à peine plus que le seuil décrété. "Nous serons prêts à examiner et à ajuster le prix maximum le cas échéant", ont d'ores et déjà anticipé le G7 et l'Australie. L'enjeu reste pour eux de définir un plafond assez élevé pour que la Russie ait intérêt à continuer à leur vendre du pétrole, mais inférieur au cours pour limiter les revenus qu'elle pourra en tirer. Un plafond devrait également être trouvé pour les produits pétroliers russes à partir du 5 février 2023. 


M.L avec AFP

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