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Ukraine : l'ONG Reporters sans frontières accuse les Russes d'avoir exécuté un journaliste

Benoît LEROY
Publié le 22 juin 2022 à 11h26
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le 13 mars dernier, le photo-reporter Maks Levin a été tué par balles.
L'ONG Reporters sans frontières a mené une enquête, en mai dernier, sur la scène de crime.
Selon le rapport publié, des soldats russes auraient exécuté le journaliste après l'avoir éventuellement interrogé.

Il couvrait le conflit entre Kiev et les séparatistes prorusses depuis 2014. Le journaliste indépendant Maks Levin a été retrouvé mort le 1er avril dernier, dans une forêt près de Kiev. Quelques semaines plus tard, en mai dernier, l'ONG Reporters sans Frontières a enquêté sur les circonstances de son décès. Ce mercredi 22 juin, l'organisation mondiale, qui défend la liberté de la presse, accuse les soldats russes d'avoir exécuté le photo-reporter.

"L’analyse des photos de la scène de crime, les constatations effectuées sur place et les preuves matérielles récupérées pointent clairement vers une exécution qui a pu être précédée d’un interrogatoire, voire d’actes de torture", estime le secrétaire de l'ONG, Christophe Deloire. Le 13 mars dernier, Maks Levin se rendait dans la forêt près de Huta-Mezhyhirs’ka, au nord de Kiev. Il ne donnera plus de signe de vie à partir de cette date. Au même moment, la zone est devenue une ligne de front entre Russes et Ukrainiens. Son corps, partiellement calciné - ainsi que celui de son collègue Oleksiy Chernyshov - est retrouvé le 1er avril. Selon les médecins légistes, il aurait été victime de deux tirs de balles d'armes légères.

Le 24 mai, RSF se rend sur la scène de crime. Deux jours plus tard, ils découvrent la présence de mines et d'engins explosifs laissés par les soldats russes juste avant leur départ. Sur le véhicule du journaliste, 14 impacts de balles sont retrouvés. La grande majorité se trouvent à l'arrière du véhicule et sur le côté droit. "Les auteurs de ces meurtres pourraient appartenir à la 106e division aéroportée de la Garde russe ou à une unité des forces spéciales", avance l'ONG dans son rapport.

Restes d'une tenue militaire d'un soldat russe retrouvée par RSF. - Patrick Chauvel

Une exécution présumée précédée d'un interrogatoire

Si les zones d'ombre sont encore nombreuses, les enquêteurs de l'organisation de défense de la liberté de la presse ont mis sur la table deux scénarios. Première hypothèse : Levin et Chernyshov ont pu passer devant des soldats russes cachés dans une tranchée. Lorsque le journaliste est sorti du véhicule pour rechercher son drone, il a été tué d'une balle au niveau du torse. Seconde hypothèse : les deux hommes ont été arrêtés pour être interrogés. Les militaires ont pu chercher "à savoir qui était vraiment Maks Levin" ou tenter "d'obtenir des renseignements sur les positions ukrainiennes".

Devant le refus opposé par les deux hommes, les soldats ont pu ensuite asperger d'essence le collègue du journaliste, avant de le brûler vif. Ensuite, les militaires auraient exécuté par balle les deux victimes. Maks Levin est l'un des huit journalistes tués sur sol ukrainien depuis le début de la guerre, le 24 février. Pour rappel, le dernier professionnel de l'information tué était français et il s'agissait de Frédéric Leclerc-Imhoff.


Benoît LEROY

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