Ukraine : la spectaculaire contre-offensive des forces de Kiev

Référendums d'annexion russes en Ukraine : les Occidentaux dénoncent "des simulacres"

Annick Berger
Publié le 20 septembre 2022 à 19h50
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Source : TF1 Info

Les forces pro-russes de plusieurs régions séparatistes ukrainiennes ont annoncé, ce mardi, la tenue de référendums d'annexion par Moscou.
Des scrutins qui se dérouleront entre le 23 et le 27 septembre.
Une annonce qui a provoqué une vive inquiétude au sein de la communauté internationale.

Une "nouvelle escalade dans la guerre", des "simulacres de référendums" ou la "signature du cynisme". Les réactions internationales se multiplient alors que les pouvoirs séparatistes des régions de Lougansk et Donetsk ainsi que les autorités d'occupation de Kherson et Zaporijia ont annoncé l'organisation de "référendums" d'annexion dès cette semaine, alors que l'Ukraine entre dans son huitième mois de guerre. Ces scrutins doivent se tenir en urgence du 23 au 27 septembre, en pleine contre-offensive menée par Kiev. 

"Si ce n'était pas tragique, nous pourrions en rire"

Le chancelier allemand Olaf Scholz a jugé que "ces référendums fictifs ne sont pas acceptables". Les États-Unis, eux, ont estimé que la Russie organisait "hâtivement des simulacres de référendums" en Ukraine. Lors d'un point presse, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, a assuré que "les États-Unis ne reconnaîtront jamais les prétentions de la Russie sur des parties prétendument annexées de l'Ukraine". 

Même tendance du côté de la France, alors que le président Emmanuel Macron a dénoncé, lors d'une prise de parole en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, une "provocation supplémentaire" de Moscou. "La Russie a déclaré la guerre, envahi cette région, elle l'a bombardée, elle a tué des gens, elle a fait fuir d'autres gens et maintenant, dans cette même région, elle explique qu'elle va organiser un référendum. Si ça n'était pas tragique, nous pourrions en rire. C'est du cynisme et donc évidemment que ce ne sera pas reconnu au niveau international et que ça n'aura aucune conséquence sur le plan juridique", a affirmé Emmanuel Macron. 

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Du côté des instances internationales, l'Otan a dénoncé des "simulacres de référendums", alors que le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, a affirmé que ces scrutins n'avaient "aucune légitimité et ne changent pas la nature de la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine". Sur Twitter, il a également appelé la communauté internationale à "condamner cette violation du droit international et renforcer son soutien à l'Ukraine", tout en s'inquiétant d'une "nouvelle escalade de la guerre de Poutine". 

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Signal majeur ?

Avec l'annonce de ces "référendums" d'annexion, des commentateurs ont évoqué le spectre d'un durcissement du conflit si la Russie s'emparait de ces territoires. Selon la chercheuse et spécialiste des sociétés post-soviétiques, Anna Colin Lebedev, cette nouvelle est un "signal d'escalade majeur de la guerre". Elle a ainsi estimé qu'il ne fallait pas "sous-estimer ce qu'il se passe actuellement" alors que ces "simili-référendums donneraient une base légale à la Russie pour les annexer". "Toute attaque ukrainienne conte ces zones serait alors une attaque sur le territoire russe selon la Russie", confirme-t-elle. 

De son côté, l'Ukraine a prévenu mardi que la menace russe serait "liquidée", le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak, dénonçant un "chantage" russe, motivé par "la peur de la défaite". Le chef de la diplomatie Dmytro Kouleba a assuré que l'Ukraine allait "continuer de libérer ses terres". Ces annonces interviennent après les revers russes de début septembre, l'armée de Moscou se retirant de la région de Kharkiv face à la pression des forces de Kiev, fortes des approvisionnements d'armes et équipements occidentaux.


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