Ukraine : la Hongrie n'a gelé que 3000 euros d'avoirs russes, affirme le commissaire européen Didier Reynders sur LCI

Vincent Michelon
Publié le 18 septembre 2022 à 17h20
JT Perso

Source : TF1 Info

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l'Union européenne a gelé près de 14,5 milliards d'euros d'avoirs russes sur son territoire, indique ce dimanche le commissaire européen à la Justice Didier Reynders.
Un effort collectif inégalement réparti : la Hongrie, régulièrement accusée d'être trop proche de Vladimir Poutine, n'a gelé que 3000 euros.

La Hongrie beaucoup trop indulgente à l'égard de la Russie ? C'est ce que laisse entendre l'Union européenne, dont les tensions s'accroissent de jour en jour avec cet État membre jugé peu coopératif. 

Interrogé par Darius Rochebin pour LCI, ce dimanche, le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a indiqué que l'UE avait gelé, depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, près de 14,5 milliards d'euros, visant notamment des oligarques et des entreprises. 

Mais sur ces 14,5 milliards d'euros, la Hongrie n'a gelé "qu'environ 3000 euros", a déploré le commissaire, estimant que les États membres devaient "faire une pression très forte" sur la Hongrie pour l'inciter à davantage de coopération. Selon lui, "six États ont gelé 90% de ces avoirs". Parmi eux, la France, qui a pour l'heure gelé près d'un milliard d'euros. 

Lire aussi

7,5 milliards d'euros de fonds en suspens

Dans ce contexte de tension avec le régime de Viktor Orban, régulièrement accusé de ne pas respecter les règles européennes, la Commission européenne a annoncé dimanche avoir proposé aux États membres de l'UE une suspension des financements européens à la Hongrie, à hauteur 7,5 milliards d'euros, dans l'attente d'une mise en œuvre de réformes anticorruption par Budapest. 

Didier Reynders, commissaire européen, au sujet du gel de 7,5 mds euros pour la HongrieSource : TF1 Info
JT Perso

"C’est un signal politique à l’égard de tous les États membres, pour dire que nous avons un système qui peut fonctionner et que nous n’hésiterons pas à l’utiliser s’il y a des déviances", explique Didier Reynders à LCI. "Et c'est un signal politique très clair à la Hongrie : si vous ne vous mettez pas en ordre en matière de lutte contre la corruption, d’indépendance de la justice, il va y avoir de plus en plus de blocages budgétaires."

Le commissaire estime que c'est désormais aux États membres de mettre la pression sur la Hongrie, en "traduisant" leurs critiques sur le non-respect de l'État de droit "dans une décision budgétaire"


Vincent Michelon

Tout
TF1 Info