La journaliste russe anti-guerre décline la proposition d'asile d'Emmanuel Macron

VK
Publié le 17 mars 2022 à 7h39

Source : JT 20h Semaine

La journaliste russe Marina Ovsiannikova a refusé l'offre d'asile du président français Emmanuel Macron car elle ne "veut pas quitter" son pays.
Le président français s'était dit prêt mardi à lui offrir "une protection consulaire" ou à lui accorder l'asile.
"Je voulais montrer que les Russes aussi sont contre cette guerre", a-t-elle expliqué.

Son courage pour brandir, en plein journal télévisé, une pancarte dénonçant l'offensive en Ukraine a ému le monde entier. Au point que le président de la République avait proposé de lui accorder l'asile politique. Cette dernière a assuré, dans une interview au magazine allemand Der Spiegel diffusée mercredi soir, qu'elle ne voulait pas "quitter [son] pays. Je suis patriote, mon fils l'est encore plus. Nous ne voulons en aucun cas partir, nous ne voulons aller nulle part".

Après avoir été arrêtée, elle a été condamnée dans la foulée à une simple amende et laissée libre. Marina Ovsiannikova risque cependant toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, aux termes d'une récente loi réprimant toute "fausse information" sur l'armée russe.

Une guerre "contre un peuple frère"

Mme Ovsiannikova estime que son coup d'éclat "était avant tout une action pacifiste : il est dans l'intérêt de la Russie et du monde de mettre fin le plus rapidement possible à cette guerre". "C'est une guerre contre un peuple frère ! Aucune personne saine d'esprit ne peut l'accepter", explique la jeune femme née à Odessa, en Ukraine, d'un père ukrainien et d'une mère russe.

"Je voulais montrer que les Russes aussi sont contre cette guerre, ce que beaucoup de gens en Occident ne comprennent pas. La majorité des gens intelligents et éduqués ici s'opposent à cette guerre", assure-t-elle.

Elle indique avoir préparé son action seule, sans en avoir préalablement parlé à sa famille ou à ses amis. "La plupart des gens qui travaillent pour la télévision nationale comprennent très bien ce qu'il se passe. Ils ne savent que trop bien qu'ils font quelque chose de mal. Ce ne sont pas des propagandistes convaincus, souvent tout sauf cela !", ajoute-t-elle. La journaliste se dit néanmoins "heureuse" que plusieurs journalistes russes de chaînes publiques aient démissionné, ces derniers jours, pour s'opposer aux restrictions sur l'information.


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