Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov envoie ses fils adolescents "en première ligne"

M.L (avec AFP)
Publié le 3 octobre 2022 à 15h26
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Source : JT 20h WE

Allié de Moscou, Ramzan Kadyrov annonce envoyer ses trois fils sur le front, bien que tous soient mineurs.
Les trois adolescents s'entraînent "depuis longtemps" à manier des armes, assure-t-il.

Fidèle allié de Moscou, Ramzan Kadyrov semble vouloir afficher jusqu'au bout son soutien au Kremlin, au point même d'engager sa propre famille sur le champ de bataille. Le dirigeant de la région russe de Tchétchénie a annoncé lundi envoyer trois de ses fils, encore adolescents, combattre en Ukraine, où il a demandé l'emploi des armes nucléaires. Dans un message sur Telegram, il a indiqué que ses enfants Akhmat, Eli et Adam, âgés respectivement de 16, 15 et 14 ans, suivaient "depuis longtemps" des entraînements militaires pour apprendre à utiliser "différentes armes".

"Le temps est venu (pour eux) de s'illustrer dans une vraie bataille, je ne peux que saluer leur détermination. Bientôt, ils partiront en première ligne et se trouveront dans les zones les plus difficiles de la ligne de contact", a poursuivi Ramzan Kadyrov. Le dirigeant tchétchène a 14 enfants, selon son site officiel, mais des médias russes affirment qu'il en a sans doute plus. "J'ai toujours pensé que la mission principale d'un père était d'enseigner à ses fils la piété et de leur apprendre à défendre leur famille, leur peuple et leur patrie. Qui veut la paix, prépare la guerre !", a-t-il encore écrit lundi.

Sur la vidéo ci-dessus, partagée sur Twitter par le journaliste de la BBC Francis Scarr, les trois fils du dirigeant apparaissent parés d'uniformes militaires, en train de s'entraîner à manier des fusils, des missiles et conduire des tanks.

Appel à utiliser "des armes nucléaires de faible puissance"

Ramzan Kadyrov et ses milices, les "kadyrovtsy", ont été accusés de nombre d'exactions en Tchétchénie. Ses hommes ont également été déployés au côté de l'armée russe en Ukraine. Familier des déclarations outrancières, le dirigeant a appelé samedi à utiliser "des armes nucléaires de faible puissance" en Ukraine, alors que l'armée russe éprouve des difficultés et a dû se retirer de la ville stratégique de Lyman. "À mon avis, des mesures plus drastiques doivent être prises, jusqu'à la déclaration de la loi martiale dans les zones frontalières et l'utilisation d'armes nucléaires de faible puissance", a-t-il déclaré sur Telegram.

Il a par ailleurs critiqué le colonel-général russe en charge des opérations autour de Lyman, Alexandre Lapine, en jugeant que celui-ci n'avait pas fourni "les communications" et les "munitions nécessaires" aux soldats engagés dans la défense de cette ville de l'est de l'Ukraine, reprise par Kiev.

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Pour sa part, le Kremlin a jugé lundi que son appel à utiliser des armes nucléaires "de faible puissance" avait été fait sous le coup de l'émotion. "Dans les moments difficiles, les émotions doivent néanmoins être exclues de toute évaluation (de la situation). Nous préférons faire des évaluations mesurées et objectives", a indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, qui a toutefois loué "la contribution héroïque" de Ramzan Kadyrov dans l'offensive armée en Ukraine, où des centaines voire des milliers de Tchétchènes ont été envoyés au combat. 

Ces dernières semaines, le Kremlin a fait planer la menace de l'utilisation d'armes atomiques en Ukraine. Vendredi, le président Vladimir Poutine a affirmé que les États-Unis avaient établi un "précédent" en employant l'arme atomique contre le Japon en 1945.


M.L (avec AFP)

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