L'armée de Kiev utilise de plus en plus le "Féroce".
Un drone kamikaze capable d'atteindre la Russie à plus de 1000km de la frontière ukrainienne.

La Russie de plus en plus perméable aux attaques ukrainiennes. Depuis le début de l'année, Kiev a multiplié les incursions dans le ciel ennemi, frappant des sites industriels ou militaires dans des zones reculées. Dernier exemple en date ? Une raffinerie dans la république du Bachkortostan, à 1.200 km de sa frontière. Un travail de sape rendu possible grâce à l'évolution des drones. En particulier le "Liutiyv" ("Féroce" en ukrainien), utilisé selon Ukrainska Pravda dans 80% des attaques. 

Développé avec des matériaux légers tel que la fibre de verre, cet engin kamikaze ayant presque 7 mètres d'envergure aurait sévi dans plusieurs villes russes telles que Koursk, Kalouga et Briansk, mais aussi Riazan, à 500km du sol russe. Le fruit d'un long travail des ingénieurs ukrainiens : ceux-ci ont testé une première version du "Féroce" en avril 2023. 

Une trajectoire supervisée par satellite

À l'époque, il avait été lancé depuis Odessa, direction l'île de Zmiiny, occupée par les Russes dans la Mer Noire. En plein vol, l'appareil a perdu la connexion, selon le Kyiv Post, entrainant un demi-tour, direction le site de lancement. Un drame a été évité de justesse, puisque le drone était chargé.

Au fil des mois, l'appareil a été amélioré, au point d'être comparé aux Shahed iraniens ou aux Bayraktar turcs. Des appareils peu coûteux (environ 200.000 dollars pour le "Féroce"), capables de transporter une ogive de 50 kg. Il se compose de modules séparés, afin de faciliter son transport sur le front. Le pilote gère la trajectoire par satellite, lui permettant ainsi de modifier cette dernière à tout moment pour accroitre ses chances de ne pas être touché par un tir russe. 

Pour multiplier ses chances de percer le front, Kiev utilise d'ailleurs la plupart du temps une douzaine de ces drones à la fois. Preuve s'il en fallait de l'essor de la production en Ukraine pour ces appareils, bien moins couteux qu'un missile de croisière.


Thomas GUIEN

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