En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Le Kremlin sous le feu des critiques à l'ONU, l'appel de Volodymyr Zelensky aux russes... Le point sur la situation en Ukraine

Justine Briquet-Moreno avec AFP
Publié le 23 septembre 2022 à 6h27, mis à jour le 23 septembre 2022 à 7h21
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Source : JT 20h Semaine

La Russie est sous le feu des critiques après avoir annoncé la mobilisation de centaines de milliers de réservistes pour renforcer ses troupes.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté appelé la population russe à protester.
Le point sur la situation en Ukraine.

Au 211ᵉ jour du conflit en Ukraine, la Russie est sous le feu des critiques internationales. En cause, les déclarations de Vladimir Poutine qui a annoncé la mobilisation de centaines de milliers de réservistes pour renforcer ses troupes face à Kiev et a brandi la menace d'un recours à l'arme nucléaire. Le Kremlin a rejeté ces attaques, ce jeudi 22 septembre 2022, lors d'une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU. 

Zelensky appelle les Russes à "protester" contre la mobilisation

"Protestez, luttez, fuyez ou rendez-vous". C'est l'appel lancé par le président ukrainien au peuple russe dans un message vidéo. Par ces mots, Volodymyr Zelensky a exhorté, jeudi 22 septembre, la population russe à prendre position contre la mobilisation partielle de réservistes sur le front ukrainien qui a été annoncée la veille par le Kremlin. "55.000 soldats russes ont été tués dans cette guerre en six mois (...) Vous en voulez davantage ?" , s'est-il exclamé. Et d'ajouter : "Vous êtes déjà complices de tous les crimes [de l’armée russe], des meurtres et des tortures dont les Ukrainiens sont victimes. Parce que vous vous êtes tu. Parce que vous vous taisez toujours", a-t-il affirmé d'un ton accusateur. 

Plus de 1300 manifestants arrêtés en Russie. Des rassemblements ont eu lieu dans plus de 40 villes russes mercredi soir peu de temps après l’annonce de Vladimir Poutine, selon l’ONG spécialisée OVD-Info. Résultat, plus de  1300 manifestants ont été arrêtés par les forces de l'ordre. Leur crime ? Avoir discrédité l’armée russe, refusé d’obtempérer ou violé la loi sur les rassemblements. Toujours selon cette même ONG, certains participants se sont vus infliger des jours d’emprisonnement et des amendes. 

La fuite de Russes à l'étranger. Des Russes tentent désormais de fuir à l’étranger pour échapper à la plus grande campagne de conscription de leur pays depuis la Seconde Guerre mondiale. L'un d'entre eux, passé par la Mongolie, a confié à l'AFP sous couvert d’anonymat avoir attendu douze heures pour passer la frontière en voiture. Du côté de la Finlande, les gardes-frontières ont observé une augmentation des traversées, même si cette augmentation reste modérée. Les Russes ont besoin de visas pour s’y rendre. Pour les mêmes raisons, des embouteillages se sont également formés à la frontière avec la Géorgie. Aussi, bien qu'ils soient devenus très onéreux depuis l'adoption des sanctions occidentales, les vols au départ de la Russie affichent tous complets dans les prochains jours. Les autorités russes ont affirmé que 300 000 réservistes seraient appelés au total, mais la population redoute une mobilisation beaucoup plus importante.

Le chef de l'ONU réclame une enquête sur le "catalogue de cruautés" commises en Ukraine

Les déserteurs russes accueillis par Berlin. L’Allemagne est prête à accueillir des déserteurs de l’armée russe "menacés de grave répression". "Celui qui s’oppose courageusement à Poutine et se met ainsi en grand danger peut demander l’asile politique en Allemagne", a déclaré la ministre de l'Intérieur allemande Nancy Faeser dans un entretien accordé au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung. Cette annonce fait suite à celle de la mobilisation des réservistes russes. La ministre a ensuite précisé que l'asile politique n'avait rien d’automatique et relèverait du cas individuel. Un contrôle de sécurité serait opéré à chaque fois. 

Les auteurs de crimes "doivent être tenus pour responsables". Lors d’une réunion du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a demandé une enquête sur le "catalogue de cruautés" perpétrées en Ukraine. Les rapports des services humanitaires de l’ONU  "sont un catalogue de cruautés : exécutions sommaires, violence sexuelle, torture et autres traitements inhumains et dégradants contre les civils et les prisonniers de guerre", a-t-il déclaré à l’ouverture de la réunion à laquelle participe notamment le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Selon António Guterres, les auteurs de ces crimes "doivent être tenus pour responsables lors de procédures judiciaires justes et indépendantes. Les victimes et leurs familles ont droit à la justice et à la réparation." Et de conclure : "Chaque jour en moyenne, cinq enfants sont tués ou blessés en Ukraine". 

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Sergueï Lavrov dénonce "l'impunité" de Kiev. À l'occasion d'un dialogue de sourds sans précédent, les chefs de la diplomatie américaine et russe se sont accusés mutuellement jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU d’impunité. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, qui est intervenu le premier, a incité la communauté internationale à contraindre Vladimir Poutine à rendre des comptes. "On ne peut pas laisser le président Poutine s’en tirer comme ça", a-t-il déclaré. De son côté, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a rejeté ces accusations, dénonçant plutôt "l’impunité" de Kiev. "Kiev doit son impunité à ses partenaires occidentaux", a-t-il affirmé, avant de qualifier l'Ukraine d'"État totalitaire nazi". De la même manière, il a expliqué que la Russie rejetait formellement le travail de la CPI (Cour pénale internationale) dans laquelle la Russie "n’a aucune confiance".

Interview. Enfin, dans un entretien diffusé ce jeudi sur BFMTV, le président français Emmanuel Macron a dénoncé la décision de la Russie  "de passer une étape dans l’escalade". En plus de déplorer le fait que la Russie s'isole sur le plan démocratique, il a dénoncé le  "chantage" de la Russie qui n'hésite pas à agiter la menace nucléaire. Toutefois, la réponse de la France si une frappe nucléaire russe avait lieu reste incertaine. Le président s'est contenté de répondre que "la France est une puissance nucléaire raisonnable".


Justine Briquet-Moreno avec AFP

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