Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : "le pire" pourrait être "devant nous", s'inquiète Jean-Yves Le Drian

Publié le 3 mars 2022 à 10h45
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le ministre des Affaires étrangères s'est montré inquiet face à l'encerclement de plusieurs villes ukrainiennes par les forces russes.
Il a déploré "des centaines de morts, aussi du côté russe", mais a affirmé que "le président Zelensky gagnera".

Au huitième jour de l'offensive russe en Ukraine, l'opération pourrait encore s'accélérer. "Il est possible que le pire soit devant nous" dans la guerre menée par la Russie en Ukraine, s'est inquiété jeudi le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian, alors que l'armée russe a encerclé plusieurs villes ukrainiennes qu'elle pilonne. Après une stratégie de "Blitzkrieg", déjouée par "la résistance forte, exemplaire, très courageuse" des Ukrainiens. 

"Nous sommes rentrés dans une logique de siège", à laquelle "les Russes sont habitués", a mis en garde le chef de la diplomatie française  sur France 2. "Rappelez-vous Alep, Grozny", a-t-il lancé, en référence à ces deux villes en Syrie et en Tchétchénie anéanties par les bombes russes ces dernières décennies. 

"La guerre fait des centaines de morts, aussi du côté russe", a commenté le ministre, estimant qu'"il faut être très vigilant à l'égard de nos ressortissants et des réfugiés qui arrivent en masse". Son homologue américain Antony Blinken qualifiait déjà mercredi d'"ahurissant" le bilan humain de l'invasion russe, dans laquelle les cibles détruites "ne sont pas des cibles militaires". "Des centaines sinon des milliers de civils ont été tués et blessés", avait-il déploré lors d'une conférence de presse, ajoutant que "le nombre de civils tués et blessés, les conséquences humanitaires, ne feront que s'aggraver dans les jours qui viennent".

"On ne négocie pas avec un pistolet sur la tempe"

Selon les derniers bilans établis, l’ONU déplorait lundi de 102 morts et de 304 blessés, mais prévenait que ces chiffres réels étaient "considérablement" plus élevés. Le ministère ukrainien de la Santé relevait quant à lui le 27 février, au quatrième jour de l'offensive seulement, 352 civils tués, dont 14 enfants, et 2 040 blessés. Du côté des pertes militaires, près de 9.000 soldats russes ont été tués depuis une semaine selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, un chiffre invérifiable dans l'immédiat. Moscou de son côté a dévoilé mercredi son premier bilan de militaires russes tués dans l'offensive en Ukraine, en annonçant la mort de 498 de ses soldats et précisant que 1597 autres y ont été blessés.

"Nous sommes aussi déterminés que Vladimir Poutine, même bien plus. Nous sommes solidaires et unis", a toutefois lancé le ministre. "Je pense que le président Zelensky gagnera", a-t-il même ajouté, estimant que "la Russie est en train de s'isoler complètement du monde et personne ne croit en sa parole". Il a appelé à ce que "le mouvement de solidarité" autour de l'Ukraine se poursuive.

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Le président russe Vladimir Poutine veut "la négation de l’Ukraine et la négation à ses portes d’un pays démocratique", a affirmé le ministre des Affaires étrangères français. "C’est ça la logique. L’histoire du Donbass et des deux républiques de Donetsk et de Lougansk dont on parlait il y a encore quelques jours, c’était un alibi, c’était un prétexte, a-t-il expliqué. La volonté de Poutine, c’est d’éviter qu’il y ait à ses portes des modèles démocratiques qui peuvent éventuellement influer sur l’évolution de la Russie."

Le chef de la diplomatie française a encore appelé à un cessez-le-feu russe, préalable à toute négociation, alors qu'un deuxième round de discussions entre Russie et Ukraine doit se tenir jeudi en Biélorussie, à la frontière de ce pays avec la Pologne. "Ils appellent ça des pourparlers. Ce ne sont pas des négociations. On ne négocie pas avec un pistolet sur la tempe. Donc il faut impérativement imposer un cessez-le-feu", a-t-il insisté.


La rédaction de TF1info (avec AFP)

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