Poutine décrète la "mobilisation partielle" : début de contestation en Russie ?

Guerre en Ukraine : le président du Conseil européen appelle à accueillir les déserteurs russes

V. Fauroux
Publié le 23 septembre 2022 à 21h14
JT Perso

Source : TF1 Info

Le président du Conseil européen appelle les États membres de l'UE à "suivre l'exemple de l'Allemagne" en accueillant les déserteurs russes.
La ministre allemande de l'Intérieur avait annoncé jeudi 22 septembre que les Russes qui refuseraient la mobilisation militaire décidée par Vladimir Poutine pouvaient demander l'asile politique.

L'Allemagne est prête à les accueillir, les pays baltes y sont hostiles : le sort des Russes fuyant la mobilisation militaire divise l'Union européenne, prise entre la volonté de soutenir les opposants à Vladimir Poutine et les craintes pour la sécurité du bloc.

À Bruxelles, la Commission européenne "suit très attentivement la situation" et mène des consultations avec les États membres, a indiqué ce vendredi son porte-parole, Eric Mamer. "C'est une question délicate", a-t-il reconnu. Une réunion d'urgence des ambassadeurs des 27 est d'ailleurs prévue lundi à Bruxelles.

"Un signal fort"

Pour autant, il faut agir et c'est ce que souhaite, Charles Michel, le président du Conseil européen, qui l'a fait savoir ce vendredi au micro de Darius Rochebin sur LCI. Il appelle les États membres de l'UE à "suivre l'exemple de l'Allemagne", qui a annoncé jeudi 22 septembre qu'elle accueillerait sur son sol les Russes qui refuseraient la mobilisation militaire décidée par Vladimir Poutine. 

"Je veux effectivement donner le signal que les Russes qui décideraient de ne pas participer à cette guerre, de déserter, seront respectés par l'Union européenne. C'est un signal fort qui est envoyé", a-t-il expliqué, ajoutant que pour l'instant, les files que l'on voit "ne sont pas pour aller s'inscrire dans l'armée russe, mais pour échapper à cette tentative du Kremlin d'enrôler, parfois de force semble-t-il, des jeunes hommes".

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Un discours qui va dans le sens de celui de la France. La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna a en effet estimé qu'il fallait "répondre au désir d'une grande partie de la population russe d'exprimer ses opinions et parfois de quitter la Russie pour venir sur le reste du continent". "Nous voulons sanctionner les oligarques, nous voulons sanctionner ceux qui soutiennent l'effort de guerre (...) mais il est nécessaire de permettre des contacts avec les citoyens russes", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse de fin d'Assemblée générale de l'ONU à New York.

De même, Berlin a souligné "qu'une voie devait rester ouverte aux Russes pour venir en Europe et en Allemagne". "D'autres pays comme les pays baltes ou la Finlande ont réagi différemment pour des raisons nationales compréhensibles", a commenté vendredi Steffen Hebestreit, porte-parole du chancelier Olaf Scholz. L'ambassadeur d'Ukraine en Allemagne Andriï Melnyk a fustigé une "mauvaise approche", estimant sur Twitter que "les jeunes Russes qui ne veulent pas faire la guerre doivent enfin renverser Poutine".


V. Fauroux

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