Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : les centrales nucléaires au cœur des inquiétudes

La rédaction de TF1info
Publié le 3 mars 2022 à 1h33
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Source : TF1 Info

Ce mercredi 2 mars, les Russes ont pris en étau la centrale ukrainienne de Zaporijia, la plus grande d'Europe.
Des Ukrainiens voisins du bâtiment ont tenté d'empêcher l'armée russe d'y entrer.
L'ONG Greenpeace alerte ce mercredi des "risques nucléaires" importants depuis le début de la guerre.

Les centrales nucléaires au cœur du conflit russo-ukrainien. Après la prise de la centrale de Tchernobyl au premier jour de l'invasion russe, Moscou a indiqué, ce mercredi 2 mars dans l'après-midi, avoir pris le contrôle du territoire entourant la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, dans le Sud-Est de l'Ukraine. Cette dernière est la plus grande de toute l'Europe.

Avec ses six réacteurs, dont trois ont été arrêtés depuis le début de la guerre, "la centrale fournit plus de la moitié de l'électricité de l'Ukraine", a déclaré, peu après, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui s'inquiète de la situation du personnel d'exploitation. "Il faut qu'il soit en mesure de remplir ses fonctions de sûreté et de sécurité", a-t-il ajouté. Pour le responsable, "il y a bien sûr le risque d'une attaque directe, mais aussi la possibilité d'un tir accidentel" de l'armée russe contre l'un des composants de la centrale.

Une chaîne humaine pour empêcher l'entrée des Russes

Au même moment, des images sur les réseaux sociaux montraient des centaines d'Ukrainiens de la ville voisine d'Enerhodar, empêchant l'armée russe de pénétrer dans le bâtiment. Au total, plus d'un kilomètre de personnes, sans armes, ni protection, d'après les autorités ukrainiennes, s'étaient réunies en chaîne humaine pour bloquer l'entrée. Des camions ont notamment servi de barricades.

De son côté, l'Inspection nationale de la réglementation nucléaire d'Ukraine (SNRIU) a assuré à l’AIEA "qu'elle maintenait les communications avec les installations nucléaires du pays et que les centrales nucléaires continuaient de fonctionner normalement". L'instance a également annoncé qu'elle "suivait de près l’évolution de la situation en Ukraine, en accordant une attention particulière à la sûreté et à la sécurité de ses réacteurs nucléaires".

Le parc urkrainien, qui aligne actuellement quinze réacteurs en fonctionnement, répartis sur cinq centrales, fournit plus de 50% de l'énergie du pays. Or, aujourd'hui confrontés à la guerre et aux bombardements, ces cinq sites peuvent créer à tout moment des situations catastrophiques.

Dans un communiqué publié ce mercredi, Greenpeace souligne que la sécurité des centrales nucléaires et notamment celle de Zaporizhzhia est sévèrement "compromise" avant de lister tous les risques possibles. Si la stabilité des réacteurs ou un quelconque composant est touché par des frappes russes, même accidentelles, ou une panne électrique, "les conséquences" pour la santé et l'environnement "pourraient être désastreuses", pointent les experts en énergie nucléaire de l'ONG.

Pire, ils estiment que, tous les risques cumulés, elles "pourraient aller bien au-delà de la catastrophe nucléaire de Fukushima", qui avait causé la mort de plusieurs milliers de personnes au Japon, en 2011.

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"Pour la première fois dans l’Histoire, une guerre de haute intensité se déroule dans un pays possédant de multiples réacteurs nucléaires et des milliers de tonnes de combustible usés hautement radioactif (...) et tant que cette guerre continue, la menace militaire sur les centrales nucléaires ukrainiennes demeurera", alerte Jan Vande Putte, co-auteur de l’analyse.

"Cette guerre démontre la dangerosité du nucléaire et de notre dépendance au pétrole et au gaz fossiles dont nous devons sortir de toute urgence", poursuit Pauline Boyer, de Greenpeace France. Face à ces risques nucléaires, "Vladimir Poutine doit cesser immédiatement sa guerre en Ukraine", appelle l'ONG.


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