Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

Guerre en Ukraine : les lieux et établissements russes en France de plus en plus menacés ?

Aurélie Sarrot
Publié le 17 mars 2022 à 18h32, mis à jour le 17 mars 2022 à 21h39
Guerre en Ukraine : les lieux et établissements russes en France de plus en plus menacés ?

Source : TF1

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les dégradations et menaces de mort à l'encontre des Russes en France sont quotidiennes, alerte auprès de TF1info le porte-parole de l'Ambassade de Russie en France.
Si certains des faits dénoncés sont effectivement documentés par la presse, d'autres reposent sur les seuls dires de la représentation russe en France.

Le premier fait marquant et médiatisé était survenu le 28 février, quatre jours après le début de la guerre en Ukraine. Ce jour-là, des tags anti-Poutine avaient été découverts sur les murs de la cathédrale russe de la Sainte-Trinité, dans le 7e arrondissement de Paris.

Depuis, les menaces et dégradations à l'encontre des Russes en France se sont multipliées, selon ce qu'affirme à TF1info Alexander Makogonov, porte-parole de l'ambassade de Russie en France. Des faits pour certains avérés, quand d'autres sont seulement rapportés par la représentation russe. 

 "La Russophobie qui a éclaté dans le monde occidental a touché également la France. Ce genre d'événements est désormais quotidien à Paris comme dans d'autres villes de l'Hexagone, insiste le relai du Kremlin en France. Cela concerne non seulement les représentations diplomatiques et consulaires, mais aussi les centres culturels, les restaurants, les magasins… Beaucoup d'endroits en lien avec la Russie font aujourd'hui l'objet d'agression".

De la "peinture", des "projectiles"...

Le porte-parole détaille ainsi une longue liste de bâtiments qui auraient été notamment tagués en France. "Le bâtiment de l'ambassade a de Russie en France à Paris a été visé par des projectiles contenant de la peinture. Les portails d'entrée du bureau militaire dans le 16e arrondissement de Paris ont été peinturlurés", poursuit Alexander Makogonov. Et de mentionner des dégradations contre "le Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe Russe (...) la représentation permanente de Russie auprès de l'Unesco, le consulat général de Russie à Marseille, l'antenne consulaire de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes), la Maison russe des sciences et de la culture à Paris". 

Alexander Makogonov précise qu'en plus des jets de projectiles et des tags, les Russes vivant en France font de plus en plus l'objet de menaces verbales ou écrites. "L'ambassade reçoit des messages réguliers avec des menaces dont plusieurs adressés à des diplomates. Plusieurs de leurs véhicules ont été repeints en bleu et jaune, couleurs du drapeau ukrainien. L'ambassade a reçu une enveloppe contenant de la poudre blanche il y a une semaine environ. Il y a des appels avec des personnes qui insultent, menacent ou raccrochent au nez des standardistes".  

Le porte-parole de l'ambassade assure que des dizaines de Russes en France les ont contactés pour faire état de menaces dans la rue ou dans les écoles. "Certains ont été attaqués verbalement dans la rue juste parce qu'ils parlaient russes. Des enfants russophones ont été insultés ou mis à l'écart par certains camarades dans les écoles aux motifs qu'ils étaient russes", rapporte Alexander Makogonov.

Alexander Makogonov rappelle également que le recteur de la cathédrale russe Saint-Nicolas de Nice, l'archiprêtre Andreï Elisseev, a été menacé de mort dans un courrier daté du 10 mars. "Ce monsieur reçoit des menaces écrites alors qu'il fait tout pour réconcilier les gens. Des orthodoxes russes, français, ukrainiens, moldaves, biélorusses, géorgiens, roumains, arméniens, serbes, fréquentent cette église. C'est la religion, c'est la foi, c'est quelque chose qui rassemble des gens. Comment peut-on faire des menaces sur ce genre d'endroits ou sur des personnes qui y œuvrent ?", questionne-t-il. 

Joint par notre rédaction, le recteur de l'établissement assure : "Depuis que les faits ont été médiatisés, j'ai reçu encore plus de menaces. J'ai porté plainte et nous attendons maintenant que l'auteur de ce courrier soit identifié"

Selon le porte-parole de l'ambassade, des dizaines de faits auraient déjà été rapportés à ses services depuis le début du conflit et le phénomène se poursuit. "Nous avons fait des demandes de protections qui ont abouti, notamment pour l'Ambassade et les centres culturels. Un certain nombre d'établissements sont désormais sous protection policière. Maintenant, chaque magasin ou restaurant ne peut être surveillé en permanence évidemment", pointe-t-il. Aujourd'hui, l'ambassade de Russie en France alerte sur le risque que le phénomène "se transforme en racisme pur et dur". "Cette tendance est inquiétante pour nous. Il faut que cela cesse", conclut Alexander Makogonov.


Aurélie Sarrot

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