Ukraine : plus de sept mois de guerre

Guerre en Ukraine : les mines qui vont compliquer l'exportation de céréales

Frédéric Senneville
Publié le 25 juillet 2022 à 19h31
JT Perso

Source : JT 13h WE

Les mines antipersonnel en mer Noire ont été au cœur des négociations pour la reprise des exportations de céréales ukrainiennes.
Disséminées principalement par l'armée ukrainienne, elles ne seront finalement pas retirées.
D'un modèle vétuste, et en quantité inconnue, elles pourraient compliquer pour longtemps la navigation en mer Noire.

Les négociateurs qui ont signé l'accord d'Istanbul sur les céréales, ont finalement renoncé à nettoyer la mer Noire des mines qui en rendent la navigation dangereuse. Faute de temps pour reprendre exportations des céréales ukrainiennes, qui étaient jusqu'ici bloquées dans des silos et des entrepôts, et alors que la moisson suivante s'annonce. Un déminage minimal aura lieu dans les "couloirs nécessaires" au passage des navires, tandis que des navires ukrainiens escorteront les convois.

Ce sont principalement les forces ukrainiennes qui ont disposé des mines dans les eaux de la mer Noire et de la mer d'Azov, ainsi que sur certaines plages, pour empêcher un débarquement russe et la prise de contrôle de ses ports. C'est pour la même raison qu'elles refusaient de procéder au déminage que Moscou exigeait pour reprendre les exportations, et que son armée aurait pu exploiter. Kiev a ainsi toujours refusé de communiquer sur le type de mines utilisées ou leur nombre, estimé à plus de 400 par les Russes.

Si le grand port de Marioupol, sur la mer d'Azov, est désormais aux mains des Russes, celui d'Odessa devrait permettre l'exportation promise par l'accord signé le 22 juillet à Istanbul. Mais si la marine russe a enregistré des revers majeurs, comme la perte de son navire amiral Moskva, elle domine toujours largement la mer Noire, d'où elle tire régulièrement en direction des côtes ukrainiennes.

Mines de l'ère soviétique ?

Les mines utilisées par les forces ukrainiennes appartiendraient pour la plupart au vieil arsenal soviétique, commun à l'armée russe. Selon le spécialiste français Fabien Lucas, qui l'a expliqué à Nice-Matin, il s'agirait de mines dites "à orin", de type Myam ou Yam. 

L'orin est un câble, qui relie la mine à un lest, ce qui permet de la maintenir entre deux eaux, en l'occurrence de 3 à 50 mètres de profondeur, pour frapper les navires ennemis sous la coque, ou des sous-marins. Si leur charge explosive n'est que d'une vingtaine de kilos, elle est suffisamment dissuasive pour empêcher un débarquement, et complique singulièrement la navigation marine.

Des mines ont dérivé jusqu'en Turquie et en Roumanie

Lorsque ledit câble casse ou est séparé de la mine, celle-ci peut dériver jusqu'à s'échouer ou exploser au contact d'un bateau très éloigné du théâtre de guerre. C'est ainsi qu'en mars dernier, deux mines ont été détectées dans les eaux territoriales turques, et une dans les eaux roumaines. Si les trois engins ont été neutralisés, leur origine ukrainienne ou russe n'a pas été déterminée.

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Kiev maintient son espoir de reprendre les exportations de céréales en dépit des frappes de missiles tirés depuis des navires russes en mer Noire, au lendemain même de l'accord signé à Istanbul. Moscou affirme de son côté n'avoir détruit que "des infrastructures militaires ukrainiennes", ce qui selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n'entrave pas les activités portuaires nécessaires au chargement et à l'exportation du grain.


Frédéric Senneville

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