En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

"Nous n'y sommes pour rien" : les Russes de France redoutent un climat de défiance

V. F | Reportage Michel Izard, David Salmon, Sébastien Maloiseaux
Publié le 6 mars 2022 à 17h17, mis à jour le 7 mars 2022 à 17h33
JT Perso

Source : JT 13h WE

Les immigrés russes sont un peu plus de 50.000 en France.
Depuis l'invasion de l'Ukraine par Poutine, certains s'inquiètent de l'instauration d'un climat de défiance, voire d'une hostilité à leur égard.

Les Zakouskis et le bœuf Stroganoff ne font plus recette, mais Joe Ascione, la patronne de La table Russe à Paris ne veut pas fermer son restaurant malgré une baisse de fréquentation et des signes d'hostilité depuis l'invasion de l'Ukraine par Vladimir Poutine. "Il ne faut pas tout mélanger", lance-t-elle dans la vidéo du JT de 13H en tête de cet article. En dépit des insultes téléphoniques et des agressions verbales de certains passants, "il faut continuer de vivre et de travailler sans avoir la peur au ventre. Nous n'y sommes pour rien. On est contre la guerre", explique-t-elle.

Pour autant, de nombreux autres actes anti-russes sont signalés quotidiennement. Ainsi, le 27 février, c'est la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité à Paris qui était visée. Des tags anti-Poutine ont été découverts sur ses murs extérieurs, aussitôt effacés. Ce lieu de culte et d'influence directement lié au maître du Kremlin a depuis été placé sous la protection de la police.

Ce n'est pas forcément parce que je suis Russe que c'est ma faute

Sofia Gracheva, professeure de danse au conservatoire Rachmaninoff

Pendant ce temps, au conservatoire Rachmaninoff, Sofia Gracheva, professeure de danse, poursuit ses activités normalement ou presque. L'atmosphère est pesante, mais à part des remarques sur les réseaux sociaux, elle n'a pas subi d'agressivité. "J'ai de la chance d'être entourée par des personnes qui comprennent que ce n'est pas forcément parce que je suis Russe que c'est ma faute. C'est difficile parce que j'ai une de mes meilleures amies ukrainienne", confie-t-elle, les larmes aux yeux. Pour la jeune femme, la situation est douloureuse et compliquée.

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Quant à la librairie russe Le Globe, elle affiche depuis le début du conflit son soutien à l'Ukraine en exposant dans sa vitrine des ouvrages faisant référence à ce pays. Mais elle s'attend quand même à être touchée par des réactions anti-russes et admet que la guerre pourrait également avoir des conséquences pour les citoyens russes. "Moi ma vitrine, je peux soit la nettoyer, soit la remplacer. En revanche, les Russes qui sont restés là-bas, et maintenant, c'est fermé, eux, ils vont vraiment souffrir. Là-bas, c'est diaboliquement réel : 15 ans de prison pour une opinion fausse (critiquant l'armée russe, NDLR), comme ils disent", déplore sa directrice Natalia Turine. 


V. F | Reportage Michel Izard, David Salmon, Sébastien Maloiseaux

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