Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : pourquoi les liens de François Fillon avec la Russie lui sont-ils reprochés ?

J.F
Publié le 25 février 2022 à 13h59
Guerre en Ukraine : pourquoi les liens de François Fillon avec la Russie lui sont-ils reprochés ?

Source : HAROLD CUNNINGHAM / AFP

L'ancien Premier ministre, qui siège dans les conseils d'administration de plusieurs sociétés russes, est critiqué pour ses liens avec la Russie et sa faible condamnation de l'invasion russe en Ukraine.
Les Républicains estiment que François Fillon "n'appartient plus à la vie politique" et "a le droit de faire sa vie".

L'ancien Premier ministre peut-il être un boulet dans la campagne de Valérie Pécresse ? Ces derniers jours avec l'augmentation des tensions entre la Russie et l'Ukraine qui ont abouti jeudi à l'invasion militaire du pays européen par les troupes de Vladimir Poutine, les liens de l'ancien Premier ministre avec des groupes pétroliers russes proches du pouvoir sont de nouveau sous les feux des projecteurs. 

L'ex-candidat de la droite en 2017 a rejoint en décembre le conseil d'administration du géant russe de la pétrochimie Sibur, contrôlé entre autres par Leonid Mikhelson, l'un des hommes les plus riches de Russie, et Guennadi Timtchenko, un proche du président Poutine visé par de récentes sanctions du Royaume-Uni. En juillet dernier, il avait également été confirmé au conseil d’administration de la société publique Zaroubejneft, spécialisée dans l’exploitation des gisements d’hydrocarbures. C'est d'ailleurs en tant que membre des conseils d'administration de Sibur et Zaroubejneft que François Fillon a été reçu le 16 février dernier par Alexander Novak, vice-président de la Fédération de Russie, selon une photo diffusée par le gouvernement russe, exhumé quelques heures après l'invasion russe. 

La faible condamnation de François Fillon de l'attaque militaire lui a également valu de nombreuses critiques. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, il écrit : "En 2014, j'ai regretté les conditions de l'annexion de la Crimée et aujourd'hui je condamne l'usage de la force en Ukraine", mais ajoute que "depuis dix ans, je mets en garde contre le refus des Occidentaux de prendre en compte les revendications russes sur l'expansion de l'Otan. Cette attitude conduit aujourd'hui à une confrontation dangereuse qui aurait pu être évitée".

Quelques jours après que le secrétaire d'État aux Affaires européennes Clément Beaune avait estimé qu'il s'était fait "complice" de Vladimir Poutine en rejoignant le groupe Sibur, la députée LaREM Yaël Braun-Pivet, présidente de la Commission des Lois, a estimé sur Twitter que "non, il n’y a pas de mais. La guerre est le fait de celui qui décide de la mener. Cette demi-condamnation ne vous honore pas". "François Fillon est un employé de Vladimir Poutine" et "il va falloir mettre un terme à toutes ces trahisons", a affirmé sur BFMTV l'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann. Mercredi soir sur LCI, le candidat écologiste Yannick Jadot avait lui qualifié François Fillon d'"allié d'un dictateur qui engage la guerre en Europe".

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François Fillon a également forcé son camp à réagir. Le numéro 3 de LR Aurélien Pradié a estimé sur Public Sénat qu'il "n’appartient plus à la vie politique" et qu'il n'avait donc "pas à commenter sa situation". La candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse, qui ne veut pas être associée de près ou de loin aux activités ou aux positions de l'ancien chef de gouvernement, avait utilisé des arguments similaires mercredi soir, dans une émission sur BFMTV avant l'invasion de l'Ukraine, affirmant que "François Fillon a quitté la politique" et "a le droit de faire sa vie, on doit le laisser tranquille". Depuis, elle a fermement condamné l'invasion russe. Aussi, LR précise qu'il n'a aucun lien dans la campagne de sa candidate.

Ces dernières heures, plusieurs anciens dirigeants européens, dont les chefs de gouvernement finlandais Esko Aho, italien Matteo Renzi et autrichien Christian Kern, ont démissionné des conseils d'administration des sociétés russes dans lesquels ils siégeaient. Pas François Fillon.


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