Guerre en Ukraine : 23 morts à Vinnytsia, Zaporijjia pourrait passer sous pavillon russe… Le point sur la situation

Julien Moreau avec AFP
Publié le 15 juillet 2022 à 6h55

Source : JT 20h WE

Au 141e jour de la guerre en Ukraine, les secours ukrainiens ont fait état jeudi soir de 23 morts après un bombardement sur la ville de Vinnytsia.
La région de Zaporijjia, elle, pourrait passer sous pavillon russe.
Les faits marquants des 24 dernières heures.

Au 141e jour de la guerre en Ukraine, une attaque russe dans la ville de Vinnytsia a fait 23 morts et plusieurs centaines de blessés alors que 29 personnes sont toujours portées disparues. L’Union européenne, à travers un communiqué de Josep Borell et Janez Lenarcic, a fustigé le "comportement barbare" de la Russie contre les habitants de cette localité du centre du pays. Ces nouvelles frappes sont intervenues précisément au moment où se préparait à La Haye une conférence sur les crimes commis en Ukraine. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a appelé à la création d'un "tribunal spécial" chargé de juger "les crimes de l'agression russe contre l'Ukraine".

Vinnytsia. À Vinnytsia, une ville très éloignée des lignes de front et située dans le centre de l'Ukraine, les images qui ont été publiées par le service ukrainien des Situations d'urgence montrent un immeuble d'une dizaine d'étages ravagé par l'explosion et l'incendie ayant suivi. Les secours ukrainiens ont fait état, jeudi 14 juillet, de 23 morts, 29 disparus, 71 personnes hospitalisées et plus d'une centaine de blessés soignés sur place. Selon l'armée ukrainienne, "trois missiles" ont touché le parking et un immeuble commercial du centre de la ville, abritant des bureaux et de petits commerces.

 Ils ont été tirés depuis des sous-marins en mer Noire, selon le porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Iouri Ignat. "Cette journée démontre une nouvelle fois que la Russie doit être reconnue officiellement comme un État terroriste. (...) Aucun autre pays au monde ne se permet de détruire chaque jour des villes paisibles et des vies humaines ordinaires avec des missiles de croisière et de l'artillerie", a déclaré, dans la soirée du jeudi 14 juillet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, soulignant qu'un centre médical a été détruit.

Zelensky demande un tribunal spécial contre les crimes russes

Comportement barbare.  L'UE a fustigé le "comportement barbare" de la Russie. "Ces atrocités à Vinnytsia sont les dernières d'une longue série d'attaques brutales visant les civils et les infrastructures civiles", ont indiqué dans un communiqué le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell et le commissaire européen à la gestion des crises Janez Lenarcic. "Il ne peut y avoir aucune impunité pour les violations et crimes commis par les forces russes et leurs responsables politiques".

Cour pénale internationale. Ces nouvelles frappes sont intervenues précisément au moment où se préparait, à La Haye (Pays-Bas), une conférence sur les crimes commis en Ukraine organisée par la Cour pénale internationale (CPI), la Commission européenne et les Pays-Bas. Dans une intervention en visioconférence, Volodymyr Zelensky a appelé à la création d'un "tribunal spécial" chargé de juger "les crimes de l'agression russe contre l'Ukraine".

Annexion russe de Zaporijjia

Zaporijjia. La région ukrainienne de Zaporijjia va-t-elle devenir russe ? C'est du moins ce qu'essayent de mettre en œuvre les autorités nommées par Moscou dans ce territoire en partie occupé par l'armée russe. Ce jeudi 14 juillet, ils ont annoncé vouloir organiser dès le début de l'automne un référendum sur une annexion de la zone par la Russie.

"Nous voulons être la région Zaporojski (son nom russe, ndlr) au sein de la fédération de Russie", a dit Evguéni Balitski, chef de l'administration civile et militaire mise en place dans les territoires de cette région contrôlés par les Russes. "J'ai pris la décision de la tenue d'un référendum qui aura lieu au début de l'automne", a-t-il ajouté, lors d'une conférence de presse à Melitopol. C'est la première fois qu'un responsable évoque un calendrier aussi précis pour un tel référendum.

La guerre en Ukraine, un défi pour l'économie mondiale ?

G20. La guerre en Ukraine est le "plus grand défi" pour l'économie mondiale, a estimé, jeudi 14 juillet, la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, avant une réunion du G20 en Indonésie. Les cours du pétrole ont d'ailleurs brièvement dévissé de plus 5% jeudi, retombant à des niveaux plus vus depuis le début de la guerre, emportés par les craintes de récession mondiale dans un contexte d'inflation record aux États-Unis et en zone euro. Le président Emmanuel Macron a, de son côté, averti que le conflit en Ukraine allait "durer" et que les Français devaient se préparer à se passer du gaz russe, dont Moscou se sert comme une "arme de guerre".

Céréales. Ce mercredi 13 juillet, au cours d'une réunion d'experts militaires à Istanbul, la Russie et l'Ukraine ont par ailleurs progressé sur l'épineuse question du blocage des exportations de céréales à partir des ports ukrainiens. Des "progrès réellement substantiels" ont été réalisés, a commenté Antonio Guterres, espérant qu'un "accord formel" puisse être prochainement conclu et évoquant "une lueur d'espoir pour soulager la souffrance humaine et la faim dans le monde". La négociation lancée il y a plus de deux mois vise à exporter, par la mer Noire, quelque 20 millions de tonnes de céréales bloquées dans des silos ukrainiens, en particulier à Odessa, tout en facilitant les exportations russes de grains et d'engrais. 

OSCE. "Camps de filtrations" : un nom qui ne va pas sans rappeler les heures les plus sombres de l'Histoire. Dans un rapport de 115 pages qui a été publié ce jeudi 14 juillet, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) se montre "gravement préoccupée" par le traitement infligé par Moscou aux civils ukrainiens dans des "camps de filtrations". Mais à quoi servent exactement ces camps ? Selon ce document, l'objectif est de déterminer si les Ukrainiens vivant dans les territoires occupés par l'armée russe ont combattu du côté ukrainien ou ont des liens avec le régiment Azov ou les autorités ukrainiennes.

Selon plusieurs témoins, cette procédure "implique des interrogatoires brutaux et des fouilles corporelles humiliantes", écrivent les trois auteurs de ce document, évoquant un développement "alarmant" de ces structures depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, le 24 février 2022. Les Ukrainiens évacués des villes assiégées, comme le port stratégique de Marioupol, ou ceux qui quittent des territoires occupés par les troupes russes, sont obligés de transiter par ces centres.


Julien Moreau avec AFP

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