L'armée russe a lancé une offensive surprise contre la région de Kharkiv vendredi.
Elle est parvenue à faire de petites avancées près de la frontière.
Selon Kiev, il n'y a à ce stade aucune "menace" terrestre contre la ville de Kharkiv, située à une trentaine de kilomètres de la zone de combats.

La région de Kharkiv face à un déluge de feu. La seconde ville d'Ukraine, dans le nord-est du pays, subi depuis le 10 mai une nouvelle offensive russe. Reconnaissant des "succès tactiques" de la part de l'ennemi, Kiev assure que, pour l'heure, aucune "menace" ne pèse sur cette grande cité. Mais pour combien de temps ?

De l'aveu même de l'armée de Kiev, la Russie s'est donné les moyens de ses ambitions. Dans un entretien à l'AFP, le chef de la sécurité nationale ukrainienne, Oleksandr Lytvynenko, a indiqué que "plus de 30.000" soldats russes étaient mobilisés pour cette percée. Cette dernière a commencé à porter ses fruits : selon la chaîne Telegram DeepState, proche de l'armée ukrainienne, les Russes sont parvenus à occuper une bande d'environ 70 km² dans la région de Lyptsi et une autre de 34 km² vers Vovtchansk. Ces deux localités sont respectivement situées à une vingtaine et une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kharkiv.

"Ils font des assauts 'boucherie'"

Pour Oleksandr Lytvynenko, la zone choisie par Moscou ne doit rien au hasard. Cette nouvelle attaque viserait en effet à créer une zone "tampon" le long de la frontière, afin d'empêcher l'armée de Kiev de frapper la région frontalière russe de Belgorod. L'Ukraine a d'ailleurs revendiqué, lundi 13 mai, avoir frappé un terminal pétrolier et une sous-station électrique respectivement dans les régions de Belgorod et de Lipetsk, non loin de la frontière ukrainienne. 

"Ils font des assauts 'boucherie', ils envoient tout leur équipement (...) leurs drones sont très actifs", a affirmé lundi à l'AFP, depuis la localité de Rouski Tychky, un soldat ukrainien membre d'un groupe reprenant des forces après avoir défendu Lyptsi, à 7 km de là. Ce soldat, qui a refusé de donner son nom, faisait référence aux attaques par vagues, très meurtrières, déjà employées auparavant par la Russie.

Un autre militaire de ce groupe a affirmé que des bombes aériennes guidées russes tombaient massivement dans la zone, comme "la pluie en Angleterre". "La situation est sous contrôle, mais c'est très relatif (...) tout pourrait changer d'une minute à l'autre", a-t-il affirmé, également sans donner son nom, en appelant les alliés occidentaux de Kiev à fournir plus d'armements.

Les habitants, eux, subissent de plein fouet cette nouvelle poussée russe. Le gouverneur de la région, Oleg Synegoubov, a affirmé que plus de 30 localités avaient été touchées par des tirs d'artillerie. Il a précisé que 5762 de leurs habitants au total ont été évacués de ces zones depuis le début des combats. Le départ d'environ 1600 autres personnes était prévu pour ce lundi, en dépit d'une "situation assez compliquée", selon lui. Une personne a été tuée et trois autres blessées dans une frappe sur une ferme d'un village à l'ouest de Kharkiv, à une trentaine de kilomètres de la zone des combats, ont par ailleurs annoncé les autorités régionales.

L'offensive russe ne s'arrête pas là. Selon Volodymyr Zelensky, Kiev a aussi constaté des "activités hostiles", à savoir "des groupes de sabotage" et des "frappes", contre les autres régions frontalières de Soumy et de Tcherniguiv, dans le nord de l'Ukraine.


T.G.

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