Le groupe paramilitaire russe Wagner a dit contrôler, mercredi 8 mars, l'est de Bakhmout, épicentre de combats acharnés depuis de longs mois.
Kiev a démenti toute implication dans le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2, alors qu'un "groupe pro-ukrainien" pourrait en être à l'origine.
Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

Wagner dit avoir pris de "toute la partie orientale" de Bakhmout. Le chef du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine, a revendiqué, mercredi 8 mars, une percée majeure à Bakhmout, où se déroule la bataille la plus longue et la plus meurtrière depuis le début de la guerre, le 24 février 2022. "Les unités Wagner ont pris toute la partie orientale de Bakhmout, tout ce qui est à l'est de la rivière Bakhmoutka", a-t-il affirmé, dans un message audio publié par son service de presse.

Moscou maintient son objectif de prendre Bakhmout. "Cette ville est un nœud important (des lignes) de défense des soldats ukrainiens dans le Donbass. Sa prise de contrôle permettra de mener de nouvelles opérations offensives en profondeur contre la défense des forces armées d'Ukraine", a insisté, mardi 7 mars, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, lors d'une réunion de cadres de son ministère, considérant la prise de la ville de l'oblast de Donetsk comme nécessaire.

La Russie aurait "la voie libre" si Bakhmout venait à tomber. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a prévenu que l'armée russe aurait "la voie libre" pour s'emparer de villes dans l'est de l'Ukraine, en cas de prise de la ville symbolique de l'est de l'Ukraine. "Nous comprenons qu'après Bakhmout, ils pourraient aller plus loin. Ils pourraient aller à Kramatorsk, ils pourraient aller à Sloviansk, la voie serait libre pour les Russes (...) vers d'autres villes d'Ukraine. (...) C'est stratégique pour nous", a-t-il insisté dans une interview à CNN, soulignant que ses troupes étaient déterminées à défendre la ville.

Kiev jure de venger l'un de ses soldats

Un "groupe pro-ukrainien" derrière le sabotage des gazoducs Nord Stream ? C'est ce que rapporte le New York Times, sur la base d'informations consultées par le renseignement américain. Les données collectées suggèrent que les auteurs derrière le sabotage des deux gazoducs, le 26 septembre 2022, étaient des "adversaires du président russe Vladimir Poutine", soutient le quotidien américain, qui ne détaille pas ce que seraient ces informations auxquelles le renseignement américain a eu accès, ni l'identité de ce "groupe pro-ukrainien". Il n'y aurait aucune indication cependant que Volodymyr Zelensky ait été impliqué.

Des "traces d'explosif" sur le bateau incriminé. Des médias allemands - l'hebdomadaire die Zeit ainsi que les chaînes publiques ARD et SWR - ont affirmé que l'enquête criminelle avait permis d'identifier le bateau utilisé pour le sabotage. Celui-ci a été loué par une société basée en Pologne "appartenant apparemment à deux Ukrainiens." Toutefois, "la nationalité des auteurs n'est pas claire", a ajouté die Zeit, précisant que de faux passeports ont été utilisés pour louer l'embarcation. Des traces d'explosifs auraient été détectées "sur la table de la cabine" du bateau restitué "non nettoyé" à son propriétaire. "Même si des pistes mènent à l'Ukraine, les enquêteurs ne sont pas encore parvenus à déterminer qui a mandaté" l'opération.

Kiev dément être à l'origine du sabotage de Nord Stream. "Bien que j'aime collecter d'amusantes théories du complot sur le gouvernement ukrainien, je dois dire que l'Ukraine n'a rien à voir avec l'accident de la mer Baltique et n'a aucune information sur des 'groupes de sabotage pro-ukrainiens'", a tweeté Mykhailo Podolyak, conseiller du président Volodymyr Zelensky.

L'Ukraine promet de venger l'exécution présumée de l'un de ses soldats. "La vengeance pour notre héros sera inévitable", a juré l'armée ukrainienne, après la parution d'une vidéo d'exécution de l'un de ses hommes, prisonnier, clame "Gloire à l'Ukraine !" avant d'être tué par une rafale de balles. "Selon les données préliminaires, le défunt est le militaire de la 30e brigade mécanisée Tymofiï Mykolaïovytch Chadoura", a-t-elle fait savoir sur Telegram, précisant que le défunt, âgé de 41 ans et mobilisé en décembre, était porté disparu depuis le 3 février dernier, alors qu'il participait aux combats près de Bakhmout.

Kiev pleure des "saboteurs" tués en Russie. Plusieurs centaines de personnes ont assisté au monastère Saint-Michel, dans le centre de la capitale ukrainienne, aux funérailles de quatre combattants volontaires tués en décembre 2022 dans la région russe de Briansk, durant une mission de "sabotage". Le FSB, les services de sécurité russes, avait annoncé les avoir tués, affirmant qu'ils étaient armés de fusils et d'explosifs. Leurs corps avaient été rendus ce mois-ci. Les cercueils étaient drapés de la bannière du bataillon nationaliste "Bratstvo" ("Fraternité"), créé sur la base d'un parti politique du même nom.

Varsovie continue d'envoyer des chars à Kiev. "La Pologne livrera dès cette semaine à l'Ukraine 10 chars Leopard 2A4", a affirmé le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, avant de s'envoler pour Stockholm où il assistera à la réunion des ministres de la Défense de l'Union européenne. Varsovie avait promis fin janvier d'envoyer 14 chars Leopard 2 au total à Kiev et quatre avaient déjà été livrés le 24 février dernier, au jour du premier anniversaire de l'invasion ordonnée par Moscou. Un pôle de maintenance va aussi voir le jour pour "réparer et assurer l'entretien des chars Leopard livrés à l'Ukraine."

L'UE veut faire le plein d'obus pour l'Ukraine. Les ministres de la Défense de l'Union européenne se réunissent mercredi pour préparer un plan de livraisons de munitions à l'Ukraine, malgré des stocks sous pression, avec un premier volet d'urgence à un milliard d'euros. Kiev, qui en tire des milliers chaque jour, fait face à un manque criant d'obus de 155mm pour ses canons. L'objectif est d'avancer pour une adoption le 20 mars lors d'une réunion des chefs de la diplomatie européenne.

Ursula von der Leyen prône "un soutien inébranlable" à Kiev. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réclamé "un soutien militaire et économique inébranlable" pour l'Ukraine, tout en exhortant à ce que la Russie "paie pour son crime d'agression", après avoir proposé en novembre 2022 d'établir un tribunal spécial pour juger ses exactions. "Nous n'accepterons jamais qu'une puissance militaire aux rêves d'empire fasse passer ses tanks au-delà d'une frontière internationale", a-t-elle ajouté lors d'un discours devant le Parlement du Canada, à Ottawa. Le bloc des 27 de l'UE "n'acceptera jamais cette menace envers la sécurité européenne et envers les fondations même de notre communauté internationale."

L'ONU s'inquiète pour "les générations à venir"

Kiev appelle à garder ouvertes les voies maritimes. L'Ukraine a réclamé des efforts internationaux pour maintenir ouvertes les voies maritimes de la mer Noire, utilisées pour le transport de millions de tonnes de céréales vers l'Afrique. Kiev prévoit d'envoyer prochainement au moins 60 autres navires "aux pays les plus touchés par la famine et la sécheresse en Afrique et en Asie", a annoncé Maksym Subkh, émissaire spécial de l'Ukraine pour le Moyen-Orient et l'Afrique, ajoutant que 2,7 millions de tonnes de céréales avaient été expédiées depuis novembre 2022, au lancement du programme "Grain from Ukraine". Selon lui, les nations les plus pauvres du monde paient "le plus lourd tribut" à l'invasion russe ordonnée par Vladimir Poutine.

Le chef de l'ONU à Kiev pour rencontrer Volodymyr Zelensky. Arrivé en Ukraine, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, va s'entretenir mercredi avec le président Volodymyr Zelensky. Ensemble, ils évoqueront le renouvellement d'un accord international de l'été dernier sur les exportations de céréales ukrainiennes, qui expire le 18 mars prochain, ont indiqué ses deux porte-parole, Stéphane Dujarric et Farhan Haq, "ainsi que d'autres questions pertinentes".

Ukraine : les images d'apocalypse de MarinkaSource : TF1 Info

La guerre en Ukraine va se ressentir sur "des générations". "La guerre en Ukraine a mené à des victimes civiles et des destructions d'une ampleur choquante", a déploré le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, depuis Genève. "Les droits des Ukrainiens vont être atteints pour des générations à venir, et l'impact de la guerre sur les prix des combustibles et de la nourriture, tout comme les tensions géopolitiques, pénalisent la population de toutes les régions du monde", a-t-il insisté. "Le fait que de tels dégâts puissent être causées une fois de plus de par le monde par une guerre en Europe est une trahison des promesses de changement" faites au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Condamné à la prison pour "fausses informations" sur l'armée. Un tribunal de Moscou a condamné un jeune homme de 23 ans à huit ans et demi de prison pour avoir publié sur Telegram des informations sur l'armée russe jugées "fausses". Étudiant à la faculté de mathématique et d'informatique à l'université Lomonossov de Moscou (MGU), Dmitri Ivanov a été reconnu coupable d'avoir diffusé "de fausses informations sur l'armée russe pour des motifs de haine politique", a annoncé l'agence officielle Tass en citant l'instance judiciaire. Cette infraction, introduite après le début de l'offensive russe, a déjà été utilisée à plusieurs reprises pour condamner à de lourdes peines de prison des personnes ayant critiqué publiquement le conflit.

Une "guerre" contre le journalisme. Le Conseil de l'Europe a dénoncé la "guerre" menée contre le journalisme "dans certaines parties de l'Europe", notamment en Ukraine, où "au moins 12 journalistes et professionnels des médias" ont été tués alors qu'ils couvraient le conflit et "21 autres ont été blessés". Cette "guerre d'agression" lancée par la Russie "s'est déroulée dans un contexte de détérioration continue de la liberté de la presse en Europe, marquée par une augmentation importante du nombre de journalistes en détention", indique la Plateforme pour la sécurité des journalistes, établie en 2015 avec une quinze d'organisations internationales, dans son rapport intitulé "La guerre en Europe et le combat pour le droit d'informer".


Y.R. avec AFP

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