Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

Guerre en Ukraine : chantage au gaz russe, couloir humanitaire à Marioupol... Le point sur la situation

Julien Vattaire
Publié le 1 avril 2022 à 7h29
Guerre en Ukraine : chantage au gaz russe, couloir humanitaire à Marioupol... Le point sur la situation

Source : ARIS MESSINIS / AFP

Berlin et Paris se "préparent" à un arrêt éventuel des livraisons de gaz russe.
Les faits marquants de ces 24 dernières heures.

Alors que les forces russes ont commencé à se retirer du site nucléaire de Tchernobyl, dont elles avaient pris le contrôle dès le premier jour de l'invasion de l'Ukraine le 24 février, les tensions sont montées d'un cran entre l'Occident et la Russie au sujet du gaz russe. Dès le 1er avril, les acheteurs de gaz russe de pays "inamicaux" devront avoir des comptes en roubles, faute de quoi la Russie ne les livrera pas, a annoncé jeudi le président Vladimir Poutine. Dans la foulée, l'Allemagne et la France ont indiqué qu'ils se "préparent" à un potentiel arrêt des importations de gaz russe. Et pour cause, les Européens refusent le paiement en roubles exigé par Moscou. 

Popularité de Poutine. 83% de personnes interrogées approuvent l'action de Vladimir Poutine. Ce chiffre provient d'une enquête publiée jeudi par l'institut russe indépendant Levada. Ainsi, la popularité du président russe bondit de douze points par rapport à février. 

Sur le terrain

Tchernobyl libérée. L'agence d'État ukrainienne pour la gestion de la zone de la centrale a annoncé le départ des troupes russes de la centrale de Tchernobyl. Au moment de partir, les Russes se seraient livrés au "pillage de locaux, vol des équipements et d'autres objets précieux", a accusé l'agence. Par ailleurs, dans la soirée, sur Telegram, l'agence d'État ukrainienne Energoatom a indiqué que "les occupants russes ont pris avec eux des membres de la Garde Nationale qu'ils retenaient en otages depuis le 24 février", selon des employés. 

Convois humanitaires. Une personne a été tuée dans des tirs sur un convoi de cinq bus amenant des volontaires vers la ville assiégée de Tcherniguiv, ont annoncé jeudi les autorités ukrainiennes. Quatre blessés graves ont également été dénombrés. Du côté de Marioupol, la Russie a affirmé qu'un couloir humanitaire permettant l'évacuation de civils serait ouvert vendredi. Cette mesure est prise à la suite d'"une requête personnelle du président français (Emmanuel Macron) et du chancelier allemand (Olaf Scholz) auprès du président russe Vladimir Poutine", a ajouté le ministère russe de la Défense dans un communiqué. Plus tôt dans la journée, le Comité international de la Croix Rouge s'est dit prêt "à diriger" ces opérations d'évacuation à condition d'avoir les garanties nécessaires.

Retrait russe en Ukraine. Les forces russes "ne se retirent pas mais se repositionnent" en Ukraine, a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, jugeant que Moscou entendait renforcer son offensive sur la région du Donbass, dans l'est, tout en maintenant "la pression sur Kiev et d'autres villes". "(L'ennemi) se regroupe pour attaquer et mettre le maximum de forces" dans le sud et l'est de l'Ukraine, a déclaré à l'AFP le général ukrainien Pavlo "Maestro" à Kharkiv. De son côté, le président américain Joe Biden s'est aussi dit "sceptique" face aux annonces de Moscou d'un retrait partiel de ses troupes.

Du côté de la diplomatie

Gaz russe. L'Allemagne et la France ont affirmé jeudi qu'il fallait se préparer à un potentiel arrêt des importations de gaz russe dans les semaines à venir. "Il peut y avoir une situation dans laquelle demain [...] il n'y aura plus de gaz russe", et "c'est à nous de préparer ces scénarios-là, et nous les préparons", a déclaré Bruno Le Maire, le ministre français de l'Économie et des Finances lors d'une conférence de presse avec le ministre allemand de l'Économie, Robert Habeck. En parallèle, Paris et Berlin ont renouvelé leur hostilité à un potentiel paiement de ces livraisons en roubles, ce que réclame Vladimir Poutine.

Sanctions. La Russie a annoncé interdire l'entrée sur son territoire aux dirigeants européens et à la majorité des eurodéputés, à la suite des mesures punitives visant Moscou pour son intervention militaire en Ukraine. "Les restrictions s'appliquent aux plus hauts dirigeants de l'Union européenne, y compris un certain nombre de commissaires européens et de chefs d'organes militaires européens, ainsi qu'à la vaste majorité des députés du Parlement européen, qui font la promotion de politiques antirusses", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

De nouveaux pourparlers ? La Turquie pourrait accueillir une nouvelle rencontre entre les ministères des Affaires étrangères russe et ukrainien "d'ici à une ou deux semaines" selon le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu. Mercredi, le négociateur en chef ukrainien, David Arakhamia, avait indiqué que des pourparlers en ligne avec la délégation russe reprendraient ce vendredi. 

Poutine isolé ? Selon les services de renseignements américains et britanniques, le président russe serait "mal informé" sur le conflit. Et pour cause, Vladimir Poutine serait en froid avec son état-major et entouré de conseillers craignant de lui dire la vérité. Jeudi, Joe Biden a indiqué que son homologue russe "semblait s'isoler" et a dit avoir "des indications selon lesquelles (le président russe) a limogé ou placé en résidence surveillée certains de ses conseillers", tout en disant ne pas avoir de "preuves irréfutables". Des accusations aussitôt démenties par le Kremlin. 


Julien Vattaire