Des "wargames", cette mise en situation d'un conflit réalisée sous la forme de jeu, ont été organisés par le Pentagone, selon le "New York Times".
Ils auraient eu lieu sur une base américaine en Allemagne, la semaine dernière.
Plusieurs officiers ukrainiens étaient présents.

Des simulations "sur table". C'est ce que l'armée américaine aurait organisé la semaine dernière, selon le New York Times, pour préparer une éventuelle contre-offensive des forces de Kiev. Si le recours à des soldats en plastique et à des chars miniatures peut surprendre, il est pourtant un incontournable au sein des états-majors. 

Le "wargame" orchestré par les États-Unis a eu lieu sur la base de Wiesbaden, en Allemagne. C'est là, au sein du quartier général des forces américaines pour l’Europe et l’Afrique, que des dizaines de membres de l’état-major ukrainien se sont réunis avec leurs alliés. Objectif : affiner leur stratégie pour les semaines à venir. "Ce que nous faisons, c’est fournir (…) les mécanismes nécessaires pour mener un exercice de prise de décision, a détaillé au quotidien le général Mark Milley, chef d’état-major des armées des États-Unis. Les Ukrainiens déplacent les choses sur des cartes pour déterminer quelle est leur meilleure ligne de conduite, les avantages et les inconvénients (…). C’est une chose courante que tous les militaires font."

"S'autoriser l'échec pour en tirer des leçons"

La pratique est en effet devenue la norme au sein des armées. Le "Kriegsspiel" (jeu de guerre, en allemand) a été développé dès le XIXe siècle par l'armée de Prusse pour former ses officiers aux tactiques de combat. Et depuis, la totalité ou presque des états-majors mondiaux y ont eu recours. Avec la perspective d'un possible retour des conflits majeurs entre grandes nations, le jeu de guerre "est vraiment revenu sur le devant de la scène depuis cinq à dix ans, et spécialement dans l'armée de Terre, ça fait deux-trois ans qu'on travaille intensément dessus", avait expliqué en novembre dernier le colonel Sébastien Chênebeau, lors d'une rencontre internationale de jeu de guerre organisée par l'École de guerre-Terre.

Environ 40 heures par an de "wargame" ont été introduites en 2022 dans le cursus des stagiaires de l'institution. "Le but c'est de se préparer à un conflit sans avoir à déployer toutes les troupes sur le terrain. C'est gagner du temps, de l'argent, s'autoriser l'échec pour pouvoir en tirer des leçons et pouvoir s'améliorer. Ça a l'avantage d'être un mode de préparation des opérations qui est à très bas coût avec un excellent rendement", selon le colonel Chênebeau.

Dans le cas du conflit ukrainien, la session orchestrée en ce début mars coïncide avec l'éventualité d'une contre-offensive ukrainienne, qui pourrait avoir lieu à la faveur du printemps. "Personne n’est assis à dire aux Ukrainiens, allez à gauche ou à droite, ou faites ceci ou cela. Ce n’est pas le travail de la communauté internationale, a précisé selon le New York Times le général Mark Milley. Tout ce que nous faisons, c’est mettre en place le cadre et les mécanismes pour permettre aux Ukrainiens d’apprendre par eux-mêmes face à une situation ou à divers scénarios."


T.G.

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