Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Joe Biden compte menacer Xi Jinping de représailles si la Chine soutient l'offensive russe

M.L
Publié le 17 mars 2022 à 20h58
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Source : Sujet JT LCI

Le président des États-Unis doit s'entretenir vendredi par téléphone avec son homologue chinois.
Selon le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, Joe Biden mettra en garde le dirigeant chinois sur le risque de "coûts" s'il décide d'envoyer de l'aide militaire à la Russie.

Le ton monte entre Washington et Pékin, sur fond d'invasion russe en Ukraine : le président des États-Unis, Joe Biden, va menacer de représailles, vendredi, son homologue chinois, Xi Jinping, si la Chine venait à "soutenir l'agression russe" contre l'Ukraine, notamment par l'envoi d'aide militaire à Moscou, a déclaré, jeudi 17 mars, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken. Joe Biden a en effet prévu de s'entretenir par téléphone, vendredi, avec son homologue chinois, notamment au sujet de l'invasion russe, a annoncé jeudi la Maison Blanche.

"Nous sommes préoccupés par le fait qu'ils envisagent d'assister directement la Russie avec de l'équipement militaire qui serait utilisé en Ukraine. Le président Biden va parler au président Xi demain, et lui dira clairement que la Chine portera une responsabilité pour tout acte visant à soutenir l'agression russe, et que nous n'hésiterons pas à lui imposer des coûts", a affirmé Antony Blinken devant la presse.

Un "alignement de la Chine avec la Russie" qui inquiète Washington

Le secrétaire d'État américain a répété que la Chine avait la "responsabilité de faire usage de son influence auprès du président Poutine et de défendre les règles et principes internationaux qu'elle dit soutenir". "Mais au contraire, il semble que la Chine aille dans la direction opposée en refusant de condamner cette agression, tout en tentant de se présenter comme un arbitre neutre", a-t-il déploré.

Depuis le début de l'invasion russe, le 24 février, le régime communiste chinois, privilégiant sa relation avec Moscou et partageant avec la Russie une profonde hostilité envers les États-Unis, s'est abstenu d'appeler le président russe, Vladimir Poutine, à retirer ses troupes d'Ukraine. Des informations ont circulé dans la presse américaine selon lesquelles Moscou aurait demandé à Pékin de lui fournir son aide, économique et militaire, pour mener l'invasion de l'Ukraine. Le département d'État américain avait dit suivre de "très près dans quelle mesure la Chine ou tout autre pays fournit une assistance à la Russie, que ce soit une assistance matérielle, économique ou financière".

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Face à ces inquiétudes, l'entretien téléphonique de vendredi aura pour but de "garder les canaux de communication ouverts entre les États-Unis et la République populaire de Chine", a affirmé dans un communiqué la porte-parole de l'exécutif américain, Jen Psaki. Washington récemment jugé "profondément préoccupante" la position "d'alignement de la Chine avec la Russie" face à la guerre en Ukraine, après une rencontre à Rome entre le conseiller à la sécurité nationale américain, Jake Sullivan, et Yang Jiechi, plus haut responsable de la diplomatie du Parti communiste chinois. Une rencontre de sept heures, qualifiée d'"intense" et de "très franche" par une haute responsable de la Maison Blanche.

Par ailleurs, Anthony Blinken a accusé Moscou de "crimes de guerre" en Ukraine. "Cibler intentionnellement des civils est un crime de guerre", a-t-il tancé, tout en précisant que le processus juridique pour parvenir à une telle accusation formelle était toujours en cours. Il par ailleurs estimé que le Kremlin ne faisait pas "d'effort significatif pour mettre fin par la diplomatie à la guerre" à la table des négociations avec l'Ukraine, engagées depuis plusieurs jours déjà. 


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