Kiev vise une victoire "inévitable", le "plan de paix" de la Chine... le point sur la situation en Ukraine

par Y.R. avec AFP
Publié le 25 février 2023 à 8h51

Source : JT 20h WE

Le 24 février 2022, après des mois de tensions, la Russie envahissait l'Ukraine, sur l'ordre de Vladimir Poutine, dans le fracas des missiles.
Au 365e jour de guerre, Kiev est toujours debout.
Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

"Tout pour remporter la victoire cette année", promet Volodymyr Zelensky. "Nous avons enduré. Nous n'avons pas été vaincus. Et nous ferons tout pour remporter la victoire cette année", a lancé, vendredi 24 février, le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une adresse solennelle à la Nation, diffusée sur les réseaux sociaux, à l'occasion du premier anniversaire du lancement de l'invasion russe de l'Ukraine, ordonnée par Vladimir Poutine, le 24 février 2022. "Nous sommes forts. Nous sommes prêts à tout. Nous vaincrons tout le monde. Parce que nous sommes l'Ukraine ! L'Ukraine a surpris le monde. L'Ukraine a inspiré le monde. L'Ukraine a uni le monde. Il y a des milliers de mots pour le prouver, mais quelques-uns suffiront."

L'Ukraine juge sa "victoire inévitable" si... "Si les partenaires tiennent parole et respectent les délais, une victoire inévitable nous attend", a affirmé Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse, tandis que les premiers chars occidentaux ont été livrés. "Si le général (et chef d'état-major américain Mark) Milley souhaite qu'on repousse l'ennemi plus vite, il doit accélérer les livraisons d'armes", a-t-il ajouté, assis dans un fauteuil, drapeau et armoiries de l'Ukraine derrière lui. 

Kiev "travaille dur" sur une contre-offensive. Au jour du premier anniversaire de la guerre, qui détruit ses infrastructures et tue son peuple, l'Ukraine a annoncé préparer une contre-offensive contre l'armée russe. "Nous frapperons plus fort et à de plus grandes distances, dans les airs, sur terre, en mer et dans le cyberespace. Il y aura notre contre-offensive. Nous travaillons dur pour la préparer", a affirmé sur Facebook le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov.

Moscou "atteindra la victoire", assure Dmitri Medvedev. Le numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev a juré la "victoire", assurant que son pays était prêt à aller jusqu'aux frontières de la Pologne. "Nous atteindrons la victoire. Nous voulons tous que cela se produise le plus vite possible. Et ce jour viendra", a écrit sur Telegram l'ex-président. Il faut "repousser les frontières des menaces contre notre pays le plus loin possible, même s'il s'agit des frontières de la Pologne" voisine.

Front commun avec l'Ukraine

Emmanuel Macron appelle à "la victoire" de l'Ukraine... Après un an de guerre menée par la Russie, le président français Emmanuel Macron a adressé un message de "solidarité" aux Ukrainiens, appelant de ses vœux leur "victoire" et la "paix". "Ukrainiennes, Ukrainiens, la France se tient à vos côtés. À la solidarité, à la victoire et à la paix", a-t-il lancé sur Twitter dans un message diffusé également en ukrainien et en anglais. Invité à se rendre sur place, le chef de l'État n'a "malheureusement pas pu venir", a indiqué l'ambassadeur d'Ukraine en France, Vadym Omelchenko, espérant une visite "éventuellement en mars".

... et veut forcer la main à la Russie. Lors d'un appel avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d'"accroître la pression et l'isolement" de Moscou pour qu'elle "renonce" à son "agression". "À cet égard, le chef de l'État a souligné l'enjeu de lutter contre tout contournement des sanctions mises en place", a ajouté l'Élysée. Il a aussi estimé que "la priorité devait aller à l'intensification du soutien à l'Ukraine pour lui permettre de l'emporter."

L'Otan se dit "résolue à aider l'Ukraine". "Nous intensifions encore le soutien politique et pratique que nous apportons" à Kiev "et nous continuerons de la soutenir aussi longtemps qu'il le faudra pour qu'elle l'emporte", a fait savoir l'Alliance, "résolue à (l')aider" face à la Russie, qui "n'est pas parvenue à briser la détermination du peuple ukrainien" en un an de guerre. Pour l'Otan, Moscou doit mettre fin "immédiatement" à sa "guerre illégale" et elle devra répondre de ses "crimes de guerre". "La Russie porte l'entière responsabilité de cette guerre, violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies", a-t-elle ajouté, estimant qu'à "aucun moment" cette dernière a montré "être prête à travailler à une paix juste et durable."

Le plan de paix "douteux" de Pékin

Pékin rejette le recours à l'arme nucléaire. La Chine a appelé la Russie et l'Ukraine à tenir des pourparlers de paix, dans un document en 12 points, intitulé "Position de la Chine sur le règlement politique de la crise ukrainienne". "Toutes les parties doivent soutenir la Russie et l'Ukraine pour travailler dans la même direction et reprendre le dialogue direct aussi vite que possible" en vue d'une "solution pacifique", a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères. "L'arme nucléaire ne doit pas être utilisée et il ne faut pas se livrer à une guerre nucléaire", peut-on lire dans ce document, qui exhorte les deux pays à "se conformer strictement au droit humanitaire international, à éviter d'attaquer des civils ou des bâtiments civils".

Moscou "apprécie" les efforts chinois. La Russie a dit "apprécier" les efforts chinois pour mettre fin au conflit en Ukraine, tout en insistant sur la nécessité de reconnaître l'annexion russe de quatre régions ukrainiennes. "Nous partageons les considérations de Pékin", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, tout en estimant que Kiev devait "reconnaître les nouvelles réalités territoriales", alors que les propositions de Pékin incluent le respect de "l'intégrité territoriale" de l'Ukraine.

L'ONU salue le plan de la Chine... Le document publié par Pékin sur le conflit en Ukraine est une "importante contribution", a estimé le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric. "Je pense que l'appel sur la nécessité d'éviter l'utilisation des armes nucléaires est particulièrement importante", a-t-il déclaré à la presse, soulignant la "responsabilité collective" de parvenir à "une paix juste" comme demandée par l'écrasante majorité de l'Assemblée générale de l'ONU.

... mais les Occidentaux sont sceptiques. La Chine "n'a pas beaucoup de crédibilité" concernant l'Ukraine, a jugé le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, exprimant ses doutes sur les "propositions" de Pékin. Un avis partagé par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. "Ce n'est pas un plan de paix, c'est une position où la Chine réaffirme les positions exprimées depuis le début", a-t-il regretté. "Je ne veux pas le rejeter (...) mais pour être un plan, il devrait être rendu opérationnel. Un plan de paix n'est pas une liste de considérations, c'est quelque chose que l'on peut appliquer" et qui dit "comment l'appliquer".

Volodymyr Zelensky prévoit une rencontre avec Xi Jinping. Après les propositions de Pékin, en vue d'un règlement du conflit ukraino-russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé "avoir l'intention de rencontrer" son homologue chinois Xi Jinping, proche partenaire de Vladimir Poutine. "Ce sera important pour la sécurité mondiale. La Chine respecte l'intégrité territoriale et doit tout faire pour que la Russie quitte le territoire de l'Ukraine", a-t-il annoncé. Il a dit espérer qu'elle ne fournira pas d'armes à la Russie, comme l'en accuse les États-Unis, ce que Pékin a démenti. "Pour moi c'est très important, c'est le point numéro un. Je veux croire que la Chine sera du côté d'un monde juste, c'est-à-dire de notre côté".

Manifestations de soutiens à l'Ukraine

Des rassemblements pro-Ukraine contre la guerre. Des milliers de manifestants ont défilé à travers l'Europe pour protester contre l'invasion du territoire ukrainien par la Russie. Du Royaume-Uni aux pays baltes, des dirigeants de toute l'Europe ont participé à des cérémonies, soulignant leur soutien indéfectible au régime de Kiev et rendant hommage aux dizaines de milliers de victimes du conflit. En France, des manifestations aux couleurs de l'Ukraine, le jaune et le bleu, se sont déroulées à Paris, à Marseille, à Toulouse ou encore à Lille. Ces rassemblements vont se poursuivre tout au long du week-end.

Un an après le début de la guerre en Ukraine, la Tour Eiffel affiche les couleurs du drapeau ukrainienSource : TF1 Info

Un nouveau train de sanctions adopté par l'UE. L'Union européenne a approuvé de nouvelles sanctions destinées à frapper l'économie de la Russie et des entreprises iraniennes accusées de soutenir son invasion de l'Ukraine. "Un an s'est écoulé depuis l'invasion brutale et illégale de l'Ukraine par la Russie", a annoncé la présidence suédoise. "Aujourd'hui, l'UE a approuvé un 10e train de sanctions qui comprend notamment des restrictions plus strictes en matière d'exportation de technologies et de biens à double usage, des mesures restrictives ciblées contre les personnes et les entités qui soutiennent la guerre, diffusent de la propagande ou livrent des drones utilisés par la Russie dans la guerre et des mesures contre la désinformation russe."

Washington ne desserre pas l'étau sur Moscou. La Maison Blanche a annoncé un renforcement des sanctions destinées à frapper durement l'économie de la Russie et à réduire son accès à des technologies sensibles comme les semi-conducteurs. Les sanctions, qui ciblent des secteurs comme les banques et l'industrie de la défense, toucheront "plus de 200 personnes et entités, y compris des acteurs russes et des pays tiers à travers l'Europe, l'Asie et le Moyen-Orient qui soutiennent l'effort de guerre de la Russie". Une série de mesures visent aussi la capacité de Moscou à contourner les sanctions précédentes. 

Le G7 menace de "coûts sévères" les pays qui aident la Russie. "Nous demandons aux pays tiers ou aux autres acteurs internationaux qui cherchent à contourner ou à affaiblir nos mesures de cesser leur aide matérielle à la guerre menée par la Russie, sous peine de s'exposer à des coûts sévères", ont mis en garde les dirigeants du G7, à l'issue d'une réunion virtuelle.

Sur le front, Wagner revendique la prise d'une localité clé. Evguéni Prigojine, le patron du groupe paramilitaire russe, a affirmé que ses troupes avaient pris la localité de Berkhivka, au nord de Bakhmout, que Moscou cherche à conquérir depuis plusieurs mois. Ce village, appelé Berkhovka en russe, "est entièrement sous notre contrôle. Les unités de Wagner contrôlent l'intégralité de Berkhovka", a-t-il annoncé dans un bref communiqué publié par son service de presse. Cette affirmation du chef de la milice, créée par Dmitri Outkine, un ex-agent du renseignement russe, n'a pas pu être vérifiée de source indépendante. 


Y.R. avec AFP

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