La Russie a rapporté une incursion sur son territoire de la part d'un groupe de "sabotage", estimant l'Ukraine responsable.
Une version que Kiev a démentie.
La faute est plutôt attribuée à des volontaires russes, parmi lesquels le RDK, ou "Corps des volontaires russes".

Des soldats russes qui combattent aux côtés de l'Ukraine ? La Russie a reconnu ce lundi 22 mai combattre sur son sol un groupe de "sabotage" venu d'Ukraine. Tandis que la présidence ukrainienne a assuré que l'Ukraine n'avait "rien à voir" avec cette incursion près de Belgorod, une ville russe à la frontière ukrainienne, le porte-parole du renseignement militaire ukrainien, Andriy Yusov, a attribué la responsabilité à des groupes de volontaires russes.

Des Russes d'extrême droite et combattant côté ukrainien

"Nous pouvons confirmer que cette opération a été menée par des citoyens russes", a-t-il déclaré à CNN, tandis que sur Telegram, la légion "Liberté de la Russie" et le RDK, ou "Corps des volontaires russes", ont revendiqué cette attaque. Dans un post publié sur le réseau social, les groupes ont annoncé qu'ils avaient "complètement libéré le village de Kozinka, dans la région de Belgorod".

Mais qui sont ces Russes qui combattent du côté des Ukrainiens ? La RTBF définit le RDK comme une unité de volontaires, composée de militants d'extrême droite venus de Russie et combattant du côté ukrainien. Le média russe indépendant The Moscow Times rapporte que le groupe a été créé à l'été 2022 par Denis Kasputin, aussi nommé Denis Nikitin ou par son nom de guerre "White Rex", qui est également le nom de la marque de vêtements de sports nazie qu'il a créée. 

Le projet de recherche "Antifascist Europe" présente ce hooligan venu du football et adepte de MMA comme un néo-nazi et suprémaciste blanc. Dans différentes interviews, il rejette ces termes pour se définir plutôt comme un nationaliste combattant pour une Russie appartenant à des individus "ethniquement russes".

Une attaque en mars revendiquée par le RDK

Une idéologie qui se retrouve dans le manifeste du RDK, qui assure vouloir renverser Vladimir Poutine, d'où son combat aux côtés des soldats ukrainiens, afin de créer un état ethnique russe. Le groupe arbore les symboles de l'Armée de libération russe, qui a combattu sous le commandement nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Selon un membre des RDK, un certain Alexander, alias "Fortune", 40 ans et interviewé par l'AFP, ce corps fonctionnerait comme une unité indépendante hors d'Ukraine, mais "directement subordonnée" sur le front au ministère ukrainien de la Défense. 

Ce groupe de volontaires s'est fait notamment connaître en revendiquant une attaque en mars, dans la région russe de Briansk, à la frontière avec l'Ukraine. Les autorités russes avaient de leur côté indiqué que deux civils avaient été tués et un enfant de 11 ans blessé par des "saboteurs" ayant ouvert le feu sur une voiture dans un village. Kiev avait démenti toute implication.

L'autre légion mise en cause dans l'attaque près de Belgorod est dénommée "Liberté de la Russie" et serait aussi composée de combattants russes. Son emblème est un poing fermé surmonté des mots "Liberté" et "Russie". Ce groupe ferait partie du corps des volontaires internationaux au sein de l'armée ukrainienne, qui compterait des milliers de personnes, venues de différents pays pour combattre les forces russes aux côtés des Ukrainiens.


Aurélie LOEK

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