Moscou durcit les sanctions contre les déserteurs, son chef de la logistique remplacé... Le point sur la situation en Ukraine

M.L (avec AFP)
Publié le 25 septembre 2022 à 8h33

Source : JT 20h WE

En pleine mobilisation de ses réservistes, la Russie a renforcé les peines contre les déserteurs et arrêté plus de 700 opposants.
Fragilisées par des difficultés en matière d'organisation, les forces russes ont par ailleurs remplacé leur chef de la logistique.
Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

Alors que ce samedi 24 septembre marquait les sept de mois de guerre, jour pour jour, en Ukraine, le Kremlin poursuit sa "mobilisation partielle" engagée depuis mercredi et durcit les sanctions pour dissuader les déserteurs. Ce qui n'empêche pas de nombreux Russes de se presser aux frontières du pays. Tandis que le Kremlin a arrêté des centaines de manifestants, sur le terrain, il a démis son chef de la logistique militaire tout en poursuivant des "référendums" dans l'est et le sud de l'Ukraine, malgré des condamnations et des mises en garde occidentales. À la tribune de l'ONU, le chef de la diplomatie russe s'en est d'ailleurs pris aux alliés de Kiev, tandis que Pékin a appelé à l'apaisement. Le point sur la situation. 

La mobilisation russe se poursuit, Moscou serre la vis

Moscou durcit les peines contre les déserteurs. En pleine mobilisation de ses réservistes pour aller combattre en Ukraine, le Kremlin a durci samedi les peines encourues par les déserteurs. Le président russe Vladimir Poutine a signé des amendements prévoyant jusqu'à 10 ans de prison pour les militaires qui désertent ou refusent de combattre. Il a également signé une loi qui facilite l'accès à la nationalité russe pour les étrangers qui s'engagent pour une durée d'au moins un an dans l'armée, au moment où Moscou cherche par tous les moyens à recruter plus d'hommes pour combattre en Ukraine.

Plus de 700 manifestants russes arrêtés. Malgré ces sanctions renforcées, les opposants à cette "mobilisation partielle" ont tout de même manifesté samedi dans tout le pays, où au moins 710 personnes ont été interpellées dans 32 villes, dont près de la moitié à Moscou, selon OVD-Info, une organisation spécialisée dans le décompte des arrestations. Mercredi, le jour de l'annonce de la mobilisation par Vladimir Poutine, près de 1400 manifestants avaient déjà été arrêtés. 

Afflux "important" de voitures russes à la frontière avec la Géorgie. Moscou a reconnu samedi un afflux "important" de voitures cherchant à se rendre en Géorgie, avec quelque 2300 véhicules comptabilisés à un seul poste-frontière. De nombreux Russes se sont aussi pressés aux frontières avec le Kazakhstan et la Mongolie, des témoignages faisant état de parfois plusieurs heures d'attente avant de pouvoir passer. Jeudi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait estimé pourtant que les informations faisant état d'un "exode" des Russes étaient "grandement exagérées".

Kiev appelle les mobilisés russes à se rendre. "Le pouvoir russe comprend parfaitement bien qu'il envoie ses citoyens à la mort", a affirmé samedi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky, s'adressant directement aux citoyens russes dans leur langue, avant d'appeler les forces de Moscou à se rendre. "Vous serez traités de manière civilisée... personne ne connaîtra les circonstances de votre reddition", a-t-il lancé.

Moscou remplace son chef de la logistique

Le chef de la logistique militaire russe remplacé en pleine mobilisation. La Russie a annoncé samedi le remplacement de son plus haut gradé chargé de la logistique, à l'aube d'une vaste campagne de mobilisation et alors que l'offensive en Ukraine a montré des difficultés en matière d'organisation. Selon les analystes, ces carences sont l'une des raisons expliquant les complications rencontrées par les troupes russes dès le début de l'offensive. Le général Dmitri Boulgakov, vice-ministre de la Défense, a été transféré à un "autre poste" et remplacé par le colonel général Mikhaïl Mizintsev, qui dirigeait jusque-là le Centre de contrôle de la défense nationale. 

Les "référendums" d'annexion se poursuivent. La Russie a d'autre part poursuivi samedi ses "référendums" d'annexion, lancés la veille dans quatre régions d'Ukraine sous son contrôle total ou partiel, dans l'est et le sud du pays. Selon l'armée ukrainienne samedi matin, en raison d'une faible participation, des membres des "bureaux de vote" se rendent, accompagnés de militaires russes, au domicile des habitants pour qu’ils "votent" de chez eux.

La guerre au cœur des discours à l'ONU

Moscou accuse l'Occident d'une "russophobie grotesque". Lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU, samedi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est livré à une attaque en règle contre l'Occident, dont tous les dirigeants ont critiqué dans les termes les plus forts l'invasion de l'Ukraine par la Russie à la même tribune. "La russophobie officielle en Occident est sans précédent, son ampleur est grotesque", a-t-il lancé. "Ils n'hésitent pas à déclarer leur intention non seulement d'infliger une défaite militaire à notre pays, mais aussi de détruire la Russie", a-t-il ajouté, s'en prenant plus directement aux États-Unis qui "essaient de faire de l'ensemble du monde leur arrière-cour".

La Chine plaide pour une "résolution pacifique" du conflit. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé samedi l'Ukraine et la Russie à ne pas laisser la guerre "déborder" et souhaité une "résolution pacifique", lors de son discours à la même tribune. "La priorité est de faciliter des négociations de paix", a-t-il insisté, appelant à des discussions "justes et pragmatiques". Officiellement neutre, parfois accusée par les Occidentaux d'être trop conciliante avec la Russie, la Chine a affiché une ligne semble-t-il différente cette semaine à l'ONU. Le ministre chinois a d'ailleurs rencontré à New York son homologue ukrainien Dmytro Kouleba, l'assurant que Pékin appelait à respecter "l'intégrité territoriale de tous les pays".


M.L (avec AFP)

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