Guerre en Ukraine : pourquoi l'ONU craint-elle "un accident nucléaire" à Zaporijia ?

par T.A.
Publié le 16 avril 2024 à 12h19

Source : TF1 Info

Le directeur de l'AIEA, l'agence onusienne chargée de la sécurité nucléaire, a indiqué lundi que la centrale de Zaporijia, en Ukraine, se rapprochait "dangereusement d'un accident nucléaire".
En cause ? Plusieurs attaques de drones récentes sur le site du sud-est du pays.
La centrale de Zaporijia est à l'arrêt depuis septembre 2022.

La sécurité autour de la centrale de Zaporijia inquiète. Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré lundi que le site nucléaire situé au sud-est de l'Ukraine s'approchait "dangereusement d'un accident nucléaire". En cause ? Plusieurs frappes de drones au début du mois d'avril autour des installations nucléaires, occupées par la Russie depuis mars 2022. 

Dans une vidéo diffusée par les forces de Moscou, une dirigeante russe montre les dégâts réalisés par ces tirs. Selon cette source, un véhicule livrant des repas pour le personnel de la centrale, toujours présent à Zaporijia pour assurer la sécurité du lieu, a été touché par un drone. Mais, surtout, le toit du réacteur numéro 6 aurait aussi été endommagé par ces bombardements, même s'il a résisté au choc. Si le Kremlin pointe l'Ukraine comme le responsable de ces attaques "provocatrices", Kiev, assure, elle, que la Russie en est à l'origine.

Des frappes "complètement inconcevables"

Dans les faits, il est pourtant "impossible" de déterminer le camp qui a déclenché ces frappes de drones, selon l'AIEA. En effet, la trajectoire des engins en cause n'est pas forcément linéaire, rendant la détection de leur site de lancement difficile à identifier. "Les preuves scientifiques ne sont pas là pour nous permettre de dire de façon indiscutable que cela vient de là ou de là", expose ainsi Rafael Grossi. Cet incident touchant directement la centrale de Zaporijia est en tout cas le premier depuis 2022, année durant laquelle ses six réacteurs nucléaires ont été placés à l'arrêt.

Ces nouvelles frappes représentent donc un dangereux "précédent" qui ne doit pas se répéter. Certes, l'intérieur de la centrale n'a pas été touché, mais une nouvelle attaque risquerait de mettre à mal la sécurité nucléaire de la région. "Pour le moment, c'est une attaque minime, car les enceintes sont très résistantes, soulignait sur TV5 Monde le 8 avril Emmanuelle Galichet, chercheuse en physique nucléaire au CNAM. Mais il ne faut pas en prendre l'habitude. C'est complètement inconcevable de la part de tous les belligérants de réaliser ce type d'attaques. On ne touche pas aux outils industriels, quels qu'ils soient."

Sur place, cela fait plusieurs mois que les ouvriers, restés sur place malgré la présence russe, craignent un accident. "Je me sens assez anxieux, car je sais comment ces équipements fonctionnent et je sais qu'une interférence peut déboucher sur de graves problèmes, personne ne peut faire de prévisions", alertait déjà il y a quelques mois Dmytro, un ancien employé du site de Zaporijia, au micro de France 24. La ville du même nom reste régulièrement frappée par des bombardements, se situant dans une zone toujours contestée entre Ukrainiens et Russes.


T.A.

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