Dans un long entretien accordé à l'AFP vendredi, le président ukrainien indique avoir rejeté l'idée d'Emmanuel Macron de trêve dans la guerre avec la Russie pendant les Jeux olympiques.
Quelques heures plus tôt, Vladimir Poutine avait, lui aussi, fermé la porte à cette hypothèse.
Dans l'interview de vendredi, Volodymyr Zelensky se livre sur d'autres sujets, comme l'offensive russe et la "peur" de l'Occident d'une "défaite russe".

Pour lui, pas question. Dans un entretien accordé vendredi 17 mai à l'AFP, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, indique avoir rejeté l'idée de "trêve" dans la guerre avec la Russie pendant la durée des Jeux olympiques de Paris, une hypothèse avancée par Emmanuel Macron.

"J'ai dit : Emmanuel, nous n'y croyons pas. Imaginons une seconde qu'il y ait un cessez-le-feu. D'abord, on ne fait pas confiance à (Vladimir) Poutine. Deuxièmement, il ne va pas retirer ses troupes. Troisièmement, (...) dis-moi Emmanuel, ai-je dit, qui garantit que la Russie ne va pas en profiter pour faire venir ses troupes sur notre territoire ?", a raconté M. Zelensky, rejetant une "trêve qui ferait le jeu de l'ennemi". "Nous ne sommes pas contre une trêve, nous ne sommes pas contre la fin de la guerre. Mais nous voulons une fin juste à cette guerre. Et nous sommes contre une trêve qui ferait le jeu de l'ennemi", a-t-il ajouté. 

Poutine lui aussi opposé à une trêve

Quelques heures plus tôt, le président russe, en déplacement en Chine, avait sous-entendu qu'il était opposé à une trêve olympique car son pays était interdit de JO à cause de son invasion de l'Ukraine. 

"Les fonctionnaires sportifs internationaux violent aujourd'hui les principes de la Charte olympique (...) à l'égard de la Russie en empêchant nos sportifs de participer aux JO sous leur drapeau, avec leur hymne national, mais ils veulent que nous nous pliions aux règles qu'ils nous imposent", a-t-il déclaré. "Pour exiger quelque chose des autres, il faut soi-même respecter les règles", a-t-il conclu.

M. Macron, lui, avait assuré vouloir "tout faire" pour avoir une trêve olympique à travers le monde durant les JO. Il avait affirmé que le président chinois, Xi Jinping, lui avait apporté début mai son soutien. 

"Peur d'une défaite russe"

Outre cette trêve, le président ukrainien s'est confié sur d'autres sujets. À l'Agence France-Presse, il dit aussi s'attendre à une offensive russe plus large dans le nord et dans l'est qui viserait à prendre Kharkiv, régions où Moscou poursuit son assaut d'ampleur lancé le 10 mai. "Ils ont lancé leur opération, elle peut être constituée de plusieurs vagues. Et ça c'est leur première vague", a assuré M. Zelensky alors que la Russie vient d'engranger ses plus grands gains territoriaux depuis fin 2022. 

Il a estimé par ailleurs que l'Occident avait "peur" aussi bien d'une défaite russe que d'une défaite ukrainienne. "Nous nous trouvons dans une situation absurde où l’Occident a peur que la Russie perde la guerre. Et (en même temps) il ne veut pas que l'Ukraine la perde. Parce que la victoire finale de l'Ukraine mènera à la défaite de la Russie. Et la victoire finale de la Russie mènera à la défaite de l'Ukraine", a-t-il dit.

Volodymyr Zelensky a reconnu également que son pays manquait d'hommes et que cela affectait le moral des troupes, alors qu'une nouvelle loi sur la mobilisation entre en vigueur samedi pour regarnir les rangs de l'armée. "On doit remplir les réserves (...) Il y a un nombre important de brigades qui sont vides. On doit le faire pour que les gars (qui sont sur le front) puissent avoir des rotations normales. C'est comme ça que le moral s'améliorera", a-t-il confié.


A.S avec AFP

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info