Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : qu'est-ce que l'OTSC, l'alliance militaire de la Russie ?

LC.
Publié le 9 juin 2022 à 20h05
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Source : JT 20h WE

Après la chute de l’Union soviétique, plusieurs pays ont participé à la fondation de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), avec un fort leadership de Moscou.
Cette alliance, née en 2002, fonctionne sur le modèle de l'Otan.

Née peu après l'effondrement de l'Union soviétique, elle serait un contrepoids à l'Alliance atlantique, selon Moscou. Depuis l'annexion de la Crimée, en 2014, elle a d'ailleurs été plusieurs fois réunie, avec à son bord, la Russie, la Biélorussie, l'Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Qu'est-ce que l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), présentée comme un "mini-Otan" sous contrôle russe ?

Plus de 23.000 hommes dans ses rangs

Fondée en 2002, soit quelques mois après le début de l'intervention internationale en Afghanistan, l'organisation fonctionne sur le modèle de l'Alliance atlantique, avec un fort leadership de Moscou. "Nous vivons dans un monde qui change rapidement et devons renforcer le traité nous liant et nous adapter à de nouvelles menaces", avait alors déclaré à sa création le président russe, Vladimir Poutine, pour qui la disparition du bloc soviétique constitue "la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle".

Mais est-elle aussi aboutie militairement que l'Otan ? Pas vraiment, répondent certains experts. Comme l'organisation rivale, l’article 4 de l'OTSC stipule qu’en cas d’un acte d’agression contre un des États membres, les autres doivent lui fournir une assistance. Reconnue par l'Onu, l'alliance se dote, en 2009, d'une force d'intervention rapide de 20.000 hommes, à laquelle s'ajoute une autre faction de maintien de la paix et 3600 soldats. Mais même avec cela, l'organisation, "garante de la stabilité en Asie centrale", ne connaîtra sa première intervention qu'en janvier 2022, lors des émeutes au Kazakhstan.

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L'OTSC "dépend en effet de la capacité de l'armée russe à se projeter", explique à l'AFP le chercheur spécialiste de l'Eurasie David Teurtrien, précisant que sans les Russes, l'alliance "n'est pas grand-chose". Sur le terrain, l'Otan, avec 70 ans d'expérience, est loin devant, analyse Pascal Ausseur, le directeur général de la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques, car cette dernière réussit à "coordonner les outils militaires" de ses 30 État-membres. L'OTSC reste "très loin de ça" et pêche par manque d'"imbrication", poursuit-il.

En somme, le poids militaire de la Russie n'est "pas suffisamment fort" comparé à la locomotive américaine, même si Moscou réussit à "jouer son rôle de grande puissance mondiale", juge cet ancien haut gradé français.

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Depuis l'invasion en Ukraine, si la Biélorussie n’a pas caché son intention de soutenir la Russie dans son "opération militaire spéciale", d’autres nations membres de l’OTSC se sont montrées beaucoup plus frileuses. C’est notamment le cas du Kazakhstan, qui ne serait pas prêt à intervenir à l’étranger. Le Kirghizstan, de son côté, a prévenu ses habitants de poursuites s'ils arboraient un symbole de soutien à l'invasion de l'Ukraine par Moscou, signe du malaise qu'elle suscite en Asie centrale.


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