Selon le chef de la milice Wagner, 10.000 détenus qui avaient accepté de combattre pour la Russie contre l'effacement de leur peine ont été tués en Ukraine.
Evgueni Prigojine a également déclaré qu'une proportion similaire de combattants professionnels ont trouvé la mort dans la guerre.

Environ 10.000 des 50.000 détenus recrutés dans les prisons russes par le groupe paramilitaire Wagner ont été tués en Ukraine, où ils étaient en première ligne dans la très sanglante bataille de Bakhmout, a admis le chef de l'organisation, Evgueni Prigojine.

"J'ai sélectionné 50.000 détenus dont environ 20% ont été tués", a affirmé M. Prigojine dans une interview publiée mardi 23 mai dans la soirée par le blogueur pro-Kremlin Konstantin Dolgov.

En septembre, le Kremlin faisait état de 5900 morts

Par ailleurs, il a indiqué qu'une proportion similaire de ses combattants professionnels étaient également morts au combat, sans pour autant chiffrer précisément leur nombre. Pour autant, selon lui, les pertes ukrainiennes sont beaucoup plus lourdes : "Moi j'ai trois fois moins de tués et (...) environ deux fois moins de blessés." M. Prigojine parle ainsi pour la première fois ouvertement de l'ampleur de ses pertes, alors que côté russe, tout est fait pour garder ces chiffres secrets.

Dans son dernier bilan publié en septembre 2022, l'armée russe faisant seulement état de 5900 morts dans ses rangs. Si les pertes sont difficiles à chiffrer, une récente fuite de documents classifiés américains évaluait au 1er mars les pertes russes entre 35.500 et 43.500, et entre 16.000 à 17.500 pour l'Ukraine. Des chiffres bien au-dessus des estimations du chef de Wagner, qui restent toutefois impossibles à vérifier. 

Des assauts suicidaires pendant la bataille de Bakhmout

L'année dernière, Evgueni Prigojine, qui a lui-même fait des années de prison à l'époque soviétique, a recruté dans les prisons, promettant aux détenus l'effacement de leur peine s'ils survivaient aux combats. Kiev affirme que les unités d'ex-détenus de Wagner ont mené des assauts quasiment suicidaires sur les lignes de défenses ukrainiennes pendant la bataille de Bakhmout, et ont ainsi été abattus en grand nombre.

Evgueni Prigojine accuse, lui, le haut commandement militaire russe de l'avoir privé des armements et munitions nécessaires pour éviter ces lourdes pertes. "Il y a maintenant des dizaines de milliers de proches de (soldats, ndlr) tués. Il y aura probablement des centaines de milliers. On ne peut pas cacher ça", a-t-il affirmé dans l'interview publiée mardi, appelant les généraux russes à envoyer leurs enfants au front.

Ce week-end, le groupe Wagner et l'armée russe ont affirmé avoir conquis entièrement Bakhmout, ce que Kiev dément. Evgueni Prigojine a assuré que ses troupes allaient se retirer de la ville d'ici au 1er juin et transférer leurs positions à l'armée régulière.


Pierre Antoine VALADE avec AFP

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