Ukraine : une guerre qui dure

Théâtre bombardé à Marioupol : Amnesty International revoit à la baisse le nombre de morts avancé par Kiev

LC.
Publié le 30 juin 2022 à 8h55
JT Perso

Source : TF1 Info

Le 16 mars, deux explosions ont détruit une grande partie du théâtre de Marioupol.
Les autorités ukrainiennes avaient alors évoqué la mort de 300 personnes.
Dans son rapport, Amnesty International pointe un nombre de victimes moins important.

Trois mois après l'attaque du théâtre de Marioupol, Amnesty International dévoile, ce jeudi 30 juin, son premier rapport où l'ONG de défense des droits humains pointe "clairement un crime de guerre" de l'armée russe. Toutefois, seule bonne nouvelle, le nombre de morts serait moins important qu'évoqué par les autorités ukrainiennes, appuie-t-elle.

Après plus de deux mois d'investigation, l'organisation estime "qu'au moins une douzaine de personnes ont été tuées dans l'attaque, et sûrement bien davantage. Beaucoup d'autres ont été sérieusement blessées", écrit-elle dans son rapport, reconnaissant une "estimation inférieure" aux précédents décomptes.

Protégés par l'explosion ?

Le 16 mars, le bâtiment avait été la cible d'un bombardement aérien, alors qu'il servait d'abris à des centaines, voire un millier de civils, selon certaines sources. Des images satellites prises avant et après l'attaque ont montré, par ailleurs, qu'il n'y avait pas de présence militaire ukrainienne autour du théâtre. Après le bombardement aérien, les autorités locales de la ville du sud-est de l'Ukraine, assiégée par les forces de Moscou, avaient avancé le nombre de 300 morts, sans que le chiffre soit possible à vérifier.

Pour dresser son nouveau bilan, l'ONG s'est appuyée sur des témoignages d'une cinquantaine de témoins et de nombreux experts. Selon ces derniers, certains réfugiés dans le bâtiment avaient réussi à fuir Marioupol "les deux jours précédant l'attaque russe". En outre, "la plupart de ceux qui y étaient restés se trouvaient dans les sous-sols et dans d'autres zones protégées de l'explosion", détaille le rapport d'Amnesty International.

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"C'est une bonne nouvelle que moins de personnes aient été tuées. Mais ça ne change rien" sur le fond, souligne à l'AFP la directrice d'AI en Ukraine, Oksana Pokaltchouk. Et d'insister : peu importe le nombre de victimes, l'attaque du théâtre est "clairement un crime de guerre".

De son côté, le Kremlin nie toujours vigoureusement son implication dans l’attaque, assurant que le théâtre de Marioupol aurait été visé par les forces ukrainiennes elles-mêmes, par l’intermédiaire du controversé régiment Azov.


LC.

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