Ievguen Boryssov, ex-commissaire des armées ukrainiennes, a été placé en détention par les autorités de son pays.
Il est soupçonné d'"enrichissement illégal" en ayant fait payer les soldats qui ne souhaitaient pas être mobilisés sur le front.
Il se serait acheté grâce à cela une villa de 4 millions d'euros en Espagne.

Ce n'était pas un château en Espagne, mais presque. Un ex-commissaire des armées ukrainiennes, chargé notamment de la mobilisation, a été placé en détention préliminaire par les autorités de son pays, ce lundi 24 juillet. Accusé d'"enrichissement illégal" et d'avoir tenté d'échapper au service militaire, le colonel Ievguen Boryssov aurait acquis grâce à des pots-de-vin une villa à Marbella, dans le sud-est de l'Espagne, d'une valeur estimée à quatre millions d'euros.

Un colonel en fuite

Un influent média ukrainien a effectivement révélé que la mère de cet homme était devenue, en décembre 2022, propriétaire d'une villa à Marbella, dans le sud-est de l'Espagne, dont la valeur était estimée à quatre millions d'euros. L'épouse de Ievguen Boryssov aurait par ailleurs acheté des bureaux à Marbella pour près de 740.000 euros et sa belle-mère a acquis ces dernières années plusieurs voitures de luxe, a également dévoilé le média. L'agence nationale pour la lutte contre la corruption déclarait, elle, soupçonner l'ex-responsable de s'être "enrichi illégalement" à hauteur de 188 millions de hryvnias (4,59 millions d'euros).

Le Bureau d'enquête national (DBR), chargé d'enquêter sur des cas de corruption à haut niveau, avait de son côté affirmé que ce responsable, en échange de pots-de-vin, donnait à ses subordonnés des ordres de ne pas mobiliser certaines personnes. Suite à ces révélations fin juin, le colonel, chargé de la mobilisation et de la conscription dans la région d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, a été destitué. 

La semaine dernière, un avis de recherche avait été lancé contre lui, dans le cadre d'une opération conjointe avec le parquet général du pays, avant qu'il soit rattrapé deux jours plus tard. Dans un communiqué, les autorités ont précisé que le suspect avait "tenté de s'enfuir" en "changeant des numéros de téléphone, plaques d'immatriculation de voiture et sa localisation". Selon le DBR, le colonel risque "jusqu'à dix ans de prison"

 Cette affaire de corruption est la troisième mise au jour par les organismes de lutte du pays. En mai, le président de la Cour suprême a été arrêté et placé en détention dans une affaire de corruption portant sur 2,7 millions de dollars (2,5 millions d'euros). En janvier, une affaire concernant des approvisionnements de l'armée avait provoqué une cascade de démissions dans des ministères, des régions et dans le système judiciaire du pays.


A. Lo.

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