Ukraine : onze mois de guerre

Une frappe nucléaire russe sur Kherson "pas à exclure", selon l'ambassadeur d’Ukraine en France

TD
Publié le 22 octobre 2022 à 15h44
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les autorités prorusses appellent la fuir la population de Kherson, située dans une région annexée, afin d'éviter de possibles bombardements.
Dans le même temps, l'ambassadeur d'Ukraine en France estime qu'il ne faut pas sous-estimer le risque de frappe nucléaire sur cette localité.

Annexée par la Russie, la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, connaît un regain de tension. Les autorités prorusses qui ont repris le contrôle de la zone et de la capitale régionale ont appelé ce samedi l'ensemble des civils à quitter "immédiatement" la ville, mettant en avant une avancée des forces de Kiev. "Tous les habitants civils de Kherson doivent immédiatement quitter la ville", a lancé sur Telegram l'administration d'occupation prorusse de la région. Elle décrit une "situation tendue sur le front" et "un danger accru de bombardements massifs". 

Des réponses "très graves" en cas de recours au nucléaire

C'est dans ce contexte que l'ambassadeur d'Ukraine en France s'est confié vendredi au Parisien. Un entretien publié ce samedi au cours duquel le diplomate fait un point sur la situation dans son pays et sur les différentes menaces qui planent actuellement. "On ne peut pas exclure la possibilité d’une frappe nucléaire tactique sur Kherson, au moment où les troupes ukrainiennes entreront dans la ville", reconnaît-il, et ce même si "le recours à l’arme nucléaire provoquerait des réponses très graves de nos alliés occidentaux".

Pour Vadym Omelchenko, il faut envisager que l'évacuation des civils fasse partie d'une stratégie de retraite pour l'armée russe. Afin que les soldats "puissent sortir de Kherson, ils doivent se servir de civils comme boucliers", glisse l'ambassadeur. "On l’a observé à plusieurs reprises : quand les Russes fuyaient, ils formaient des convois mêlant des civils et des militaires pour nous empêcher de bombarder." Par ailleurs, une crainte demeure : celle de voir les militaires aux ordres de Moscou détruire "le barrage de Kakhovka, pour inonder les territoires".

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L'ambassadeur réagit également aux propos d'Emmanuel Macron, qui a indiqué récemment ne pas vouloir faire usage de l'arme nucléaire si elle est utilisée côté russe. "La France a toujours fait preuve de prudence dans sa formulation, pour éviter l’escalade par les mots. Ce qui compte pour nous, ce ne sont pas les paroles mais les actes. La position de la France nous satisfait : une position de partenaire à part entière", lance Vadym Omelchenko. 

Le diplomate ukrainien se félicite au passage d'un renfort à venir de l'aide militaire française apportée à Kiev. "Sur le plan tactique, nous avons besoin de beaucoup de moyens de défense antiaérienne, car le territoire ukrainien est le plus vaste d’Europe", note l'ambassadeur. Et de réaffirmer un objectif clair : relui d'une reconquête territoriale massive : "On ne doit plus se contenter du retrait des Russes jusqu’aux lignes du 24 février, nous voyons notre capacité à avancer jusqu’aux frontières de l’Ukraine reconnues en 1991."


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