Le président ukrainien a accusé le Kremlin de perpétrer un "génocide" dans le Donbass.
Il assure que les troupes russes organisent "déportation" et "tueries de masse de civils" dans cette région à l'est du pays.
L'armée russe s'y est retranchée après échoué à prendre Kiev et Kharkiv.

Ce n'est pas la première fois que le président ukrainien lance une telle accusation contre Moscou. Volodymyr Zelensky a reproché à la Russie de mener un "génocide" dans le Donbass, dans l'est du pays. "L'actuelle offensive des occupants dans le Donbass pourrait rendre la région inhabitée", a affirmé le dirigeant ukrainien dans son adresse télévisée quotidienne dans la nuit de jeudi à vendredi, accusant les envahisseurs de chercher à "réduire en cendres" Severodonetsk et d'autres villes de la région. 

Les forces russes pratiquent la "déportation" et "les tueries de masse de civils" dans le Donbass, a-t-il poursuivi, y voyant "une politique évidente de génocide menée par la Russie". Après avoir échoué à prendre Kiev et Kharkiv, l'armée russe a recentré ses efforts sur la conquête complète de ce bassin industriel, déjà partiellement contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Les accusations de Volodymyr Zelensky font écho à celles de Moscou, qui a justifié son invasion par un prétendu "génocide" pratiqué par les Ukrainiens contre la population russophone dans le Donbass.

En avril, le Parlement ukrainien avait déjà adopté une résolution qualifiant de "génocide" les agissements de l'armée russe, et avait exhorté tous les pays étrangers et organisations internationales à faire de même. Le président américain Joe Biden a lui-même employé cette expression, tandis que son homologue français Emmanuel Macron s'y est refusé, une réaction que le président ukrainien avait jugée "très blessante".

Appuyée par un déluge de bombes, l'armée russe menace Severodonetsk, qui pourrait connaître le même sort que Marioupol, grand port du sud-est en majeure partie détruit après des semaines de siège. L'armée russe tente d'encercler la ville et celle voisine de Lyssytchansk, a indiqué à Washington un haut-responsable du Pentagone. Les forces russes ont également bombardé jeudi Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine dans le nord-est du pays, qui avait retrouvé un semblant de vie normale ces dernières semaines.

Dans son discours, Volodymyr Zelensky a aussi affirmé que l'Ukraine ne serait pas "brisée" par l'offensive russe. "La seule question est de savoir quel prix notre peuple devra payer pour sa liberté, pour cette guerre insensée contre nous", a-t-il lancé. Il a par ailleurs pointé des "événements catastrophiques" qui selon lui "auraient pu être arrêtés si le monde avait traité la situation en Ukraine comme la sienne, si les puissants de ce monde n'avaient pas joué avec la Russie".


M.L (avec AFP)

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