À Rafah, la crainte d'une offensive israélienne au milieu des centaines de milliers de Palestiniens déplacés

par T.G.
Publié le 7 février 2024 à 16h35

Source : TF1 Info

Après trois mois de combats dans la bande de Gaza, l'armée israélienne envisagerait une offensive terrestre à Rafah.
La grande ville du sud accueille des dizaines de milliers de réfugiés ayant fui le nord du territoire.
L'ONU redoute un lourd bilan humain dans les jours à venir.

Rafah dans le viseur de Tsahal ? À l'heure où l'armée israélienne pilonne encore Khan Younès, une autre ville du sud de la bande de Gaza retient son souffle. Rafah et ses dizaines de milliers de réfugiés redoutent en effet une offensive terrestre, laquelle est d'ores et déjà assumée par l'État hébreu.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a averti lundi que l'armée "atteindrait des lieux où elle n'a pas encore combattu (...) jusqu'au dernier bastion du Hamas, à savoir Rafah". Pour l'ONU, un tel scenario pourrait se traduire par un lourd bilan humain. "Une intensification des hostilités à Rafah pourrait entraîner des pertes de vies civiles à grande échelle. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l'éviter", a prévenu le bureau de coordination de l'aide humanitaire (Ocha). Un porte-parole du bureau, Jens Laerke, a mis en garde : "Les bombardements aveugles de zones densément peuplées peuvent constituer des crimes de guerre".

Une population multipliée par six

Si une extension du conflit vers Rafah inquiète l'ONU, c'est que cette ville, par sa situation à l'extrême sud de la bande de Gaza, ne cesse d'accueillir depuis trois mois un flux continu de réfugiés fuyant les combats plus au nord. Située à la frontière égyptienne, cette ville de 250.000 habitants pour 65 kilomètres carrés a ainsi vu sa population bondir à 1,3 million, selon l'ONU. 

Après s'être entassés dans des appartements, de nombreux gazaouis trouvent désormais refuge dans des tentes qui ont fleuri dans les parcs, stades ou places publiques. L'anarchie gagne également les rues, tellement encombrées de déplacés que les voitures doivent rouler au pas. Des dizaines de vendeurs ambulants bordent les routes, leurs marchandises exposées sur des stands mobiles. Ils vendent l'aide acheminée dans la bande de Gaza au double du prix, notamment conserves, matelas, couvertures et tentes. Un paquet de chips coûte huit shekels (environ deux euros), huit fois plus qu'avant la guerre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Conséquence de cette promiscuité, la famine menace selon l'ONU la ville. L'ONU a alerté sur l'importante insécurité alimentaire qui règne sur place et demandé à Israël d'autoriser l'accès à son port d'Ashdod pour acheminer l'aide humanitaire.

 

Pour Tsahal, mettre la main sur la grande ville du sud revêt en revanche une importance stratégique. Cela permettrait d'avoir un contrôle total sur les va-et-vient dans la bande de Gaza : le passage de Rafah, à la frontière avec l'Égypte, est en effet le seul point de sortie du territoire palestinien qui ne soit pas totalement contrôlé par Israël. Pour l'heure, seuls des ressortissants étrangers et quelques blessés ont pu quitter le territoire palestinien. Rafah est aussi le seul point d'entrée pour l'aide humanitaire. 


T.G.

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