Attaques en mer Rouge : un navire de guerre iranien est entré dans la zone

par F.Se avec AFP
Publié le 1 janvier 2024 à 17h27, mis à jour le 1 janvier 2024 à 19h01

Source : TF1 Info

Un navire de guerre iranien est entré en mer Rouge, selon l'agence de presse iranienne Tasnim.
Depuis le mois de novembre, les rebelles houthis du Yémen, appuyés par Téhéran, ont multiplié les attaques contre des navires marchands dans ce passage stratégique.
Le mouvement iranien est encore difficile à interpréter, mais fait monter d'un cran supplémentaire la tension dans la région.

Le navire de guerre iranien Alborz est entré en mer Rouge par le détroit de Bab el-Mandeb, a rapporté ce lundi l'agence de presse privée Tasnim, dans un contexte de tensions sur cette voie stratégique, théâtre d'attaques répétées des Houthis du Yémen contre des navires marchands

Aucune raison pour ce déploiement n'a été avancée, mais l'agence iranienne a précisé que la flotte militaire iranienne opère dans la zone "depuis 2009, pour sécuriser les voies de navigation et repousser les pirates, entre autres".  Depuis le 19 octobre dernier, les Houthis se sont impliqués dans le conflit entre Israël et le Hamas, d'abord en envoyant en direction de l'État hébreu de nombreux missiles et drones, puis à partir du 19 novembre, en interceptant des navires commerciaux en mer Rouge, pour leurs liens supposés avec Israël. 

Le mouvement houthi, en guerre ouverte avec le gouvernement de la République du Yémen, serait soutenu par l'Iran, dans des proportions inconnues. Il est au contraire combattu par l'Arabie Saoudite, et la guerre civile yéménite passe pour être un terrain d'affrontement par délégation entre Téhéran et Riyad.

Une zone qui se militarise

L'Iran est ainsi accusé d'avoir aidé les rebelles à mener les attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge depuis le mois de novembre, même si la république islamique dément tout soutien militaire, et l'entrée d'un destroyer iranien dans la zone est tout sauf anodin. Allié d'Israël, les États-Unis patrouillent désormais la zone avec d'autres pays au sein d'une coalition internationale pour protéger le trafic maritime des attaques des Houthis. 

Ce dimanche 31 décembre, l'armée américaine a indiqué avoir coulé trois navires des rebelles, après des attaques contre un porte-conteneurs du transporteur danois Maersk. Dix rebelles ont été tués dans cette frappe, selon leur porte-parole. Le même jour, le ministre des Affaires étrangères britannique, David Cameron, a indiqué avoir parlé avec son homologue iranien des 

attaques des Houthis "qui menacent des vies innocentes et l'économie internationale". "J'ai clairement indiqué que l'Iran avait sa part de responsabilité dans la prévention de ces attaques, étant donné le soutien qu'il apporte depuis longtemps aux Houthis", a écrit l'ancien Premier ministre britannique sur le réseau social X. 

Au même moment, le navire militaire Alborz était vraisemblablement déjà entré dans les eaux de la mer Rouge, par le détroit de Bab el-Mandeb. Si les sources iraniennes n'en précisent pas la date, plusieurs sources annonçaient déjà l'information dès samedi. Le ministre iranien des Affaires étrangères, a quant à lui critiqué le "double langage" de certains pays occidentaux, affirmant que "le régime israélien ne peut être autorisé à mettre la région à feu et à sang" avec la guerre à Gaza. 

En 2021, l'Alborz avait repoussé une attaque de pirates contre deux pétroliers dans le golfe d'Aden. En 2015, il a été l'un des deux navires de guerre iraniens envoyés dans le détroit "pour assurer la sécurité des navires commerciaux", ce qui avait été considéré à l'époque comme un signe de tensions avec l'Arabie saoudite. 


F.Se avec AFP

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