Jeudi 7 mars, Joe Biden a ordonné à son armée de construire un port au large de Gaza pour acheminer davantage d'aide humanitaire, alors que la famine menace les plus de deux millions de Gazaouis.
Comment les États-Unis comptent-ils s'y prendre, et de quels moyens techniques dispose l'armée américaine pour mettre en pratique cette annonce ?

Un port salvateur à Gaza, mais comment ? Ce fut l'une des annonces les plus fortes du discours au Congrès sur l'état de l'Union  de Joe Biden, jeudi 6 mars : les États-Unis comptent mettre en place un port temporaire pour apporter une aide humanitaire plus massive à Gaza. Une annonce d'une grande ampleur, alors que la famine menace les plus de deux millions de Gazaouis sur place, en particulier ceux du nord de l'enclave. 

Aujourd'hui, l'aide humanitaire peut parvenir dans la bande de Gaza via des convois terrestres, mais ces derniers n'étant pas suffisamment nombreux, l'aide arrive en trop petite quantité. D'autres convois, eux, sont attaqués ou détournés. Il y a encore une semaine, plus de 110 Gazaouis sont morts, selon le Hamas, dans une bousculade et sous les balles de soldats israéliens lors d'une distribution d'aide humanitaire. 

Autre voie utilisée actuellement : les airs, avec des parachutages de nourriture. Les États-Unis et la Jordanie ont effectué jeudi 7 mars un troisième largage aérien en une semaine, une technique également jugée insuffisante. 

À partir de bases flottantes américaines

Tous les regards se tournent désormais vers les voies maritimes, avec cette annonce de pont dans les eaux territoriales de Gaza, en coordination avec Israël. L’aide humanitaire partira ainsi en bateau de Larnaca, à Chypre, pour être déchargée 300 kilomètres plus au sud, sur les quais du nouveau port artificiel. 

Ce "ponton" flottant serait construit à partir de navires américains, puis déplacé près de la côte et relié à une sorte de chaussée temporaire, explique The New York Times. Pour les navires américains, selon le média en ligne The War Zone, le Pentagone compte deux bases flottantes "Expeditionary Transfer Dock" (ESD) : l'USNS Montford Point et l'USNS John Glenn. Ils ne sont pas utilisés actuellement, mais pourraient être remis en service en quelques jours seulement, selon le site américain. 

Une jetée flottante sous la forme d'un "ponton"

Une fois la plateforme opérationnelle, elle permettra à des centaines de camions de ravitailler chaque jour l’enclave en passant par une jetée flottante. La construction sera conduite en partenariat avec des "alliés" au sol, ainsi qu'avec l'ONU et des organisations humanitaires, ont indiqué de hauts responsables américains. 

Avantage majeur de cette technique : la construction du port ne nécessitera "aucun déploiement au sol de troupes américaines", a assuré Joe Biden. Elle permettra par ailleurs aux bateaux de débarquer de grandes quantités de marchandises en eaux profondes, ce qui est aujourd'hui impossible à Gaza. 

Il faudra en revanche plusieurs semaines afin de mettre en œuvre ce plan, détaille quant à lui The Guardian, qui s’alarme du “risque de fournir trop peu d’aide, trop tard”, alors que l’enclave est actuellement menacée d’une famine généralisée. La BBC soulève une autre zone de flou : qui assurera la sécurité de la distribution de l'aide au sol ? Cela "signifie que des questions cruciales sur la réussite de l’opération restent à ce jour sans réponse”, constate le média britannique. 


Marie TERANNE

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