Emmanuel Macron sur la guerre à Gaza : "Une démocratie ne peut pas faire ce qu’Israël est en train de faire"

par T.G.
Publié le 19 février 2024 à 17h30

Source : TF1 Info

Dans une interview accordée à l'Humanité, Emmanuel Macron a vilipendé l'offensive israélienne dans la bande de Gaza.
"La responsabilité d’une démocratie, c’est de lutter contre le terrorisme en respectant les droits", a rappelé le président français.

Emmanuel Macron au bras de fer avec Benyamin Nétanyahou. Après avoir prévenu la semaine dernière qu'une opération à Rafah aboutirait "à un désastre humanitaire sans précédent", le président français a fustigé ce dimanche l'évolution de l'opération menée par l'État hébreu dans la bande de Gaza.

"Puisque c’est une démocratie, cela lui confère des obligations dans la région : une démocratie ne peut pas faire ce qu’Israël est en train de faire", a martelé le président français, condamnant ouvertement la stratégie militaire israélienne. Interrogé dans les colonnes de l'Humanité concernant une éventuelle opération terrestre à Rafah, Emmanuel Macron a critiqué son homologue : "Benyamin Nétanyahou pose une telle opération comme la condition d’une éradication du Hamas. Tout le monde partage cette volonté. Mais la responsabilité d’une démocratie, c’est de lutter contre le terrorisme en respectant les droits".

"La situation humanitaire intenable" à Rafah, selon Macron

"J’ai dit au Premier ministre Benyamin Netanyahou qu’à mes yeux Rafah était un point de rupture dans ces opérations", a prévenu Emmanuel Macron. "Rafah, c’est une partie de Gaza où vivaient, avant la guerre, 200.000 habitants et qui accueille désormais 1,4 million de personnes, alors que 80% des édifices sont totalement rasés. D’ores et déjà, la situation humanitaire y est intenable", a rappelé le président français. Ce dernier a également estimé que "le drame humanitaire en cours et la montée des tensions dans la région compromettent aujourd’hui la possibilité d’une paix durable, donc la sécurité d’Israël". "Celle-ci ne passera pas uniquement par une réponse militaro-sécuritaire, mais par la question politique", a précisé le président, se disant "ouvert" à une reconnaissance de l'État palestinien pour laquelle il "faut trouver le bon chemin".

"La reconnaissance d'un État palestinien n'est pas un tabou pour la France", avait déjà prévenu vendredi Emmanuel Macron. "Nous le devons aux Palestiniens, dont les aspirations ont été trop longtemps piétinées. Nous le devons aux Israéliens qui ont vécu le plus grand massacre antisémite de notre siècle. Nous le devons à une région qui aspire à échapper aux promoteurs de chaos et aux semeurs de revanche", a-t-il ajouté.

La communauté diplomatique plaide depuis des années pour la reconnaissance mutuelle par les Israéliens et les Palestiniens de deux États vivant en paix côte à côte. Après avoir été au cœur des négociations menées sous l'égide des États-Unis à la fin des années 1990 et au début des années 2000, cette perspective est au point mort depuis des années. Mais, pour le Premier ministre israélien, une telle initiative "offrirait une énorme récompense au terrorisme".


T.G.

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info