Guerre Israël-Hamas : ce que l'on sait de l'explosion d'un hôpital à Gaza qui a fait au moins 200 morts

par L.H avec AFP
Publié le 17 octobre 2023 à 22h58, mis à jour le 18 octobre 2023 à 10h56

Source : TF1 Info

Le Hamas accuse l'armée israélienne d'avoir frappé un hôpital du centre-ville de Gaza mardi soir, tuant plusieurs centaines de personnes.
Israël dément toute responsabilité et accuse le Djihad islamique d'un tir de roquette raté.
Le drame a provoqué des heurts en Cisjordanie et de nombreuses manifestations dans le monde arabe.

Selon les autorités du Hamas, au moins 200 personnes ont été tuées ce mardi dans une frappe sur l'hôpital Ahli Arab, au centre-ville de Gaza,  au onzième jour de la guerre entre Israël et le Hamas et à la veille d'une visite en Israël du président américain Joe Biden. 

Le Hamas met en cause un raid israélien

"Entre 200 et 300" personnes sont mortes "dans un bombardement ayant touché l'enceinte de l'hôpital Ahli Arab", situé dans le centre-ville, et "des centaines de victimes se trouvent encore dans les décombres", déclare un communiqué du ministère de la Santé du territoire palestinien contrôlé par le Hamas. Le centre pour les droits humains Al-Mezan parle quant à lui de 500 victimes après ce raid, comprenant "professionnels de santé, patients et civils". 

Le monde arabe s'embrase après l'explosion à GazaSource : TF1 Info

En réaction, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a décrété un deuil de trois jours dans les territoires palestiniens. Il a condamné un "massacre" et décrété un deuil s’appliquant "à travers la Palestine pour les victimes de la frappe aérienne brutale israélienne sur l'hôpital al-Ahli à Gaza", d'après l'agence de presse officielle palestinienne Wafa. 

Un tir de roquette raté, selon Israël

Interrogé sur ces informations provenant du Hamas, le porte-parole de l'armée israélienne Daniel Hagari a d’abord indiqué "ne pas encore disposer de tous les détails". Puis l'armée israélienne a attribué la frappe à un tir de roquette raté de l'organisation palestinienne Djihad islamique.

"D'après des informations des services de renseignements, basées sur plusieurs sources que nous avons obtenues, le Djihad islamique est responsable du tir de roquette raté qui a touché l'hôpital", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué. Au moment du tir, "un barrage de roquettes a été tiré par des terroristes à Gaza, passant très près de l'hôpital al-Ahli de Gaza", suggérant que l'une d'elles est tombée sur l'établissement.

"Que le monde entier le sache : les terroristes barbares à Gaza sont ceux qui ont attaqué l'hôpital à Gaza et pas l'armée israélienne", a également réagi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, d'après un communiqué de son bureau. "Ceux qui ont brutalement tué nos enfants tuent leurs propres enfants", a-t-il ajouté.

Indignation de la communauté internationale

 Les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir. La Russie et les Emirats arabes unis ont rapidement appelé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies dans la matinée du mercredi 18 octobre. Le chef de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exigé une protection immédiate pour les civils et les installations de santé. 

Emmanuel Macron a souligné que "rien ne peut justifier de prendre des civils pour cibles". "Toute la lumière devra être faite", a ajouté le chef de l'Etat sur X, en appelant également à l'ouverture "sans délai" de l'accès à la bande de Gaza pour l'aide humanitaire.

Joe Biden a fait part "de ses plus profondes condoléances pour les vies innocentes perdues dans l'explosion d'un hôpital à Gaza" et souhaite "un prompt rétablissement aux blessés".

Charles Michel, président du Conseil européen, a assuré qu’une "attaque contre une infrastructure civile ne respecte pas le droit international". Il a exprimé son "émotion" à l'issue d'un sommet par visioconférence des 27 pour tenter d'afficher l'unité du bloc à propos de la guerre entre Israël et le Hamas.

Le président turc Erdogan a quant à lui exhorté "l'arrêt de cette violence sans précédent à Gaza". D'autres ont condamné un raid d'origine israélienne : le ministère des Affaires étrangères du Qatar a dénoncé un "massacre"  contre des "civils sans défense". La Jordanie a elle aussi fermement condamné la mort des victimes de la frappe sur l’hôpital gazaoui et a clairement accusé Israël. 

Ahmed Aboul Gheit, le chef de la Ligue arabe basée au Caire, a pour sa part appelé "l'Occident à faire cesser immédiatement la tragédie" à Gaza. Dans un message posté sur X (anciennement Twitter), il qualifie l’explosion comme étant le fruit d'un "esprit diabolique". "Nos mécanismes arabes recensent les crimes de guerre, et leurs auteurs ne pourront pas échapper à la justice", a-t-il prévenu.

Heurts en Cisjordanie et dans le monde arabe

En même temps, des heurts ont éclaté entre d’une part des manifestants palestiniens appelant au départ de Mahmoud Abbas, et d’autre part ses forces de sécurité à Ramallah en Cisjordanie occupée.

Les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne ont tiré des grenades de gaz lacrymogène lors de la manifestation. "Dégage", "Le peuple veut la chute du président", ont scandé les manifestants. À Naplouse, plus au nord, des Palestiniens ont brandi des drapeaux du Hamas lors d’une autre manifestation, comme l’a constaté un journaliste de l'AFP.

Heurts entre des manifestants exprimant leur solidarité avec les Gazaouis et les forces de sécurité palestiniennes à Ramallah, en Cisjordanie, le 17 octobre 2023.
Heurts entre des manifestants exprimant leur solidarité avec les Gazaouis et les forces de sécurité palestiniennes à Ramallah, en Cisjordanie, le 17 octobre 2023. - JAAFAR ASHTIYEH / AFP

En Jordanie, ses dizaines de manifestants ont tenté de pénétrer dans l'enceinte de l'ambassade d'Israël à Amman.

À Tunis, des milliers de manifestants se sont rassemblés mardi soir devant l'ambassade de France à Tunis pour protester contre le tir meurtrier sur un hôpital de la ville palestinienne de Gaza et ont réclamé le renvoi des ambassadeurs français et américain.

Tensions diplomatiques

Après le tir meurtrier sur l'hôpital de Gaza, la Jordanie a annulé le sommet quadripartite qui devait se tenir mercredi à Amman entre le président américain Joe Biden et les dirigeants de Jordanie, d'Egypte et de l'Autorité palestinienne. Il est reporté sin die, "lorsque la décision d'arrêter la guerre et de mettre fin à ces massacres sera prise", a indiqué le ministre jordanien des Affaires étrangères.


L.H avec AFP

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