Fusillade mortelle à Jérusalem, prolongation de la trêve... Le point sur la situation au Proche-Orient

par M.L (avec AFP)
Publié le 30 novembre 2023 à 9h35

Source : TF1 Info

Une attaque à l'arme à feu a éclaté jeudi matin dans l'ouest de Jérusalem, faisant au moins deux morts et huit blessés.
La trêve entre Israël et le Hamas a été prolongée in extremis pour un septième jour, après la libération dans la nuit d'un nouveau groupe d'otages retenus à Gaza.
Le point sur la situation au Proche-Orient.

Attaque à Jérusalem. Malgré la trêve en cours, deux personnes ont été tuées jeudi 30 novembre au matin, et huit autres blessées, dont cinq grièvement, dans une attaque à l'arme à feu contre un arrêt de bus dans l'ouest de Jérusalem, selon la police israélienne. "Deux terroristes venus en voiture et armés l'un d'un M-16 et l'autre d'un pistolet" ont ouvert le feu vers 7h40 (6h40 à Paris), a déclaré le directeur de la police de Jérusalem, Doron Torgeman. "Les deux suspects impliqués dans les coups de feu ont été neutralisés sur place", ont précisé les forces de l'ordre. Le Magen David Adom (Mada), équivalent israélien de la Croix-Rouge, a identifié l'une des deux victimes comme "une jeune femme de 24 ans". Selon la presse israélienne, un homme de 73 ans a également succombé à ses blessures. 

Malgré la trêve, attaque à Jérusalem ce matinSource : TF1 Info

La trêve prolongée in extremis. À quelques minutes de l'expiration de la trêve, prévue ce jeudi à 7h locales (6h à Paris), les deux camps ont annoncé que celle-ci allait de nouveau être rallongée, pour un septième jour, afin de permettre aux médiateurs de continuer à négocier de nouvelles libérations d'otages. L'armée israélienne a indiqué sur X (ex-Twitter) que "la pause opérationnelle va continuer à la lumière des efforts des médiateurs pour poursuivre le processus de libération des personnes enlevées".

Le bureau du Premier ministre israélien a indiqué avoir reçu une nouvelle "liste" de noms de femmes et enfants otages dans la bande de Gaza devant être relâchés dans la journée en échange de la libération de prisonniers palestiniens. Selon le correspondant de LCI en Israël Nicolas Rouget, huit femmes et enfants figurent sur cette liste. Le Hamas a annoncé à son tour que la trêve allait continuer pour un "septième jour", ce qu'a confirmé ensuite le Qatar, principal médiateur avec le soutien des États-Unis et de l'Égypte. La trêve était entrée en vigueur le 24 novembre pour quatre jours, avant d'être prolongée de deux.

16 otages libérés dans la nuit

Un nouveau groupe d'otages libérés. Pendant que les négociations se poursuivaient en coulisses pour la prolongation de la trêve, le sixième échange de prisonniers palestiniens contre des otages du Hamas a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. 10 otages israéliens, dont cinq binationaux (un Néerlandais, trois Allemands et un Américain), ainsi que deux Russes et quatre Thaïlandais ont été remis par le Hamas à la Croix-Rouge internationale, avant d'être conduits en Israël. 

En échange, 30 Palestiniens (16 mineurs et 14 femmes) détenus dans plusieurs prisons israéliennes ont ensuite été libérés. Ils ont été accueillis par des célébrations en Cisjordanie, mais des affrontements ont éclaté entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes à l'extérieur de la prison d'Ofer, près de Ramallah. Selon le Croissant-Rouge palestinien, cinq personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs à balles réelles. En moins d'une semaine, la trêve a déjà permis la libération de 70 otages israéliens et de 210 prisonniers palestiniens. 

Le Hamas annonce la mort de trois otages israéliens. Par ailleurs, l'armée israélienne a déclaré mercredi "vérifier" l'annonce par le Hamas de la mort d'un bébé de dix mois, le plus jeune des otages enlevés le 7 octobre, de sa mère et de son frère de 4 ans. Les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont annoncé mercredi la mort de Shiri, Ariel et Kfir Bibas, "tués dans un bombardement de la bande de Gaza" par les forces israéliennes. La famille Bibas a indiqué de son côté dans un communiqué "attendre que ces informations soient vérifiées dans l'espoir qu'elles soient démenties par l'armée".  

"Catastrophe humanitaire monumentale"

L'ONU réclame un "cessez-le-feu humanitaire". L'accord de trêve a accéléré l'entrée de l'aide humanitaire, mais "le volume d'aide qui parvient aux Palestiniens à Gaza est toujours totalement insuffisant", a dénoncé mercredi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. "Nous pensons que nous avons besoin d'un véritable cessez-le-feu humanitaire", a-t-il plaidé, déplorant "une catastrophe humanitaire monumentale" à Gaza. Le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a quant à lui accusé "ceux qui ont de l'influence" de ne pas faire assez pour parvenir à la fin des combats à Gaza, où le système de santé est "totalement débordé" après des semaines de bombardements et de combats.

Washington veut maintenir la trêve. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, est arrivé jeudi en Israël, où il doit rencontrer le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, pour faire pression pour une prolongation de la trêve, avant de se rendre dans les territoires occupés de Cisjordanie. "Dans les prochains jours, nous serons focalisés sur la manière de faire ce que l'on peut pour prolonger la pause afin que nous puissions continuer à faire sortir plus d'otages et à faire entrer plus d'aide", avait-il assuré mercredi. "Nous restons déterminés à obtenir la libération de chaque personne prise en otage par le Hamas", a affirmé pour sa part le président américain, Joe Biden, selon qui l'accord de trêve "a produit des résultats significatifs".

Pékin appelle à "la fin des combats". De son côté, la Chine a plaidé jeudi pour une "trêve humanitaire durable" dans la guerre entre Israël et le Hamas, dans un document diplomatique. "Toutes les parties concernées doivent (...) instaurer immédiatement une trêve humanitaire durable et prolongée", a exhorté le ministère chinois des Affaires étrangères, dans ce texte appelant à un "cessez-le-feu et à la fin des combats"

La Cisjordanie toujours sous haute tension

Deux jeunes tués en Cisjordanie. Un enfant de 8 ans et un adolescent de 15 ans ont été tués mercredi par l'armée israélienne à Jénine, ville du nord des territoires occupés de Cisjordanie, selon le ministère palestinien de la Santé. Un responsable du Croissant-Rouge palestinien a précisé à l'AFP qu'ils se trouvaient "dans une rue perpendiculaire à l'avenue principale du centre-ville de Jénine", une zone théoriquement interdite à l'armée israélienne car sous contrôle de l'Autorité palestinienne. L'armée israélienne a de son côté affirmé que "des suspects avaient jeté des bombes artisanales en direction de soldats israéliens" et que "les soldats ont répondu avec des tirs en direction des suspects et des impacts ont été identifiés".

"Condamnation très ferme" des violences en Cisjordanie. La France a une nouvelle fois condamné les violences commises par des colons extrémistes israéliens à l'encontre de Palestiniens de Cisjordanie et appelé Israël "à y mettre un terme" et à sanctionner les auteurs de ces exactions. "Nous réitérons notre condamnation très ferme de ces violences et notre préoccupation face à l'accroissement de ces violences", a déclaré mercredi Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.


M.L (avec AFP)

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