Guerre Israël-Hamas : Liban, Syrie… la crainte d'un embrasement régional

Publié le 28 décembre 2023 à 17h52

Source : TF1 Info

La guerre entre Israël et le Hamas ne se déroule plus seulement dans la bande de Gaza.
Syrie, Irak, Liban… des attaques se multiplient entre les acteurs du conflit.
Les occidentaux redoutent que ce dernier ne s'étende au Proche-Orient.

Vers une régionalisation du conflit ? Après deux mois de guerre entre Israël et le Hamas, les incidents se multiplient entre les protagonistes du conflit et leurs partenaires au Proche-Orient. Dernier exemple en date ? Un drone, probablement muni d'explosifs, lancé jeudi depuis la Syrie par une faction irakienne et abattu par Tsahal au-dessus du Golan. 

L'engin s'est abîmé près d'un village dans la partie de ce désert annexée par Israël, a indiqué jeudi l'armée israélienne. À l'origine de ce tir : la "Résistance islamique en Irak", laquelle a revendiqué depuis le 7 octobre de nombreuses attaques contre les forces américaines et de la coalition internationale en Irak et en Syrie. Cette "Résistance" est, concrètement, une nébuleuse de combattants issus de plusieurs groupes armés pro-Iran, également affiliés au Hachd al-Chaabi, des anciens paramilitaires intégrés aux forces régulières irakiennes.

Une coalition contre Israël

Ce terme de "résistance" est, plus généralement, utilisé depuis des semaines par ceux qui se considèrent comme des ennemis de l'Etat hébreu. Le "front de la résistance" est en effet employé en Iran pour qualifier l'association entre le pouvoir en Syrie, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, des groupes irakiens et les rebelles yéménites Houthis, proches de l'Iran et opposés à Israël, l'ennemi juré de la République islamique. Cette "coalition" disparate s'affaire ainsi depuis plusieurs semaines. Et pas seulement contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou : les Etats-Unis sont, eux aussi, visés.

Au total, Washington a en effet recensé au moins 102 attaques en Irak et en Syrie depuis le 17 octobre contre les soldats américains et les forces de la coalition internationale antijihadiste déployés en Irak et en Syrie. Des salves de roquettes ont par exemple visé l'ambassade américaine à Bagdad le 8 décembre, sans faire de blessé. Le risque est pourtant réel : les Etats-Unis disposent d'environ 2.500 soldats en Irak et près de 900 en Syrie pour lutter contre l'organisation Etat islamique (EI). La base aérienne d'Erbil a d'ailleurs été touchée par un drone explosif, lundi 24 décembre. Trois personnels ont été blessés, selon Washington, qui reconnait ouvertement que la situation pourrait déraper. "Nous sommes préoccupés par le fait que les membres du réseau de menace iranien intensifient leurs attaques d'une manière qui risque d'entraîner une erreur de calcul ou de faire basculer la région dans la guerre", avait indiqué en octobre un haut responsable du ministère américain de la Défense.

"Déclencher une guerre totale"

En représailles, le Pentagone a déjà effectué plusieurs frappes contre des combattants pro-Iran en Irak, mais aussi en Syrie contre des sites liés à l'Iran. Israël agit de la même manière : le général iranien de brigade Razi Moussavi, un important commandant de la Force Qods, branche des opérations étrangères et unité d'élite des Gardiens de la Révolution, a été tué dans un tir de missile lundi, au sud de Damas. Interrogée sur cette frappe, l'armée israélienne n'a pas démenti cette incursion dans le ciel syrien. Tout comme ses frappes au Liban.

Si les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien sont largement limités aux zones frontalières depuis le 7 octobre, Israël a mené ces derniers jours chez son voisin du nord des frappes plus en profondeur, jusqu'à une vingtaine de km de la frontière. Environ 160 morts ont été recensés depuis deux mois du côté libanais, dont plus de 110 combattants du Hezbollah. "Je suggère à nos ennemis de bien faire attention, parce que si le Hezbollah choisit de déclencher une guerre totale, il transformera par sa faute Beyrouth et le sud du Liban, non loin d'ici, en Gaza et Khan Younès", a averti le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Face à un conflit qui ne cesse de s'exporter, y compris en mer Rouge où les Houthis harcèlent les navires considérés comme pro-israélien, les chancelleries ne masquent pas leur inquiétude. La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a appelé lundi les dirigeants libanais à faire preuve de retenue pour éviter une escalade dans le sud du pays. "Ce que nous recherchons, c'est, ensemble, comment éviter un embrasement, comment trouver les voies et moyens d'une baisse des tensions", a déclaré Catherine Colonna il y a dix jours à Beyrouth. Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a, de son côté, appelé le Hezbollah à ne pas "provoquer un conflit plus large".


Thomas GUIEN

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