Au deuxième jour de sa visite au Proche-Orient, Emmanuel Macron s'est entretenu au Caire avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi.
Il y a annoncé l'envoi d'avions pour livrer du matériel médical à Gaza, dont le premier atterrira "dès demain", donc jeudi, en Égypte.
Un navire militaire a appareillé dans l'après-midi "pour soutenir les hôpitaux" de l'enclave palestinienne.

"La France ne pratique pas le double standard." Depuis Le Caire, quatrième étape de sa visite au Proche-Orient pour tenter de peser dans le conflit en cours, Emmanuel Macron a assuré, ce mercredi 25 octobre, que Paris ne faisait pas de distinction entre les victimes israéliennes et palestiniennes. L'occasion pour le chef de l'État d'appeler à nouveau à la "protection des populations civiles" à Gaza, qui se retrouvent sous les bombes de Tsahal depuis l'attaque meurtrière du 7 octobre du Hamas contre l'État hébreu. Paris va prendre sa part dans l'acheminement d'aide humanitaire, de façon concrète, a-t-il annoncé lors d'une déclaration commune avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, avec qui il s'est entretenu plus d'une heure.

Après avoir promis six jours plus tôt que la France allait envoyer "une aide humanitaire d'urgence" dans "les plus brefs délais" à destination de la population de la Gaza, le président a ainsi indiqué ce mercredi qu'un "avion français se posera dès demain" en Égypte, "pour livrer du matériel médical", et que "d'autres suivront". "Nous serons pleinement impliqués, en particulier sur l'accès aux médicaments et aux soins", a-t-il appuyé. Il a ajouté qu'un "navire de notre marine nationale" va "appareiller prochainement pour soutenir les hôpitaux de Gaza"

Soutien aux hôpitaux

Pour acheminer l'aide envoyée sur place, "nous souhaitons utiliser les corridors et voies que vous avez ouverts, en étroite coordination avec vous", a-t-il ajouté à l'adresse du président égyptien, dont le pays tient en effet le seul point de passage vers Gaza qui ne soit pas contrôlé par Israël. C'est par lui que rentrent au compte-goutte, depuis samedi, des camions d'aide humanitaire dans l'enclave palestinienne. "Toutes les vies se valent, il n'y a pas de hiérarchie, toutes les victimes méritent notre compassion et notre engagement pour une paix durable au Proche-Orient, cela ne varie pas", a martelé Emmanuel Macron.

Quant au bateau envoyé sur place, le navire hôpital français "Tonnerre" a appareillé mercredi en direction de Gaza. Il a quitté le port de Toulon vers 16h "pour renforcer notre dispositif en Méditerranée orientale, où il rejoindra les frégates Alsace et Surcouf", a indiqué un porte-parole de la Marine française. 

Emmanuel Macron a détaillé sa mission quelques heures plus tard depuis l'aéroport du Caire, juste avant son départ, en annonçant la mise en place d'"un dispositif d'hôpital de secours et de coopération hospitalière, un peu sur le mode de ce que nous avions fait dans la période de Covid sur nos territoires ultra-marins". "Nous nous mettrons en capacité de faire du soutien et pouvoir prendre des lits : soit des lits sur terre dans le cadre des hôpitaux existants, soit en accueillir sur ce bateau-hôpital, si c'était une nécessité identifiée", a-t-il expliqué, des options qui seront bientôt arbitrées en concertation avec les autorités locales.

Emmanuel Macron au Moyen-Orient : il s'exprime avant son départ du CaireSource : TF1 Info

Il a par ailleurs informé du lancement de "plusieurs opérations humanitaires avec la Jordanie sur le plan des hôpitaux". "Nous allons coopérer pour la fourniture de l'hôpital qu'elle gère à Gaza", a-t-il précisé, soulignant que des "pont aériens" pour l'acheminement "de médicaments voire de générateurs" avaient été évoqués lors de sa rencontre avec le roi Abdallah II ce mercredi.

Emmanuel Macron a aussi souligné pendant la déclaration avec Abdel Fattah al-Sissi avoir "beaucoup poussé pour que l'accès à l'eau soit totalement sécurisé, et que l'accès à l'électricité soit rouvert, en particulier pour les hôpitaux" à Gaza. Depuis l'aéroport du Caire, il a aussi redit avoir demandé mardi au Premier ministre Benjamin Netanyahu de "lever le blocage humanitaire" et "rouvrir l'électricité pour les hôpitaux" sur le territoire côtier, et que ce dernier "a donné son accord pour travailler" sur ces sujets. "C'est urgent, sinon on aura dans les prochains jours une catastrophe humanitaire", a alerté le chef de l'État. 

10 millions d'aides supplémentaires

Le président a aussi échangé ce mardi en Jordanie avec Philippe Lazzarini, commissaire général de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, l'UNRWA. Ce dernier lui a "rappelé les besoins urgents de la population, en eau, électricité, nourriture, essence et médicaments" et "la situation très dégradée des hôpitaux" tandis que le président a répondu que "la France allait continuer à accroître l'aide humanitaire française", a rapporté l'Élysée dans un communiqué. 

Depuis Le Caire, Emmanuel Macron a par ailleurs rappelé l'augmentation de l'aide française à destination des populations palestiniennes de 10 millions d'euros ces dernières semaines, depuis le déclenchement de la guerre. Selon le palais présidentiel, sur cette enveloppe, quatre millions iront à l'agence onusienne, "pour sa réponse d’urgence dans les secteurs de l’alimentation, des abris, de la santé et de la protection en particulier des femmes et des enfants"

Viennent ensuite deux millions d'euros pour le Programme alimentaire mondial (PAM) dans les territoires palestiniens, un million pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et trois millions à destination des ONG partenaires du Centre de crise et de soutien du Quai d'Orsay, a listé l'Élysée auprès de TF1. Chaque année, Paris contribue au budget de l'UNRWA à hauteur de 36 millions d'euros environ et l'an passé, il a envoyé au total 95 millions d'euros d'aide à destination des populations palestiniennes, a-t-il précisé.

Accord pour évacuer les Français sur place

Depuis Le Caire, Emmanuel Macron a rappelé que 54 Français sont actuellement présents à Gaza, auxquels s'ajoutent des employés de l'institut français et ayant droits, pour parvenir à un total de 170 personnes toujours sur place dans l'enclave palestinienne, qu'il faut protéger "si le pire advient et si les bombardements continuent""Nous sommes en train de consolider un protocole avec l'Égypte pour leur évacuation", un "accord opérationnel", a-t-il annoncé sur le tarmac de l'aéroport. 

Par ailleurs, le président a répété que "rien ne justifie l'attaque terroriste du Hamas contre Israël", mais il s'est inquiété de "plusieurs risques d'escalade" dans la région. Avant d'appeler à "tout faire pour éviter la montée des tensions", s'alignant sur les appels de son homologue égyptien à "contenir le conflit". Comme il l'a martelé tout au long de ses rencontres depuis le début de son voyage, il a aussi de nouveau exhorté à "bâtir une initiative de paix et de sécurité", appuyée sur une "lutte contre le terrorisme" via une "coopération internationale et régionale". Mais aussi l'ouverture d'un "chemin politique" pour "parvenir enfin à la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité", a-t-il argué.


Maëlane LOAËC

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